Police Story (1985) de Jackie Chan

Jackie Chan est connu pour sa pratique des arts martiaux. Au fait de sa gloire en Asie, il réalise ce Police Story soit une plongée dans l’action pure avec sa troupe de cascadeurs. Le début est pétaradant avec un gunfight dans un bidon ville puis surtout sa traversée en voiture. Il n’aura échappé à personne que Michael Bay a repris cette scène telle quelle pour son Bad Boys 2 près de 20 ans après. Ce plagiat est presque une bonne chose. Il montre que le fric ne fait pas tout : la séquence dans Police Story est plus sensitive que celle du film de Michael Bay. Nul doute que dans les deux cas, la préparation fut importante mais celle de Police Story donne l’impression d’une prise de risque et d’une spontanéité plus grande. Elle prend aux tripes. Il y a d’excellents films d’action américain mais une « simple » cabriole (de plusieurs minutes !) avec un parapluie de Jackie Chan pour s’accrocher à un bus est beaucoup plus spectaculaire que des fx numériques.

Le début de ce Police Story est donc excellent et ce ne sont pas les arts martiaux qui sont mis en avant mais bien toutes les capacités d’Action Man de Jackie Chan et son équipe. Et hélas de comédie. Police Story raconte une histoire de protection de témoin. Ce dernier est une dernière (Brigitte Lin). Le protecteur est Jackie Chan et il a une petite amie May (Maggie Cheung qui est très mignonne, ingénue). Nous avons donc droit à de la comédie. J’ai vu le film en anglais et il y avait déjà des contresens entre l’anglais doublé et l’anglais sous-titré ce qui limite la portée des gags. Mais bon en plus ce n’est pas excessivement drôle : certes on peut sourire lors du faux interrogatoire et de la fausse tentative d’assassinat mais les quiproquos dans l’appartement sont plutôt pénibles. Le procès, avec perruques, est si nul qu’on peut en rire au troisième degré (au-moins). Le problème est que tout ça dure plus de 45 minutes et qu’on peut trouver le temps long. Tout juste peut-on apprécier Chan se garant de manière incroyable, s’amuser avec des fils de téléphones et provoquer quelques chutes et accidents.

La dernière demi-heure est beaucoup plus sérieuse, également au niveau de l’intrigue, avec des combats spectaculaires et des chorégraphies brutales. Certaines scènes sont accélérées mais ce qui pouvait nuire est ici plutôt bien mené (c’est pas les Anges Gardiens, quoi). Jackie Chan fait des choses inimaginables jusqu’au final anthologique dans le centre commercial. Ça fait un bon tiers d’hallucinant. C’est largement suffisant pour nous impressionner d’autant que, comme souvent dans les films de Chan, le générique de fin nous rappelle que toutes ces acrobaties ont un prix.

Par Pascal
Commenter22 avril 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Polar

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