Les films de ma vie – L’enfance (jusqu’à 1990)


Le retour du Jedi
retourdujedi(1983) Ai-je vu Le Retour du Jedi au cinéma ? Est-ce mon premier film vu dans une salle obscure ? J’aime à penser que oui, que Le Retour du Jedi est mon premier souvenir de cinéma. Et je pense surtout avoir dissocié mes souvenirs d’enfants de ceux de maintenant, ayant vu plusieurs fois Le Retour du Jedi. Ces souvenirs sont révélateurs : R2D2 et CP30 dans le désert allant rendre visite à Jabba le forrestier, le duel final au sabre laser et les éclairs terrifiant de l’empereur et peut-être un peu les Ewoks. Je me pose souvent cette question : est-ce qu’un enfant, disons jusqu’à 12 ans, peut regretter l’apparition des Ewoks dans Le Retour du Jedi ou celle de Jar Jar Binks dans la Menace Fantôme ? Je ne crois pas. 
Je me suis toujours demandé à quel point j’apprécierais Star Wars en le voyant pour la première fois passé 20 ans. Ces films ont une plus grande force (héhé) quand on les voit enfant. La majorité de ceux qui ont grandi avec Star Wars préfèrent la première trilogie, chronologiquement parlant, à la seconde et beaucoup pourront le prouver de manière objective mais ce n’est vraiment pas la même chose de voir une Å“uvre lorsqu’on est adulte. Il nous restera à demander à nos enfants quel est leur préférence.


Un cadavre au dessert
uncadavreaudessert(années 80) Celui-ci est un véritable film familial. Il devait être parmi nos premières VHS dès lors que nous pouvions enregistrer les films à la télé. Cette histoire de meurtre pour rire est une vraie fantaisie, très parodique mais je ne le découvris que bien plus tard. C’est la distribution qui nous plaisait beaucoup particulièrement David Niven que nous aimions particulièrement pour Le Cerveau ainsi que Peter Falk car on aimait bien Columbo. Ce n’est encore que bien plus tard que je fis le rapprochement entre Alec Guiness et Obiwan, notons que celui-ci pendant le tournage lisait le script de Star Wars, et que je découvris l’immense Peter Sellers. Je ne parle même pas de Maggie Smith (McGonagall dans Harry Potter), James Crowell ou Truman Capote. Je ne me rendis compte de la présence de ce dernier dans le film lors de la sortie du film Capote. Un vrai vivier de talents. 
Quoiqu’il en soit, le ton élégant et ludique du film plaisait à tous mes frères et sÅ“urs si bien que ma sÅ“ur ainée s’était mise en tête de le retourner avec nous et des amis. Elle écrivit ainsi les dialogues sur sa Rollyprint et plusieurs éléments de décors furent construits. J’aurais du jouer le majordome aveugle (le rôle d’Alec Guiness). 


Cours après moi shérif 
coursapresmoi(années 80) Je dirais que j’ai du le voir une vingtaine de fois dans les années 80. Je le connais presque par coeur. J’ai revu très récemment cette course poursuite pour le fun, immense succès au box office US, avec Burt Reynolds qui « roule sa bosse » avec sa transamerica noire : transporter 400 cartons de bière de contrebande depuis Texarcana, Texas jusqu’à Atlanta en 28 heures, le tout pour 80 000$. Un beau programme : des voitures, des camions, des flics et quelques filles. Au demeurant, le film est (toujours) drôle particulièrement la première partie, Jacky Gleason est hilarant et Sally Field est angélique. Ma cousine espagnole appelait ce film, le « film avec des gros mots ». Le langage n’est pas très chatié effectivement. En grandissant, je comprenais peu à peu les nombreuses allusions sexuelles ou racistes. Un film pédagogique en quelque sorte…


