Postal (2007) de Uwe Boll

Le réalisateur Uwe Boll s’est taillé au fil des années une solide réputation de plus mauvais réalisateur du monde, une sorte d’Ed Wood des années 2000. J’ai entendu pour la première fois parler de lui pour House of the Dead. Le film avait mauvaise réputation mais en même temps, rare sont les adaptations de jeux vidéos qui ont bonne réputation. Le film ne rapporta pas beaucoup d’argent mais apparemment suffisamment pour rentrer dans ses frais d’après IMDB.

La production suivante du réalisateur fut une nouvelle adaptation de jeu, celle du célèbre Alone in the Dark. Budget confortable (20 M$) et casting solide : Christian Slater, Stephen Dorff et une Tara Reid essayant de se diversifier après pas mal de comédie pour ado. Le film est un four au Box Office et surtout un four critique. Mais Uwe Boll se spécialise pourtant dans le genre et continue d’enchaîner les films d’action parfois relativement onéreux : In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale coûte quand même 60 M$. Tout une communauté d’internautes engagea une véritable campagne de dénigrement systématique, lui suppliant même d’arrêter le cinéma. Uwe Boll les provoque en les défiant alors à un combat de boxe. Ceux qui acceptèrent se prirent alors un coup de Boll, plutôt un signe de malchance ici. Et Uwe Boll poursuit avec une assurance insolente sa carrière. Ca mérite qu’on s’y attarde.

Mon premier film de Uwe Boll est donc Postal soit une « grosse » comédie mêlant terrorisme, religion, politique et american way of life et un peu LE film d’Uwe Boll. Dans la ville de Paradise, Dude est un chômeur marié à une obèse lubrique et vivant dans une caravane. Cherchant à se sortir de là, il s’allie à ami devenu gourou d’une secte pour voler des caisses d’une célèbre poupée allemande, Krotchy Dolls, qu’ils pourront vendre à prix d’or aux enchères. Mais des terroristes islamiques emmenés par Ben Laden, vivant aux USA, ont la même idée, en vue d’un attentat à l’arme bactériologique.

Comme une sorte de réponse à la célèbre saillie d’Audiard, Uwe Boll ose tout : terroristes demandant à Ben Laden le nombre exact de vierges au paradis avant de s’écraser sur une tour du WTC, massacres d’enfants et d’handicapés dans un parc d’attraction, scènes de sexe avec une obèse (farine inclus)… et donc l’accroche du film : Bush et Ben Laden gambadant main dans la main. C’est peu de dire que le film est plus provocant, et vulgaire, que drôle. On ne rit d’ailleurs pas beaucoup, surtout quand on regarde le film dans un Thalys entouré d’hommes et femmes d’affaire. La surenchère permanente (la fusillade à la sécu US est plutôt drôle), quelques plans sexy et la trajectoire vengeresse du Postal Dude constituent malgré tout un plaisir coupable pour les amateurs.

Bande-annonce (qui annonce vraiment la couleur, j’aime bien l’encouragement final de Ben Laden sur le film) :

Par Pascal
Commenter7 juin 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Comédie

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