Les sorties du 4 mars
Semaine assez Ă©clectique comme souvent mais assez portĂ©e Ă l’international i.e. quelques films autres que français/amĂ©ricains.
Mine de rien, il y a 14 films Ă l’affiche. Comment peut-on espĂ©rer que tous vont toucher un public ? A la limite une bouse US issue d’un studio aura une deuxième chance en dvd, Ă la location, dans un soldeur ou une deuxième partie d’une chaĂ®ne du câble. Pour les autres films, la sortie au cinĂ©ma constitue une sorte de baroud d’honneur dans le pays oĂą il sort : le film aura quelques critiques, quelques spectateurs puis tombera dans l’oubli. C’est assez triste tous ces films qui vont au casse-pipe. Enfin ça dĂ©pend des films.
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Le gros morceau de la semaine serait donc le fameux Watchmen : Les gardiens. Après le succès colossal de 300, Zach Snyder s’est lancĂ© dans une entreprise faramineuse : l’adaptation de Watchmen. C’Ă©tait il y a quand mĂŞme une bonne annĂ©e. Depuis la presse spĂ©cialisĂ©e et la blogosphère ne semblent jurer que par ce film. Watchmen par ci, Watchmen par lĂ . Sincèrement, je ne crois pas qu’il s’est passĂ© plus de deux semaines sans qu’une info soit relayĂ©e sur ce film Ă©blouissant avant qu’on ne l’ai vu. Je suis demeurĂ© assez circonspect. Pourquoi ? La bande-annonce nous dit « le plus grand roman graphique de tous les temps ». Eh bien moi, j’avoue mon inculture : je n’en ai jamais entendu parler de ce roman graphique. Roman graphique… « C’est une bd ? Non majestĂ©, c’est un roman graphique. Ah. ». Bref, on ne peut pas dire que je pouvais difficilement ĂŞtre enthousiaste du moins pas plus que si on m’annonçait qu’un bon rĂ©alisateur allait rĂ©aliser un nouveau film. C’est son mĂ©tier quand mĂŞme. La deuxième bande annonce a de l’allure (très belle bande-son, musique comme bouts de dialogues), il faut bien en convenir. Watchmen semble ĂŞtre beau visuellement avec histoire (enquĂŞte sur fond de fin de monde) et personnages (c’est dur d’ĂŞtre un super hĂ©ros) apparemment plus convenus. Ca me va, i will watch the watchmen. Quoi que ça dure dans les 2h40. Et voir un mĂ©trage de cette durĂ©e est assez dĂ©licat point de vue horaires (et boulot) Ă Paris.
Cela fait bien quinze ans que Gus Van Sant a ce Milk en tĂŞte. Il avait Ă©tĂ© par exemple prĂ©vu pour Robin Williams dans les annĂ©es 90. Ce biopic retrace le parcours d’Harvey Milk (Sean Penn), politicien ouvertement homosexuel Ă San Francisco dans les annĂ©es 70. Dans ces derniers films, Gus Van Sant n’a pas eu peur de faire du cinĂ©ma assez expĂ©rimental (Le palme d’oresque Elephant, Gerry ou dans une certaine mesure l’intĂ©ressant Psycho) mais il est certainement ici dans un registre plus traditionnel (comme le très bon Will Hunting ou le sympa A la rencontre de Forrester). Tant le sujet que le genre ne peuvent laisser indiffĂ©rent les professionnels d’Hollywood. Le film a logiquement rĂ©coltĂ© plein de nominations aux Oscars et Sean Penn a finalement obtenu l’Oscar pour sa prestation.
Un film allemand est Ă l’honneur cette semaine : La vague. Le film s’inspire d’un fait divers qui m’a assez marquĂ© : dans un lycĂ©e, un professeur avait fait une expĂ©rience tentant d’instaurer une idĂ©ologie fascisante (la troisième vague) auprès des Ă©lèves. En quelques jours, il avait su en endoctriner un bon nombre. L’histoire est visiblement Ă prendre avec des pincettes Ă tel point que l’article de wikipĂ©dia conclut par un ironique « D’un point de vue sociologique, le fait que le public semble prĂŞt Ă accorder crĂ©dit Ă la « Troisième Vague » telle qu’elle est relatĂ©e dans les adaptations artistiques pourrait en lui-mĂŞme provoquer un questionnement et constituer un objet d’étude. ». Le film de Dennis Gansel reprend ce thème dans une Ă©cole allemande. Le concept rappelle un autre film allemand de Oliver Hirschbiegel, très tendu : L’expĂ©rience oĂą on impose Ă un groupe de gens un rapport prisonnier/gardien.
Un peu d’animation japonaise maintenant avec Evangelion 1.0 : you are (not) alone. Très grande sĂ©rie des annĂ©es 90, son crĂ©ateur Hideaki Anno s’est lancĂ© dans une curieuse aventure : revisiter sa sĂ©rie, 26 Ă©pisodes, en une trilogie avec les techniques d’animation modernes et, nĂ©cessairement, une synthèse de sa riche histoire. La bande-annonce, mĂŞme avec une VF vraiment nulle, me rappelle quelques beaux souvenirs. Revoir le mĂ©lancolique Shinji, condamnĂ© Ă sauver l’humanitĂ©, est assez touchant. Le titre est joli. Reste Ă convaincre ma femme qu’un film avec des robots gĂ©ants, ce n’est pas forcĂ©ment comme regarder Goldorak chez DorothĂ©e.
