L’oeil du Mal

Vu le 12/1/2009 à l’UGC George V salle 7 en VO

Je me souviens d’une critique, négative, de Télérama sur Twister où le film de Jan de Bont était comparé à une fête foraine, un spectacle avec des attractions. Je n’ai jamais trop compris, enfin un peu quand même, pourquoi il faut dénigrer ce style de film. L’oeil du Mal rentre un peu dans cette catégorie. Après son sympathique Paranoïak qui se réfèrait à Fenêtre sur cour, D.J. Caruso reprend à son compte la Mort au trousse. Son film est une sorte de tour de montagnes russes. Ainsi, deux inconnus reçoivent, séparémment, un coup de téléphone et entendent une femme les ordonnant de suivre rapidement des instructions délirantes. Ses prédictions, ses menaces et ses capacités d’action, comme dérouter un métro ou manipuler des grues, se révèlent de plus en plus insistantes. Et c’est parti pour un tour avec deux personnes qui n’ont pas la moindre idée de leur présence dans cette galère…

En toile de fond, il y a une histoire de terrorisme et des choix difficiles à faire au Moyen Orient mais je crois qu’on peut en avoir rien à faire. Seul compte la course trépidante de Jerry et Rachel. Le rythme est en effet frénétique. D.J. Caruso privilégie l’action à tout va ce qui a quelques conséquences dont un certain manque de lisibilité dans les grands moments d’action. On pourra aussi oublier un final très conservateur limite all american hero avec une réconciliation factice père-fils, une médaille du congrès (ou équivalent) délivrée, des responsables du désastre qui ne sont pas mis à l’écart et un baiser final certes tendre mais sur la joue. On pourrait aussi discuter de la deuxième partie du film, conçue autour d’un twist à mi-parcours. Ce dernier était relativement nécessaire, la femme au téléphone ayant une capacité un peu trop exceptionnelle d’improvisation, mais il se révèle légèrement invraisemblable. Il est cependant tellement ludique qu’on a vraiment envie d’y croire pour au-moins une autre heure.

Et il y a d’excellents moments de suspense particulièrement dans la salle de traitement des bagages dans un aéroport, déluge de tapis roulant, rarement montré au cinéma je crois (j’ai uniquement en mémoire Toy Story 2 seulement). Cet enfer de tapis roulants est pourtant très cinématograhique. Au fond, même si on ne comprend pas toujours tout, c’est souvent jouissif.

Et comme Paranoïak, le film est tiré vers le haut grâce à un excellent Shia Labeouf très bien épaulé par Michelle Monaghan. Shia Labeouf, protégé de Steven Spielberg producteur du film comme il le fut pour Transformers est toujours très bon, très vif. C’est aussi un peu mon chouchou actuel, dont le nom incite à me déplacer dans les salles obscures. Particulièrement grâce à ce couple et à un plutôt drôle Billy Bob Thornton, on sort de la salle obscure sur les rotules et ravi : pendant deux heures, j’ai oublié mon quotidien. C’est pas la Mort au trousse hein mais Ce soir-là, c’est exactement ce qu’il me fallait. Merci Shia.

eagleeye

Par Pascal
Commenter16 janvier 2009
Catégories : Articles, Cinéma

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