Le Cerveau 
lecerveau(années 80) C’est un fait : quand je pense à Eli Wallach et David Niven (vu aussi dans Un cadavre au dessert), je pense d’abord à cette comédie avec également Bourvil et Jean Paul Belmondo soit une distribution fort hétéroclite. Gérard Oury est dans sa période où il signe ses meilleurs films, généralement avec Louis de Funès mais pas ici. Au cours de mes dizaines de vision, j’ai appris à aimer à peu près tous les instants du métrage. Tous les gags fonctionnent et sont hilarants, souvent improbables (l’explosion de l’aquarium et surtout la bataille à coup de fusées d’artifice) avec des dialogues géniaux. Le film parodie la mafia, les casses estampillés « du siècle » et les grandes évasions. Une de ces comédies française d’exception qui fait de l’ombre à toutes celles des années 2000.
Souvenir peu glorieux : à peu près toute ma famille se moquait, et se moque encore, de moi car je chantais le générique d’introduction, en anglais (« The Brain« ), dans une langue personnelle faites de sonorités que j’avais l’impression d’entendre. Difficile à expliquer. Mais je me souviens encore de la manière dont je la chantais.


Ne nous fâchons pas / Le Monocle rit jaune / Laisse aller c’est une valse 

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(années 80) Trois films de Georges Lautner ont définitivement bercé mes jeunes années. J’ai toujours l’impression que Ne nous fâchons pas est resté dans l’ombre des Tontons Flingueurs. Sans mésestimer ce dernier que j’adore, je crois que je préfère ce film, question de nostalgie peut-être. Je le trouve aussi plus inventif et plus délirant avec des répliques cultes qui alimentent régulièrement les conversations en famille, comme beaucoup des films que je cite. On y trouve aussi un réjouissant penchant anti-anglais que l’on retrouve également, l’espace d’une sentence de Paul Meurisse, dans Le Monocle rit jaune : »Sachez mon cher qu’il est toujours bon d’être en guerre contre les anglais » (de mémoire). Tourné après les Tontons Flingueurs, où Paul Meurisse fait un caméo, Le Monocle rit jaune clôt en fanfare les aventures du commandant Théobald Dromard dit « Le Monocle ». Pas forcément très connue, cette comédie d’espionnage est délicieusement invraisemblable et mérite d’être découverte rien que pour voir Le Monocle abattre deux hommes d’une seule balle et s’écrier : »Oh ! Un doublé ! ». Dernier film, Laisse aller c’est une valse nous fait définitivement rentrer dans les années 70 avec l’aide de Bertrand Blier au scénario et Jean Yanne le bougon en tête d’affiche. Comme toujours le casting est parfait et fait naître des très grands moments de comédie dont une fusillade folle dans une station service avec des chasseurs. J’envie mon frère d’avoir vu récemment au cinéma ce film en présence du réalisateur.


Le Père Noël est une ordure / les Bronzés / les Bronzés font du ski

leperenoelestuneordure lesbronzes lesbronzesfontduski


(années 80) Plus que tous les films que je viens de citer, il n’y a pas vraiment lieu de présenter ces comédies archi-connues (trop connues ?). C’est marrant mais quand j’avais l’occasion, assez rare et sans exaltation, de parler de ces films à l’école, jusqu’au lycée, j’avais l’impression que personne n’avais vraiment vu ces films. Ce n’est qu’en arrivant qu’ »Ã  la ville » pour mes études que je découvris que j’étais loin d’être le seul à adorer ces comédies du Splendid. Particulièrement dans les deux premiers on ressent de manière palpable une profondeur dans la mesquinerie, l’hypocrisie qui fait froid dans le dos tout en faisant hurler de rire. Qu’on se le dise, ce sont ces films qui sont les vrais comédies familiales dont les dialogues imprègnent nos conversations et contribuent à la constitution de son cocon. A ce que je peux constater dans mon entourage, Il est de bon goût de préférer la pièce le Père Noël est une ordure (que ce même entourage a seulement vu à la télé). Je préfère le film, aboutissement ultime de multiples représentations.


