Molière

Vu le 05/02/2007 à l’UGC Rotonde Salle 1

Molière est une fantaisie sur une période de la jeunesse de Jean Baptiste Poquelin qui aurait échappé à ses biographes. Peu de temps après son bref passage en prison, il aurait disparu plusieurs mois. Le réalisateur Laurent Tirard nous raconte donc cette étape de la vie de l’auteur, étape charnière qui lui inspirera toute son oeuvre.

De fait, Molière est une fiction et ses auteurs, Laurent Tirard et Grégoire Vigneron, l’assument comme tels tout en encadrant celle-ci de quelques faits réels. Le film de Laurent Tirard est bien sur construit autour de l’oeuvre de Molière, ou plutôt de certaines de ses plus populaires répliques et seuls les plus puristes et/ou grincheux y verront une insulte à son talent.
Laurent Tirard ne cherche, en effet, pas à minimiser pas le talent créatif et l’imaginaire de Molière mais il choisit par contre de le filmer à hauteur d’homme, avec ses défauts et ses passions, et s’amuser à imaginer d’où a jaillit son inspiration et l’essence de ses oeuvres.

Et après son bon Mensonges et trahisons, sa mise en scène sait parfaitement tirer parti du comique des répliques de Molière en les inscrivant dans des situations souvent drôles, souvent cocasses, que l’on connaisse ou non son oeuvre.
Car il faut bien l’admettre, mes connaissances de l’auteur sont purement scolaires et les souvenirs que j’en ai plutôt sont plutôt mauvais. Laurent Tirard n’avaient aussi que des connaissances scolaires de Molière avant de se replonger avec passion dans son oeuvre et aboutir à ce film. C’est cette passion de la redécouverte qu’il transmet à travers ce Molière à tel point qu’il réussit à me donner envie de voir les pièces de l’illustre auteur. Une belle prouesse.

Molière

Autour d’une interprétation sans faille de tous les seconds rôles et sans faire dans l’outrance et le surjeu, très tentant pour ce que j’en ai vu quelques bouts de pièces, les acteurs Romain Duris et Fabrice Luchini donnent l’impression de s’en donner à coeur joie dans des rôles sur mesure. On peut cependant difficilement parler de cabotinage tant leur travail est plus sensible. En Jourdain, Fabrice Luchini trouve le ton juste d’un homme drôle malgré lui et très finement touchant. Et si Jean Batispte Poquelin/Romain Duris adore jouer la comédie, imiter ce qui l’entoure de Jourdain au cheval, on est bouleversé dès le début du film lorsque, se détournant de son théâtre, il lance, le visage triste à propos d’une pièce qu’il va écrire et qu’il rêvait être une tragédie : « ce sera une comédie ».
Durant cette courte scène, la légèreté annoncée de Molière prend une tournure mélancolique et amoureuse qui sera par la suite portée par la sensibilité et la grandeur de Laura Morante. Et la comédie de Laurent Tirard, au delà de la franche rigolade qu’elle procure, devient plus humaine et nous touche.

Fiche Comme au cinéma

Par Pascal
Commenter10 février 2007
Catégories : Cinéma

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