Mesrine : l’instinct de Mort

Vu le 27/10/2008 Ă  l’UGC George V salle 2

La vie de Jacques Mesrine en deux films. L’instinct de mort, titre de l’autobiographie de Mesrine, raconte son parcours de l’AlgĂ©rie au Canada au dĂ©but des annĂ©es 70.

Jacques Mesrine est un personnage controversĂ©. HĂ©ros ou exemple pour certains, pourriture pour d’autres, il est toujours le sujet d’enquĂŞtes, de bios et de chansons populaires. L’instinct de mort n’est d’ailleurs pas le premier biopic Ă  l’Ă©cran de ce personnage singulier. Jean-François Richet et le producteur Thomas Langmann, qui quoique je puisse en penser (notamment sur sa version des aventures d’AstĂ©rix) a su malgrĂ© tout porter ce projet pendant plusieurs annĂ©es, ont choisi une approche brute, sans glorification, qui Ă©vite les pièges du pensum politico-hĂ©roique. PassĂ© l’excellent gĂ©nĂ©rique/Ă©pilogue, nous sommes plongĂ©s en pleine guerre d’AlgĂ©rie oĂą on l’ordonne Ă  un Jacques encore jeune d’exĂ©cuter une femme. Tout au long du film il sera confrontĂ© Ă  des situations oĂą il choisit ou assume un choix, entre famille et amis, entre vie « honnĂŞte » et vie de bandit.

Le milieu de la pègre est alors dĂ©peint dans toute sa noirceur : aucun respect, aucun principe oĂą plutĂ´t chacun vit avec ses principes dans un monde sans loi. Si Mesrine est souvent profondĂ©ment cruel voire un peu fou quand il menace sa femme, il se forge parallèlement des amitiĂ©s solides et des amours sans concessions. Et nous parvenons peut-ĂŞtre aux sources de la fascination qu’exerce Mesrine : celle d’un homme butĂ© qui dicte ses propres règles, et mĂ©prise toutes les autres. Il met au dĂ©fi une sociĂ©tĂ© tout aussi paradoxale que lui, jusqu’Ă  l’absurde quand il souhaite sauver sa compagne Jeanne ou prendre pour cible un système carcĂ©ral (auquel il contribua Ă  sa chute) !

Depuis l’Assaut sur le central 13, j’ai confiance en Jean-François Richet et il ne déçoit en rien. Sa mise en scène aux ellipses parfois gĂ©niales (comme son premier passage en prison pour un braquage dont nous ne verrons rien) est encore plus intense que son remake du film de John Carpenter. De scènes intimistes en sĂ©quences violentes, pas une seconde n’est perdue. Un exemple de film coup de poing qui devient spectaculaire lors d’une fusillade brutale dans la prison canadienne oĂą il fut enfermĂ©. Cette scène d’action en immersion complète vaut plus que toutes celles de James Bond – Quantum of Solace qui sort presque en mĂŞme temps.

EntourĂ© d’une troupe d’acteurs parfaite (on voit partout au cinĂ©ma Gilles Lelouche et GĂ©rard Depardieu), Vincent Cassel interprète Jacques Mesrine et met en avant son jeu, sa manière de jouer. Il y a bien sur une certaine recherche de mimĂ©tisme, l’acteur a pris beaucoup de poids pour le rĂ´le, mais il apporte sa propre vision. Vincent Cassel ne joue pas la comĂ©die, n’est pas non plus Mesrine, il l’incarne superbement.

Mesrine sera toujours un personnage controversĂ©. Jean-François Richet ne tranchera sans doute pas un dĂ©bat qui va jusqu’Ă  la prononciation du nom « Mesrine » mais il n’oublie pas une chose : il fait du cinĂ©ma. Du très bon. Vivement la suite.

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 Par Pascal     Commenter7 novembre 2008    Catégories: CinĂ©ma

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