Le Livre d’Eli (2010) de Albert et Allen Hughes
Quelques mois après La Route un autre film post-apocalyptique dĂ©barque sur les Ă©crans : Le Livre d’Eli soit la longue marche d’Eli muĂ© par une volontĂ© de faire parvenir son seul livre, une Bible, Ă destination Ă travers un monde dĂ©vastĂ©.
Contrairement Ă La Route, il ne reste pas que deux balles dans le revolver d’Eli et il sait aussi se servir d’un couteau. Le meilleur du film sont ces scènes d’action qui sonnent toutes comme des règlements de compte, vifs et prenants. La fusillade autour de la maison (en aller-retours type travelling incessants ?!) est un très grand morceau de bravoure. Les frères Hughes empruntent au western, bien sur, mais aussi Ă divers genres de films d’arts martiaux avec un homme (Denzel Washington) se servant de tous ses sens pour exĂ©cuter des gestes prĂ©cis et fatals.
La toile de fond est ce monde apocalyptique oĂą règne la cruelle loi du plus fort. La scène oĂą Eli assiste Ă un viol en se suppliant de ne pas intervenir est douloureuse. Le Livre d’Eli alterne les bonnes idĂ©es (le traitement des cannibales et les mains qui tremblent, l’usage des lunettes de soleil et les aveugles) et des invraisemblances qui laissent perplexe Ă l’image de l’hĂ©roĂŻne (Mila Kulis, craquante dans Sans Sarah, rien ne va, un peu moins ici sauf dans sa petite robe) en pantalon slim sexy dans le chaos. On me rĂ©pondra Ă raison que si le monde explose demain, les magasins seront remplis principalement de ce type de fringues. Et il y a aussi ce curieux paradoxe de trouver des Ă©tendues verdoyantes abandonnĂ©es alors que le reste de l’humanitĂ© s’entassent au milieu du dĂ©sert. RadioactivitĂ© peut-ĂŞtre mais dans ce cas, je ne ferai pas coucher mes hĂ©ros dans une centrale nuclĂ©aire.
Cela ne gĂŞne tout de mĂŞme pas pour suivre la quĂŞte mystique d’Eli. L’affiche de A Boy and his dog (un homme et son chien communique par tĂ©lĂ©pathie dans un monde post-apocalyptique) dans une chambre sonne comme une note d’attention sur les capacitĂ©s hors norme du hĂ©ros, accentuĂ©e par une conclusion quelque peu inattendue (avec un Malcom McDowell assez grotesque) mais qui touchera ceux qui sont sensible en cette foi qui transporte les montagnes. Dans ce rĂ´le, Denzel Washington est exemplaire en tout point et iconique quand il recule dans la pĂ©nombre le couteau Ă la main. Gary Oldman retrouve quant Ă lui un rĂ´le de vrai mĂ©chant qui lui colla Ă la peau dans les annĂ©es 90. J’ai mĂŞme cru une bonne minute qu’on allait avoir une redite du Cinquième ElĂ©ment lorsqu’il ouvre une boĂ®te prĂ©cieuse. Pour les amateurs de la sĂ©rie Rome, on retrouve l’excellent Roy « Titus Pullo » Stevenson dans le rĂ´le du bras droit un peu sous-exploitĂ©.
Pour rĂ©sumer, Le Livre d’Eli est plus accessible et moins sordide que La Route. Plus fun, plus sexy (c’est pas Charlie et ses drĂ´les de dames non plus hein), moins dĂ©primant, moins contemplatif. Les deux films sont bons mais disons que celui-ci se reverra beaucoup plus facilement.
Par Pascal Commenter2 mars 2010 Catégories: Apocalypse Articles CinĂ©ma

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