L’Enquête, The International
Vu le 23/3/2009 Ã l’UGC George V salle 4 en VO
L’enquête, The International a bien fait de conserver son titre américain car cette enquête est très internationale : Angleterre, Usa, France, Turquie, Italie… nous voyageons beaucoup dans le film du réalisateur Tom Tykwner dans des décors souvent excellents (mention au bâtiment au pied d’une falaise et au bord de la mer). Basé sur des faits réels, nous suivons donc Louis Salinger (Clive Owen) aux quatre coins du monde, partir à la chasse d’une banque soupçonnée de blanchiment d’argent et de trafics d’armes. En cette période de crise, ce sujet tombe presque à pic pour nous rappeler une nouvelle fois du danger et du pouvoir des banques et des banquiers sans scrupule. Et la barque est vraiment chargée, la banque IBBC est quasi-assimilée à une bande organisée où les cadavres qu’elle laisse derrière elle se comptent par dizaines.
L’optique du réalisateur est, comme souvent actuellement, de revenir à une thématique politique/magouille typiquement seventies, très sérieuse (mais non exempte de quelques scènes humoristiques) et touffue. L’ensemble se tient mais tout juste puisque toute cette histoire de trafic d’arme et de real politik n’est pas toujours traitée de manière passionnante. La réalisation peine aussi à imposer vraiment un style personnel alors que le metteur en scène a par le passé montré qu’il en avait un. C’est une bonne chose de se mettre au service de l’histoire mais on aurait pu espérer qu’il se l’approprie complètement. L’amateur de thriller ne doit pas bouder son plaisir surtout que Clive Owen porte le film jouant avec conviction l’épuisement et l’accablement jusqu’aux toits d’Istanbul, revolver à la main (avec une excellente chute).
Le clou annoncé du film est bien la fusillade dans le musée Guggenheim qui sort le film du thriller tout venant. Elle n’est pas survendue : la séquence, longue et tendue, est vraiment très spectaculaire jouant avec bonheur sur l’architecture de ce lieu unique tout en s’amusant avec l’exposition où l’oeuvre centrale devient le déclencheur de toute la séquence mais également une arme ! Qu’importe toutes les invraisemblances « classiques » (la police arrive au bout de 10 vraies minutes), le professionnalisme et l’inventivité de cette fusillade n’a d’égal que le plaisir qu’elle semble avoir donné à réaliser.
Au final, même en étant laborieux, pas vraiment inoubliable (sauf la fusillade), L’enquête, par son savoir-faire et ses acteurs, vaut plus qu’un Secret Défense.
Par Pascal Commenter29 mars 2009 Catégories: Articles Cinéma

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