Le Prestige

Vu le 27/11/2006 à l’UGC George V Salle 7 en VO

Every great magic trick consists of three acts. The first act is called « The Pledge »; The magician shows you something ordinary, but of course… it probably isn’t. The second act is called « The Turn »; The magician makes his ordinary some thing do something extraordinary. Now if you’re looking for the secret… you won’t find it, that’s why there’s a third act called, « The Prestige »; this is the part with the twists and turns, where lives hang in the balance, and you see something shocking you’ve never seen before.

C’est ainsi que Cutter (Michaël Caine, toujours parfait) annonce le déroulement d’un tour de magie et nous montre un tour autour d’une cage d’oiseau qui disparaît dont l’explication, qui viendra par la suite, est technique et très terre à terre.
L’époque est décisive. Dans Le Prestige, Christopher Nolan filme superbement un siècle, le 19è, où la magie ainsi que la science et la technique connaissent un formidable essor. Et il nous montre les liens forts entre magie et science où les expérimentations scientifiques échappent parfois à l’entendement et où les magiciens utilisent l’ingénierie pour mettre au point leurs tours. Dans ces domaines alors très en vogues, le culte du secret règne et les rivalités franches où tous les coups sont permis, deviennent nombreuses aussi bien entre scientifiques (Edison et Tesla) qu’entre deux grands magiciens : Rupert Angier et Alfred Borden.

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Ces liens ne sont pas neutres, en nous révélant l’envers du décor, le réalisateur semble constamment sur le fil, entre une réalité triviale et la magie pure lorsqu’il refuse à nous comme à ses personnages de révéler tout de suite les secrets de certains tours. Son récit éclaté par journaux interposés et les multiples rebondissements tiennent de la manipulation. Certes, Christopher Nolan nous manipule et bien plus ouvertement que dans Memento. Mais il fait bien comme dans un (bon) spectacle de magie. Et ce film à rebondissements dispose d’un scénario solide où rien n’est laissé au hasard, où la mécanique est inéluctable et la résolution palpable avant qu’elle n’éclate comme ce fut le cas dans un film comme Sixième Sens.

Au coeur de cette histoire, le sacrifice, parfois littéral, des deux magiciens. Rupert Angier (Hugh Jackman, élégant et dur) transforme sa volonté de se venger de son rival, qu’il pense à l’origine de la mort de sa femme, en une obsession de tous les instants, jalousant tous ses succès. Borden est lui corps et âme soumis à son art, emportant avec lui ses proches. Dans ce rôle, Christian Bale est passionné et schizophrène, peut-être au sommet. Rien que pour lui et son personnage, Le Prestige mérite plusieurs visions.

Fiche IMDB

Par Pascal
4 commentaires2 décembre 2006
Catégories : Cinéma

4 Commentaires Add your own

  • 1. Le Blog Cinébourse &raqu&hellip  |  décembre 3rd, 2006 at 5:33

    [...] The Prestige +++ [...]

  • 2. Zilch  |  décembre 8th, 2006 at 2:02

    C’est certes un tres bon film, mais il m’a semblé que c’est aussi bien plus que ça.
    a travers le combat d’Angier et Broden, c’est 2 methodes qui s’affrontent, l’une traditionelle, un « truc », une astuce bien mis en valeur, et l’autre technique, moderne, et n’aillant pas le soucis ethique. on peut y voir une bataille entre le conservatisme et la modernité en quelque sorte, cette derniere etant sans scrupules.

    ce n’est pas un hasard si Angiers annonce que le 20eme siecle va etre effrayant, avant son dernier coup de theatre.

    j’ai beaucoup aimé ce film en tout cas.

  • 3. Aska  |  décembre 8th, 2006 at 12:08

    Effectivement. Je suis persuadé que c’est un film qui se reverra avec plaisir également pour mieux cerner le combat qui se déroule.

    La bataille que vous évoquez semble pertinente mais je me demande : au fond qui est dans quel camp? On peut penser au début qu’Angier est le « traditionnel » mais que cette tendance peu à peu s’inverse.

    Ca me rappelle que le film « From Hell » sur Jack l’eventreur évoquait également cette rentrée dans un XXè siècle effrayant.

  • 4. Zilch  |  décembre 17th, 2006 at 6:59

    Angier est celui qui fait constamment appel a la technique, penser a la cage a oiseau par exemple, puis la machine electrique ne Nikola Tesla, Broden lui reste un classique, un arnaqueur, il n’est pas tres sophistiqué et peu importe, puisque ça marche après tout. une ballen en caoutchouc, 2 portes, et voila.

    au final c’est lui qui reste le plus humain, et c’est peut etre ce qui le rend plus sympatique comme personnage. il manque de scrupule mais il ne place pas son succes au dessus de tout, tandis que Angiers est brisé par la tragedie du debut du film, puis determiné par sa haine et soif de vengeance.

    ensuite, les references au 20eme siecle, dans ce genre de scenario n’ont rien de surprenant, mais c’est le fait que l’adepte de la technique, guidé par la haine n’hesite pas a commentre des meutres multiples qui rend cette reference … palpable.

    je pense acheter le DVD quand il sort.

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