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Mémoires de nos Pères

Vu le 5/11/2006 à l’UGC George V Salle 3 (troisième fois en trois semaines je dois être abonné à cette salle) en VO
Il y a un post générique. Le générique est très bien en fait.

Une photo de guerre connue, de celles qu’on voit souvent sans se demander l’histoire derrière celle-ci mais qui pourtant symbolise la guerre et la marche vers l’espoir et la victoire. Ce drapeau porté par une poignée d’homme fit donc le tour du monde. Clint Eastwood raconte l’histoire de cette photo et de ces hommes qui combattirent à la bataille d’Iwo Jima.

Iwo Jima

Mémoires de nos Pères est d’abord une belle réflexion sur l’héroïsme. Clint Eastwood décrit le destin parfois tourmenté de trois personnages, rescapés de la meurtrière bataille et devenus des héros pour un acte qui n’avait pourtant rien d’héroïque. Puis il raconte sans détour la récupération politique de ces jeunes hommes à travers leur tournée dans tous les USA pour soutenir l’effort de guerre. Le point de vue du réalisateur apparaît plus lucide qu’idéologique tant l’exploitation de la photo a pour but d’en finir avec la guerre, rapidement et victorieusement. Et il se rapproche respectueusement et à hauteur d’homme de ces soldats à peine adultes.

Le récit, éclaté, s’appuie avant tout sur les histoires que racontent « ceux qui y étaient », histoires rapportées et narrées par le fils d’un des soldats et qui en fit un livre dont le film est l’adaptation. Le titre français est donc tout à fait judicieux. Mémoires de nos Pères traite du souvenir, du souvenir que l’Histoire veut laisser, ces hommes étaient des héros, mais surtout des différents souvenirs de ces anciens soldats marqués à jamais, incapables d’oublier la bataille. L’histoire de la tournée est globalement linéaire mais un bruit de fond, une acclamation ou une simple conversation peut rappeler à chacun des « héros » un souvenir, souvent violent, du théâtre des opérations. Les souvenirs deviennent aussi difficiles à oublier qu’à communiquer en somme incontrôlables même si leur évocation a un sens. C’est le tour de force de la mise en scène et du montage : donner du sens à tous ces souvenirs parcellaires comme autant d’expériences et de sensations qui accompagneront toujours ces soldats.

Mais ce n’est pas une surprise. En reprenant film après film la même équipe, la réussite « technique » du film d’Eastwood ne faisait presque aucun doute. La photo est sublime (elle rappelle celle de Million Dollar Baby toujours avec le directeur photo Tom Stern), la musique impeccable. Et la reconstitution et la mise en scène du débarquement sur l’île est parfaite surtout la terrible contre attaque des troupes japonaises. Le point de vue de ces derniers est relaté dans Letters From Iwo Jima, une façon décisive pour Eastwood d’aller au delà du Bien et du Mal dont nous parle le narrateur au début du film.

héros

Mémoires de nos Pères fait parti de ces films qui méritent de se voir plusieurs fois. Est-ce une certaine exigence sur le fond comme sur la forme ou simplement la démystification d’un cliché célèbre qui est à l’origine de l’échec commercial du film pourtant peut-être supérieur à Million Dollar Baby? Difficile à dire. Rien qu’avec le gros plan magnifique de Ryan Philippe sur sa montagne en papier machée ou le plan final aussi simple qu’inoubliable, on sait pourtant que Clint Eastwood continue de réaliser des films qui nous parlent et nous touchent profondément.

Fiche IMDB

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