Persepolis
Vu le 23/7/2007 à l’UGC Opéra Salle 2
Film français (2007) de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud avec les voix de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Simon Abkarian, Gabrielle Lopes Benites, François Jerosme…
Après le succès de la bande dessinée dont ce film d’animation est l’adaptation, son sujet aussi grave que porteur et sa présence, et son prix du jury, à Cannes, on trouvera encore des gens dans notre belle nation s’étonner du million d’entrées au cinéma de Persepolis. Un beau succès en effet, porté par un bon bouche à oreille, mais pas exactement une surprise.
Persepolis raconte la jeunesse chaotique de Marjane dans un monde qui l’est encore plus soit l’Iran, tout juste devenu république islamique, des années 80 (où, niveau condition de la femme, on était loin de la chanson de Sardou) et l’Autriche libre où l’adolescente vivra paradoxalement ses pires moments. Au travers de ce destin, presque nécessairement, se dresse une chronique sur la condition de la femme et la liberté.
Au fond, de toute cette période, Persepolis ne raconte rien de bien nouveau mais il le met superbement bien mis en scène. On s’amuse de l’enfant s’intéressant, telle Mafalda, à la vie politique avec son discours ironiquement simplifié : le régime d’Iran, c’est la faute aux anglais ou son oncle revenu de Moscou avec un doctorat de Marxisme-Leninisme. Puis l’enfant grandit et l’adolescente voilée subit l’oppression en Iran, tout en écoutant Iron Maiden, puis les déceptions amoureuses en Europe.
Le film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud mêle ainsi habilement des épisodes drôles, romantiques, oniriques et parfois désespérants comme l’est cette évocation de la guerre Iran-Irak. Jamais le récit s’en trouve alourdit ou dispersé, la force de la mise en scène tient justement dans ces passages du comique au tragique. Une scène illustre parfaitement cette juste alternance : pour éviter de se faire arrêter la police en pleine rue, Marjane dénonce un homme lisant son journal qui l’avait regardé impudiquement. Elle raconte en riant l’épisode à sa grand-mère qui, elle, rentre dans une colère noire la blâmant d’avoir mis en danger un innocent. Et elle dénonce finalement un monde qui ne tourne plus rond.
Que ces épisodes soient authentiques, romancés ou fantasmés, la bande dessinée Persepolis étant à la base si j’ai bien compris une autobiographie, Marjane Satrapi fait parfaitement ressentir le vécu de cette histoire qui ne peut que toucher le plus grand nombre. Persepolis est un film à l’animation élégante et élaborée dont la simplicité du trait rend cette histoire universelle.


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