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Une comĂ©die amĂ©ricaine sort ce mercredi : Marley et moi qui est un gros succès outre-atlantique. Je suis un grand fan d’Owen Wilson, sorte de double du rĂ©alisateur Wes Anderson et acteur gĂ©nialissime par sa simple prĂ©sence, pour l’humour dĂ©calĂ© et mĂ©lancolique qu’il dĂ©gage naturellement. Bien que je sois moins fan de Jennifer Aniston (pas brillante dans Ce que pensent les hommes), je suis toujours attachĂ© Ă elle et ses amis de Friends. Marley et moi est enfin un très gros succès aux USA. Quel est le problème alors ? Mais tout simplement ça :

Eh oui, le bon coup du chien qui fait des catastrophes partout. AchetĂ© comme une sorte de substitut Ă un enfant (qu’importe ce que diront les sociologues/mĂ©decins/psys… je trouve ça complètement con) qu’il ne veut pas, Marley va finir par devenir le meilleur ami du couple vedette. La bĂŞte immonde, le Mal cinĂ©matographique frappent une nouvelle fois. MĂŞme avec quelques passages drĂ´les (Kathlenn Turner semblent très amusante), la bande-annonce n’est en plus d’aucun secours : elle ne m’Ă©pargne pas grand chose : il va falloir se farcir le chien. En plus il s’appelle Marley en l’honneur du chanteur. Je dĂ©teste Bob Marley. Mais j’aime Owen Wilson. Peut-ĂŞtre ferais-je un effort…
Autre comĂ©die amĂ©ricaine mais romantique et londonienne : Last Chance For Love, titre « français » de Last Chance Harvey ! Un romantique atypique puisque ce ne sont pas des trentenaires mais des cinquantenaires qui mènent le bal soit Dustin Hoffman (72 ans en fait et donc en pleine forme) et Emma Thompson (50 ans). La bande-annonce fait presque comme si de rien Ă©tait, le couple fait son âge mais c’est la romance qui est privilĂ©giĂ©e. Et la bande-annonce semble elle-mĂŞme une version courte du film. Mais bon, c’est une comĂ©die romantique, pas Ă un thriller Ă rebondissements. Tout ceci semble fort charmant en tout cas.
Retour en France, dans le sud sur la riviera, avec le Premier Cercle. Comme nous le savons tous, on est lĂ -bas truand de père en fils façon le Parrain. Eclectique (les pas mauvais Un Jeu d’enfants et Jean-Philippe), le rĂ©alisateur Laurent Tuel se prĂŞte au genre du destin de la famille de gangsters, ici des ArmĂ©niens. L’affiche et la bande-annonce sont très sĂ©rieux mais l’histoire convenue soit un fils (Gaspard Ulliel) hĂ©ritier souhaitant quitter le grand banditisme et qui devra faire face Ă son père (Jean Reno) car il est tombĂ© amoureux. Ah, l’amour. Je lis dans une interview du rĂ©alisateur que son ambition est de « Proposer un spectacle populaire Ă l’intĂ©rieur duquel j’ai tentĂ© de convoquer tout l’éclectisme de ma passion pour le cinĂ©ma, d’aller Ă contre-courant de ce que le public peut attendre d’un film “de genre” et de capter l’attention des spectateurs avec une histoire dont les enjeux, aux rĂ©sonances universelles, peuvent les concerner intimement. »
Très ambitieux au vu des images Ă l’Ă©cran. Quant au contre-courant, je pense que ce devrait ĂŞtre l’inverse. Je n’irai sans doute pas le vĂ©rifier.
Il y a bien d’autres films, je pense Ă Pour un fils avec Olivier Gourmet et Miou-Miou qui a l’air pas mal, mais c’est tout simplement impossible que je me rende dans une salle pour le ou les voir.
Par Pascal 3 commentaires4 mars 2009 Catégories: Articles CinĂ©ma









3 Commentaires Add your own
1. Jibe | mars 4th, 2009 at 9:24
En pensant Ă Jennifer Aniston j’ai vu sur CinĂ©CinĂ©ma rĂ©cemment Derailed (« DĂ©rapage » en français) avec aussi Vincent Cassel et Clive Owen et c’Ă©tait pas mal.
Elle a du mal Ă se faire une place comme grande actrice (du genre Cate Blanchett), les stars de sĂ©rie ont toujours des problèmes pour se recycler…
Sinon elle est constamment dans les journaux de ragots hollywoodiens et c’est assez pĂ©nible.
2. Pascal | mars 5th, 2009 at 10:50
Tiens Jennifer Aniston ne me semblait pas avoir une vie dissolue dont rafole les tabloids.
L’actrice n’est certainement pas meilleur que Cate Blanchett mais elle a pas mal de succès Ă son actif (dont Marley&moi) ce qui doit quand mĂŞme assez bien la positionner Ă Hollywood.
Sur ses talents, il faudrait que je vois The Good girl. Ne nous méprenons cependant pas : elle est très talentueuse dans Friends.
3. Jibe | mars 6th, 2009 at 12:36
Non pas qu’elle ait une vie dissolue mais sa recherche d’un mari est assez omniprĂ©sent. Et cette exposition est dommage pour elle.
Sinon, en effet, ce n’est vraiment pas une mauvaise actrice, mais pour ma part je la trouve un peu banale pour passer dans la catĂ©gorie au-dessus des lĂ©gendes du cinĂ©ma.
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