Pars vite et reviens tard

Vu le 29/1/2007 à l’UGC George V salle 1

Adapté d’un roman de Fred Vargas, Pars vite et reviens tard commence par une musique d’atmosphère (bonne). La première scène est une rupture, derrière sa compagne triste (Linh-dan Pham), on devine le commissaire Adamsberg (José Garcia) constamment dans l’ombre, la grande baie vitrée de son appartement épuré donnant sur un Paris très gris. Régis Wargnier ne va pas par quatre chemins pour imposer son ambiance, comme s’il avait toujours eu envie de se frotter au thriller.

L’intrigue repose sur une belle idée, un fou voudrait propager la peste à Paris, que le réalisateur narre avec une précision presque documentaire, on apprend pas mal de choses sur la peste dont certains aspects, le noir sur les victimes, font avancer l’histoire. De plus il ancre habilement le récit dans une société et un Paris très contemporains. Ses arrières plan exposent une panique sourde avec une surmédiatisation inévitable de l’enquête d’Adamsberg et un climat de peur (les masques que finissent par porter les badauds). Dommage qu’au fil de la progression, l’histoire demeure cependant que rarement haletante peu aidée par des scènes d’action franchement mollassonnes et, pour les deux dernières poursuites, sans enjeu.
On ne sera du coup pas étonné d’apprendre que Wargnier a revu le scénario original en mettant plus l’accent sur les personnages. Et le genre veut sans doute que les seconds rôles clament plus leur répliques qu’ils ne les disent, surtout lors d’interrogatoires hystériques, à l’image d’Olivier Gourmet, amaigri mais toujours imposant, ou de Mathias Mlekuz en spécialiste de la peste très, trop, emprunté. A côté, Michel Serrault devient presque étonnamment sobre !

La résolution est, selon Régis Wargnier, apparemment différente de celle du roman. Plus simple et directe, elle aurait évité de longues scènes d’explication, souvent rébarbatives au cinéma. Le réalisateur avait sans doute raison de procéder de la sorte. Mais si le récit demeure compréhensible, il ne gagne pas vraiment en intérêt.

De fait, on risque plus de se souvenir de l’idée que de l’intrigue et de quelques plans que du film lui-même. Reste que cet honnête thriller sera mémorable pour son beau titre et la composition de José Garcia. Ours taciturne et amoureux, il rend passionnants ses doutes et ses intuitions. Sans effets et sans dialogues, il donne à son personnage un vécu étonnant. On aurait plaisir à le retrouver étant donné qu’il serait un personnage récurrent des romans de Fred Vargas.

pars vite et reviens tard

Fiche Allociné

Par Pascal
Commenter3 février 2007
Catégories : Cinéma

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