L’aventure c’est l’aventure
laventure(années 80) L’aventure c’est l’aventure est sans doute le film de Claude Lelouch que je préfère (je suis loin de les avoir tous vu ceci dit). Soit une bande de potes formant un gang atypique mais dont chacun des membres est motivé par le même but : le fric. Il en résulte un film sur la politique terriblement comique. Là encore, les scènes cultes se succèdent sans temps mort avec cinq acteurs au sommet : Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Denner, Charles Gérard et Aldo Maccionne (qui est vraiment bon : »Mais ne discoute pas avec le communisme »). Avec le recul, c’est peut-être curieux que de tels films soient vus et appréciés par un gamin. Chez moi, le second degré s’est aiguisé assez jeune fortement influencé par un grand frère et une grande soeur. Le film a sans doute un peu vieilli mais il est toujours aussi drôle.
Et nous sommes toujours en cinquième république.


Le grand blond avec une chaussure noire
legrandblond(années 80) Sorti la même année que L’aventure c’est l’aventure, Le grand blond avec une chaussure noire est selon moi le meilleur film de Pierre Richard et un des joyaux de la comédie française. Yves Robert tourne avec le plus grand sérieux toute la partie espionnage du film comme s’il se trouvait dans un film politique américain de la même époque (le film date de 1972). Bernard Blier (avec sa réplique culte « Ce sont ses yeux qui le trahissent »), Paul Le Person et Jean Rochefort jouent le jeu avec conviction. Le réalisateur introduit alors Pierre Richard, bien accompagné par Jean Carmet, qui fait imploser tout ce monde et il fait de Mireille Darc un délicat lien entre ces deux mondes, aussi absurde l’un que l’autre au fond. Bon je ne pensais pas à tout ça gamin, le film me faisait vraiment rire. J’adorais l’installation des micros dans l’appartement et l’écoute permanente , le concert tournant en eau de boudin, le bruit des pistolets silencieux et l’inoubliable musique de Vladimir Cosma. Ecriture, tempo comique, mise en scène, acteurs, musique… tout est réussi. Farpaitement. Evidemment, la suite ne parviendra pas au niveau de ce film.

Quel générique :


Brazil
brazil(1987) Nous étions en vadrouille chez mon cousin parisien, 16 ans, avec mon frère et maître à penser de 13 ans (Je ne suis pas spécialement intelligent mais j’aurais été moins que rien sans lui). J’avais à peine 10 ans. Mon cousin nous fit monter dans la salle télé et nous parla d’un film qu’il avait loué et qui était super. Il le mit dans son magnétoscope. Ai-je vu ce film en entier à ce moment ? Je n’en suis pas si sur. Mais il est certain qu’un choc se produisit, particulièrement sur mon frère qui adora l’atmosphère, l’absurdité du propos, le ton de Terry Gilliam. Nourri par ce film depuis un assez jeune âge, Brazil demeure pour moi un film somme, peut-être le mètre étalon de tout ce que je peux aimer au cinéma : l’humour absurde, l’absurdité tout court, les décors énormes, l’Å“uvre décrivant tout un monde proche du notre en plus désenchanté, l’aspiration au rêve, à la liberté, l’onirisme, l’amour, la musique imprègnant les images, les travellings, la vision d’un homme… un monument qui sera prolongé de plusieurs autres grands films dont le prodigieux L’Armée des douze singes.


