Petit écran

Revues ciné et séries TV
Réalisation
M. Night Shyamalan
Avec :
Mark Walhberg, Zooey Deschanel, Ashlyn Sanchez, Betty Buckley, Jeremy Strong, John Leguizamo
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Phénomènes

Situons un peu, j’aime beaucoup les films de M. Night Shyamalan depuis le Sixième sens. Mon préféré est Incassable et j’ai aimé la Jeune fille de l’eau le film qui semble avoir presque totalement mis à mal sa réputation à Hollywood. Si le film est parfois maladroit, il n’est pas un navet intersidéral car le réalisateur est loin d’être un manchot et ses images, ses évocations, sont toujours sincèrement superbes tout comme la fluidité, et parfois la densité, de ses intrigues.

Phénomènes débute par de dramatiques événements, des suicides collectifs d’abord dans les parcs de grandes villes puis dans tout le Nord Est des Etats-Unis. Si une attaque terroriste est d’abord évoquée, c’est bien la Nature elle-même qui semble être la cause de ces massacres.

De cette terrible menace, on ne saura finalement pas grand chose si ce n’est l’impuissance de l’homme face à celle-ci. Phénomènes se rapproche de La Guerre des Mondes et précisément du film de Spielberg avec cette famille en fuite se heurtant à une force incompréhensible et une population hostile. Un peu moins ambitieux, le film de Shyamalan ne supporte pas la comparaison avec le film de son grand admirateur mais il est tout à fait honorable et le réalisateur sait se distinguer en parvenant à insuffler de la force à son film sans effets spéciaux tonitruants mais avec simplement du vent voire un courant d’air.

On voit d’ici les vannes faciles (« Yo, ton film, c’est du vent ») se profiler et pourtant la mise en scène est efficace et les bons moments ne manquent pas dès le tout début véritablement glaçant. Les images sont souvent terrifiantes, le point d’orgue étant une ultime sortie vers Princetown frappée par la mort de manière abominable mais aussi la confrontation autour d’une maison close de tout part avec une menace humaine mais aussi insaisissable et impitoyable. L’isolement est à ce titre bien perçue comme une solution pour être en sécurité mais une solution nécessairement violente et temporaire comme le montre les dernières scènes dans les profondeurs de l’Amérique. Cette approche est plus intéressante que le message écolo un peu maladroit et trop passe-partout.

En toile de fond, une histoire de couple apparemment anodine, tout en retenue (un peu comme dans les films indiens peut-être) : la femme a mangé un dessert avec un autre homme (interprété par un Shyamalan invisible) sans le dire à son mari. « ! » pourrais t’on dire, la faute est apparemment inoffensive. Et pourtant, elle au coeur du film nous rappelant l’importance de la complicité du couple. A une époque voyeuriste qui nous épargne pas grand chose à la télévision et sur Internet en matière d’énormités, la séquence presque grotesque dans la fosse aux lions vue sur un téléphone portable semble l’illustrer, le metteur en scène nous raconte l’essence même de notre humanité et l’optimisme du film est bien portée par ce couple ayant du mal à franchir le pas mais transformée par les événements autour d’eux. Classique mais joliment fait.
Parfois sublimé par la musique du fidèle James Newton Howard, Phénomènes ne marque pas un retour en force mais atteste de la maîtrise de son auteur. Et c’est surtout un très bon moment de cinéma.

phenomenes



Un commentaire à “Phénomènes”

  • Petit écran » Max Payne en 2008

    [...] Il est régulièrement décrié pour ses interprétations amorphes notamment dans son dernier film, Phénomènes, où il était pourtant plutôt bon en homme ne payant pas de mine. Mais une chose est sure : je ne [...]

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