Nos Amis les Terriens

Vu le 23/4/2007 au Miramar salle 2

J’aime bien lire Bernard Werber. Ce n’est pas toujours subtil ni finement écrit mais ses romans sont souvent très prenant et son imagination est fertile quand elle n’est pas même déroutante, presque folle. Il en ressort une véritable liberté d’esprit. A lire ses livres, on n’est pas trop étonné de voir l’écrivain tenter l’expérience cinématographique sur un de ses angles d’attaque de prédilection : le renversement de point de vue comme les anges, les Dieux ou les fourmis regardant les humains dans ses livres.

Nos Amis les Terriens est donc l’histoire de l’extraterrestre Pierre Arditi qui observe les Terriens, une espèce primitive aussi intéressante qu’étrange. Tourné comme un documentaire animalier, Werber s’amuse même à le mettre en abîme, l’extraterrestre nous observe et met en cage quelques spécimens pour les étudier.
Le résultat est hélas d’un ennui profond. Ce qui aurait fait un amusant court-métrage, comme la bande-annonce, ou un bon point de départ est étiré pendant sur 1h25 à un rythme monotone faisant tomber à plat les quelques pointes d’humour et autres constatations distanciées de l’extra-terrestre. Seules la vision brute de cet abattoir de volaille ou cette naissance plein champ nous sortent de notre léthargie. Le questionnement que semble vouloir nous transmettre Werber se pose un peu. Personnellement, je dirais d’une part que cette séquence des abattoirs voulue sans doute comme insoutenable me conforte dans l’idée que je dois ne pas faiblir face à cette réalité selon moi nécessaire et que d’autre part, il est évident que je n’assisterai pas à l’accouchement « de face » de ma femme.

Nos amis les terriens

Pour le reste, Werber recycle quelques éléments de sa pièce de théâtre Nos Amis les humains, comme la roue à Hamster, et de ses livres comme son analyse comportementale des humains en groupe dominés/dominant/autonome/souffre-douleur sans trop savoir où il veut vraiment en venir.

Comme je n’aime pas voir un mauvais film au cinéma et surtout que je n’aime pas m’y complaire après dans des critiques putassières stériles, le mieux est de ne pas insister et de passer à autre chose tout en étant désolé pour son auteur. Alors pour l’imaginaire débridé, autant lire ou relire ses livres et pour l’étude comportementale « animalière », on peut toujours regarder Mon oncle d’Amérique. Quant à la science-fiction, parent pauvre du cinéma français, je placerai cette année mes espoirs sur le film de Marc Caro, Dante 01, qui ne semble hélas pas avoir de date de sortie fixée pour le moment.

Fiche Comme au cinéma

Par Pascal
Commenter28 avril 2007
Catégories : Cinéma

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