Mad Max 3
madmax3(1988) C’était en classe verte aux Carroz d’Arâches. J’avais 10 ans. J’appris là-bas la réélection de Mitterand. Entre une marche champêtre et un cours de danse folklorique, un de nos moniteurs proposa de regarder un film parmi deux possibilités. Ce fut Mad Max 3 ou et un autre. Le vote des élèves alla très largement en faveur de Mad Max, peut-être guidé par le fait que ce n’était pas spécialement pour les enfants de notre âge. Je préférais l’autre, que je crois que j’avais déjà vu. Je ne me souviens pas du tout du titre. Ce fut donc mon premier Mad Max que nous, la classe de CM2, regardions il me semble fort sagement, captivés peut-être. Le film n’est pas très bon et je ne l’ai jamais revu mais j’ai toujours en mémoire quelques moments du film dont cette fameuse loterie des châtiments. Il y avait aussi une Tina Turner plutôt mémorable (si, si). A la fin, à l’issue d’une grosse bataille de bolides (on adorait faire des bolides type Mad Max en lego avec mon cousin et mon frère) et d’une échappatoire vers une sorte de monde meilleur, un vilain était totalement broyé dans des décombres. Seul sa main dépassait ce qui lui permit de pointer son majeur. Il n’en fallait pas plus pour provoquer la joie des élèves. Je me souviens encore jouer les critiques de pacotille commentant le bon jeu de Turner tout en trouvant Max plutôt fade. En même temps, je n’ai aucun souvenir de Mel Gibson dans ce film !
J’ai depuis vu les deux premiers films et je n’ai pas vraiment accroché. Enervant car j’ai l’impression d’être passé à côté de quelque chose.


Trois fois Indiana Jones 3
indy3(1989) Les quelques lecteurs connaissent ma passion pour Indiana Jones même ses dernières aventures. Je ne pouvais pas ne pas le citer ici surtout qu’il me permit de découvrir la grande salle du Kinopanorama et pour lequel je fus un client régulier jusqu’à sa fermeture. C’est une salle de fitness maintenant. Je trouve cela très tragique. Je crois que ce fut aussi mon premier film en VO. La semaine qui suit, je l’ai vu deux fois de suite au cinéma à Montparnasse. C’est mon Indy préféré.



Introduction
L’enfance (jusqu’à 1990)
L’adolescence (1990-1995)
L’étudiant partie 1 (1995-1999)
L’étudiant partie 2 (1999-2002)
Conclusion (2009)

 Par Pascal     4 commentaires3 mai 2009    Catégories: Articles Cinéma

4 Commentaires Add your own

  • 1. Jb  |  mai 9th, 2009 at 1:11

    Je pense particulièrement aux Goonies, à Génial mes parents divorcent !, et à L’Ours de JJ Annaud (nous étions trois dans la salle, ma mère ma soeur et moi). Et StarWars bien sûr, bien que découvert sur petit écran en VHS.

  • 2. Pascal  |  mai 9th, 2009 at 2:04

    Vu effectivement pas mal Les Goonies et des films du même genre en plus fantastique comme Gremlins, Les banlieusards, Retour vers le futur… etc.

    Je suis passé complètement à côté de Génial mes parents divorcent. Sur le divorce, on pourra préférer la Guerre des Roses :)

  • 3. Anneflore  |  octobre 7th, 2009 at 5:21

    >Un cadavre au dessert : J’aurais du jouer le majordome aveugle
    Et moi j’aurais dû jouer la bonne sourde et muette ! finalement le plus grand rôle du film…

    >Le cerveau
    Moi aussi je me souviens très bien de ta chanson approximative, d’ailleurs je la chante parfois à Arthur, parce que c’est rigolo.

    >Indy
    Tu te rappelles ce jeu vidéo auquel on a joué avec Indy qui courait sur le train dans la présentation ?

    Tous les films que tu décris dans cette période sont à mon avis nos « films familiaux », ceux que l’on avait en VHS, ceux dont on récitait les dialogues, ceux que j’ai toujours connus étant petite et que j’ai vraiment redécouverts plus tard avec mes yeux d’adulte. Ceux que j’aurai du plaisir à montrer à mes enfants (en espérant qu’ils ne me prendront pas pour une ringarde).

    Bisoux frérot

  • 4. Pascal  |  octobre 10th, 2009 at 11:00

    C’est sur que nos références enfantines sont largement communes :) Même avec des yeux d’adulte, la plupart des films sont authentiquement bons (je crois que X. avait émis quelques réserves sur Cours Après moi…)

    Je me souviens d’Indy 3, c’était super dur. Je l’avais fini avec une solution imprimée par un pote du lycée (qui m’avait aussi filé les mots de passe).

    BisouX

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