Mamma Mia!

Vu le 10/9/2008 Ă  l’UGC Normandie Salle 1 en VO

Entendu une fille parlant Ă  une autre Ă  la sortie de la salle : « T’enlèves les chansons d’ABBA et c’est mauvais ». Cela me rappelle Agrippine de BrĂ©techer : « Mozart c’est nul sauf la musique du film ». Il ne s’agit pas ici de mettre sur un pied d’Ă©galitĂ© Mozart et ABBA pas plus que le Amadeus de Milos Forman avec cette adaptation d’une comĂ©die musicale Ă  succès. Mais il est important de prendre en compte le fait que Mamma Mia! a Ă©tĂ© conçu sur la musique d’ABBA. La scĂ©nariste Catherine Johnson n’a pas Ă©crit une histoire puis s’est dit : « Tiens et si j’illustrais mon propos des chansons d’un groupe scandinave ? ». Bon et donc ces critiques Ă  peine remis de mes Ă©motions, c’est nul.

D’ailleurs, l’histoire est-elle si nulle ? C’est une comĂ©die. Elle est 33% plus compliquĂ©e que Les Compères de Francis Veber ou Une Chance sur deux de Patrice Leconte. En effet, Sophie (Amanda Seyfried, craquante et sexy) ne connaĂ®t pas son père et invite ses trois pères potentiels Ă  assister Ă  son mariage sans le dire Ă  sa maman. Elle pense pouvoir le reconnaĂ®tre au premier coup d’oeil mais Ă©videmment ce n’est pas le cas. Bon, on a vu pire comme histoire. C’est mĂŞme parfois assez drĂ´le grâce un peu aux amis de Maman sorties de Absolutely Fabulous et bien sur au trio gagnant Brosnan/Firth/Skarsgard dans le rĂ´le des pères.

Le problème majeur de Mamma Mia! est la rĂ©alisation calamiteuse de Phyllida Lloyd qui travaille dans l’opĂ©ra, et qui fait partie des crĂ©ateurs initiaux de cette pièce. Mais elle ne sait visiblement pas tenir une camĂ©ra. Dès lors que celle-ci est en mouvement, tout est Ă  peu près ratĂ©. Très souvent mal Ă©clairĂ©es, comme si on voulait vraiment nous montrer qu’on tourne en studio, des sĂ©quences entières sont gâchĂ©es et la moindre des chorĂ©graphies, gĂ©nĂ©ralement peu audacieuses d’ailleurs, est illisible. D’autant plus dommage que quand la rĂ©alisatrice prend le temps de poser sa camĂ©ra pour un plan mère/fille devant le miroir ou pour un dĂ©part en bateau, elle rend service au film. Mais c’est si rare…

Que reste t’il pour sauver le film ? Les acteurs et les chansons d’ABBA. La fille du cinĂ©ma n’a pas si tort au fond. La prestation de Meryl Streep semble avoir des avis mitigĂ©es. Certes j’adore les comĂ©dies musicales et je me fais facilement avoir mais admirer Meryl Streep (quand elle est bien cadrĂ©e) danser maladroitement et chanter sincèrement la chanson titre m’a donnĂ© des frissons. De mĂŞme, Pierce Brosnan chante terriblement faux mais il a un tel aplomb qu’il devient touchant jusqu’Ă  son gĂ©nial « It’s only for the rest of your life. ».

Le film est sauvĂ© et beau. La rĂ©alisation est impardonnable mais je pardonne volontiers les scènes parfois hystĂ©riques entre deux chansons car elles aboutissent Ă  des arrangements musicaux enthousiasmants. A la limite, on peut se demander si cet Ă©crin bancal n’est tout simplement pas idĂ©al pour les chansons d’autant que la dernière sĂ©quence pendant le gĂ©nĂ©rique est hilarante et dĂ©bridĂ©e (les acteurs avec des costumes d’ « époque ») mais finalement très simple (une scène, un micro). Les standards d’ABBA sont sĂ»rement Ă©ternels…

mammamia

 Par Pascal     Commenter13 septembre 2008    Catégories: CinĂ©ma

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