Ratatouille
Vu le 1/8/2007 à l’UGC George V salle 1 en VO
Film d’animation américain (2007) de Brad Bird et Jan Pikava avec les voix de Guillaume Lebon (VF), Patton Oswalt (VO), Thierry Raqueneau (VF), Lou Romano (VO), Camille (VF), Janeane Garofaldo (VO)…
Les films des studios Pixar sont presque devenus un label de qualité depuis plus de dix ans. Le plus mauvais de leurs films est au pire excellent. Ce n’est pas Ratatouille qui remettra en cause leur méthode de travail.
Un film de Pixar, ce sont d’abord une idée et une histoire. On les doit à Jon Pikava, originellement réalisateur du film mais remplacé pour des raisons assez obscures par Brad Bird. Le développement et la mise en scène ont certainement été revues par ce dernier. L’idée est donc un rat parisien qui veut devenir un restaurateur. L’histoire est classiquement l’accomplissement de ce souhait. Tous les autres aspects du film se mettent au service de cette histoire, c’est d’ailleurs aussi ça la recette des Pixar, bien différente de celle d’une franchise comme Shrek (et la plupart des films d’animation de Dreamworks).
On pourrait sans doute dire beaucoup de choses de Ratatouille et de son animation, de sa fluidité et de son naturel, des prouesses techniques jamais tape à l’oeil à l’exception d’une incroyable promenade en plan séquence à travers les tuyaux de la ville de Paris. On pourrait parler du design fabuleux des rats et des décors mais aussi des progrès réalisés sur l’apparence humaine depuis Toy Story. On pourrait aussi évoquer la mise en scène judicieuse toujours portée vers l’action et l’émotion, jamais sur la pleurnicherie et les quiproquos gênants. On pourrait même admettre que le film n’est pas si drôle mais qu’il fourmille par contre de dizaines de détails et de postures qu’une seule vision ne suffira pas à déceler.
Au fond, Ratatouille fait parti de ses films dont on n’a pas vraiment besoin d’essayer de convaincre qui que ce soit que c’est un bon film à part quelques grincheux jamais contents, des adolescents pensant que trouver ce film familial nul les rendront plus adultes et enfin les éternels porteurs de la contradiction trop heureux de trouver un défi de taille puisque l’adhésion autour de Ratatouille est plus ou moins unanime.
Mais la tâche est de toute façon vaine. Pour les autres, l’émerveillement est possible. Beaucoup de films reposant sur un concept s’essoufflent dans leur dernière partie généralement parce que le concept dépasse l’histoire mais qu’il faut bien en finir avec cette dernière. Et généralement, c’est convenu. Ratatouillle n’est pas si original mais il s’y passe quelque chose de merveilleux : au deux tiers du film, le héros humain se retrouve seul dans son restaurant et sa cuisine avec tous les clients à servir. Le merveilleux, c’est un peu la résolution extraordinairement bien amenée et développée, mais c’est surtout la peur et le soulagement que ces séquences m’ont fait ressentir. D’un coup, je me suis surpris à m’être perdu dans le film. Je suis devenu ma petite soeur que j’accompagnais quinze ans plus tôt au cinéma, qui sursautait sur mes genoux et tapait sur le siège devant nous parce qu’elle se demandait vraiment comment tous ces chiots allaient échapper à Cruella.
Et un personnage du film ressent d’ailleurs la même chose. Cette mise en abîme est sidérante.
En tant qu’ancien producteur de la série, Brad Bird est sans doute pour beaucoup dans la réussite des Simpson et dans la caractérisation d’une famille déglinguée mais pourtant si proche et si pleine d’amour. Le réalisateur insuffle la même force à ce film. Ratatouille est remplie d’amour et de vie.


1 Commentaire Add your own
1. Wall-E | Petit écran&hellip | août 9th, 2008 at 7:11
[...] mon préféré. L’avenir pour le film est de toute façon radieux car, comme le fait Ratatouille, Wall-E suscite l’émerveillement. C’est ce qu’il y a de plus beau au cinéma. [...]
Poster un commentaire
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed