Les films de ma vie – L’étudiant partie 2 (1999-2002)

Deuxième phase de ma vie étudiante, j’intègre une école dans la banlieue de Paris. Puis j’achève mes études par quelques mois au Canada. C’est aussi l’explosion avec la carte UGC illimité que j’acquiers dès sa sortie (j’allais aux Gaumont) pour le film Scream 3.


Rushmore
rushmore(1999) Je n’ai pas vu le premier film de Wes Anderson, Bottle Rocket, aussi Rushmore est mon premier film du metteur en scène. Je l’ai découvert au cinéma suite à une critique enthousiaste de Première et la présence de Bill « Un jour sans fin » Murray. J’ai aimé Rushmore dès les premières secondes. A peu près tout est bouleversant : les personnages, le propos (un triangle amoureux avec un ado et un homme dans la force de l’âge), l’atmosphère comme en apesanteur, la division en chapitre, l’humour étrange, mélancolique, la musique… Comme Gattaca, j’ai beaucoup de mal à exprimer mon émerveillement systématique, je suis emporté par les images, devant ce film qui se prolongera à l’identique, voire plus, dans les trois films suivants de l’auteur : La famille Tenembaum, La vie aquatique et The Darjeeling Limited. Je voulais vraiment écrire quelque chose pour ce dernier film mais je n’y suis pas parvenu. Les films de Wes Anderson sont comme un état d’esprit, très particuliers et qu’on peut en plus apprécier pour diverses raisons. Les films m’ont aussi révélé tout le talent d’un acteur/scénariste : Owen Wilson.


Charlie et ses drôles de dames
drolesdedames(2000) Je rentre dans une salle de cinéma avec quelques amis, vaguement fatigué pour voir ce film. Je ressors en pleine forme, grisé, excité, prêt à faire la fête (ce que je fis il me semble). J’ai écrit ça comme critique à l’époque :
« Ce film, c’est 1h40 d’action totale. On commence par une séquence hallucinante de parachutisme. Suit un tas de scènes de fight réussies et qui prouve que l’inspiration Matrixienne peut etre bénéfique. On a une Cameron Diaz totalement au service de son personnage. Elle est admirable. Bill Murray (« le plus grand » d’apres les cahiers du cinema et je leur donne raison) fait rire à chacune de ses apparitions. L’équipe du film étant prête à tout pour une bonn scène on ne s’ennuie pas une seconde. Tout est réussi(à part le scénario mais on s’en fout complètement). Pur produit hollywoodien dans ce qu’il a de meilleur, Drôle de dames est le divertissement absolu.
Update 2004 : on pourrait me croire un peu trop enthousiaste mais même avec le recul et plusieurs visions sur le petit écran, le spectacle demeure toujours sidérant »

Charlie et ses drôles de dames est allé au-delà du plaisir coupable. J’ai conscience que le film n’est pas exactement un chef d’œuvre mais quand je le revois, je ne parviens pas à jeter la moindre scène. Et puis quand même : Cameron Diaz, Lucy Liu, Drew Barrymore, Bill Murray, Sam Rockwell, Crispin Glover, Joey Tribianni, Luke Wilson… Il y a une forme d’insouciance, un côté débridé et ludique, une inconséquence dont peu de films disposent, pas même sa suite (amusante quand même). C’est peut-être quelque chose qu’on pouvait faire avant le 11 septembre et qu’on ne peut encore refaire maintenant. C’est un peu grandiloquent mais je le crois.


Magnolia
magnolia(2000) Il y avait d’abord Boogie Nights, merveilleux film sur l’univers du porno à la fin des années 70 à travers le destin d’un acteur gâté par la nature (A ce jour, c’est toujours le meilleure rôle de Mark Wahlberg) comme le montre l’étonnant plan final. Partant d’une toile de fond quand même scabreuse et d’histoires pathétiques, Paul Thomas Anderson parvint à nous transmettre tout son amour pour les personnages faisant de Boogie Nights un film parfois tendre et touchant (et donc pathétique), un beau film. J’attendais Magnolia avec enthousiasme et il dépassa toutes mes espérances, pourtant grandes. Comme souvent dans les films que j’affectionne particulièrement, je me suis laissé emporter dès le pré-générique, des histoires de coïncidences, et le générique lui-même, fantastique. Dès lors, Magnolia est indissociable de la chanson interprétée par Aimee Mann : One. La suite est une fresque passionnante mêlant des histoires de retrouvailles et de rédemptions, des quêtes pathétiques, de la romance et une pluie de grenouilles inattendues où Anderson privilégie les mouvements amples (à la steadycam je pense). Le bonheur sur grand écran.
Par la suite, Paul Thomas Anderson sortit Punch Drunk Love, pour moi son plus beau film car il me toucha personnellement, ce genre de film dont on a l’impression qu’ils ont été fait uniquement pour vous, et enfin un authentique chef d’œuvre, un futur classique : There will be blood. On peut dire que Wes Anderson et Paul Thomas Anderson sont mes réalisateurs actuels contemporains préférés. Ils ne m’ont toujours pas déçu.


Les Evadés
lesevades(2000) Je me souviens encore des affiches à Nantes quand j’étais étudiant. Mais je n’ai pas vu les Evadés au cinéma. J’ai du attendre 2000. J’avais un enregistrement de M6 du film qu’Imdb mettait, et met toujours, avec aplomb dans les premières places (et en tête actuellement) de son top 250. Il était autour de minuit et je n’étais pas spécialement fatigué. J’avais prévu une vision en plusieurs fois. Je l’ai regardé en entier dans le noir les yeux à 30 cm de l’écran (30 cm aussi). Le début est très bon, la chute de l’avocat (Tim Robbin) puis son incarcération et sa rencontre avec Ellis (Morgan Freeman) et ses comparses étaient excellentes. Le déclic, ou ce que j’appelle donc l’état d’émerveillement, est intervenu sur la scène de réfection de toit d’un immeuble où Andy échange des conseils financiers contre de la bière. Le regard apaisé de Tim Robbin seul dans son coin m’a bouleversé. A tel point que j’ai oublié le titre français pour me faire surprendre par les derniers instants avec la somptueuse narration d’Ellis. De manière un peu moins flamboyante mais honorable, Frank Darabont récidiva avec La Ligne Verte. Mais Les Evadés demeure le feel good movie ultime. Il n’a pas volé sa place ni dans le top ni dans mon cœur.


Monstres et compagnie
monstresandco(2001) De tous les Pixar, Monstres et compagnie demeure mon préféré. Bien que cela soit plus lié à un impact émotionnel qu’une démonstration purement qualitative, je peux l’expliquer par deux raisons majeures. La première est l’action particulièrement à la fin du film : pour pénétrer dans les chambres des enfants, les monstres passent par des portes que nous voyons entrer et sortir dans un immense hangar et mise à disposition des monstres. L’idée en elle-même est géniale mais son exploitation l’est encore plus puisque le récit nous plonge dans une course poursuite dans le hangar de stockage des portes : débute alors une des meilleures séquence d’action que j’ai jamais vue entre les chambres d’enfant. Du pur génie, original et haletant qu’on retrouve aussi dans le dernier acte de Ratatouille. C’est évidemment mieux au cinéma (je l’ai vu deux fois). La seconde raison est la plus importante. C’est l’apparition de Boo. Elle m’a vraiment fait craquer. Son design, sa voix, le thème musical magnifique autour d’elle, son amitié avec Sullivan… une sorte d’osmose jusqu’à l’ultime et exceptionnel plan de Sullivan de réouverture de la porte qui me fait fondre…


Pour un garçon
pourungarcon(2002) J’ai cité assez peu de comédies romantiques, genre pourtant que j’adore, J’aime les comédies romantiques, surtout celles avec Hugh Grant. Je rends hommage à ce grand acteur (ici aussi) et à son meilleur film : Pour un garçon. Comme conforté par sa capacité à jouer une superbe enflure par Woody Allen dans Escroc mais pas trop, il joue ici le célibataire égoïste et oisif confronté à un jeune garçon envahissant, mélange étrange de naïveté et de lucidité. Le résultat est grandiose, une amitié profonde (marquée par la fête de fin d’année), un humour génial et des bons sentiments derrière des thèmes sérieux (la dépression) traités intelligemment. Avec une coupe de cheveux inédite, Hugh Grant peaufine son style fait d’auto-dérision et de vague à l’âme. Très touchant et hilarant. Tout ça par les frères Weitz après notamment American Pie. Inattendu mais réjouissant. J’ai failli dire que c’était un grand film. En tout cas, je suis sur de revoir toujours avec plaisir Pour un garçon pendant des années. C’est un peu une définition d’un classique…



Introduction
L’enfance (jusqu’à 1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’étudiant partie 1 (1995-1999)
L’étudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

Par Pascal
1 commentaire16 mai 2009
Catégories : Cinéma

1 Commentaire Add your own

  • 1. Jb  |  mai 16th, 2009 at 7:54

    Par ailleurs, la B.O. est très bonne dans Pour un garçon.

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