Le Labyrinthe de Pan

Vu le 14/11/2006 à l’UGC Ciné Cité Triomphe salle 3 en VO

En 1944, en Espagne, Ofelia et sa mère veuve viennent s’installer auprès du franquiste capitaine Vidal dans une grande maison. Rapidement, Ofelia devra se confronter aux épreuves que lui propose le mystérieux Pan.

Avec une construction toute similaire à son beau film l’Echine du Diable, Le Labyrinthe de Pan raconte deux contes autour du personnage d’Ofelia. Le premier est ouvertement fantastique et raconte le parcours d’Ofelia pour redevenir une princesse tandis que le second nous narre la difficile vie de la jeune fille auprès de sa mère malade et de son beau père terrifiant.

Visuellement imaginatif et très travaillé, l’histoire de cette jeune fille en quête d’immortalité est curieusement le récit le plus complexe avec ce Faune très ambigu et des épreuves étranges et terrifiantes tant dans l’arbre du crapaud que dans la grotte du « Pale Man ».

pan et Ofelia

L’autre récit est donc finalement plus limpide et, à la manière d’un conte (pour adulte), oppose clairement le Bien et le Mal, les beaux résistants et les méchants soldats en uniforme. Del Toro convainc moins lorsqu’il revendique la portée politique de son film. Le manichéisme devient en effet franchement délicat quand il s’agit de l’Histoire où il n’est pas aisé d’évoquer la lutte contre le fascisme de manière aussi binaire surtout que les communistes en 1944 n’étaient pas nécessairement réputés pour leurs vertus démocratiques et leur soif de liberté.
Reste que l’histoire est formellement très aboutie. Et le Mal ici a belle figure : Sergi Lopez incarne un capitaine Vidal maître de lui, malsain et cruel. Il est dès lors difficile de ne pas frémir quand il se recoud lui-même le visage devant un miroir!

Sans les lier frontalement, le réalisateur tisse quelques liens entre les deux intrigues qui parlent un peu, beaucoup, de l’enfance et de la perte de l’innocence entre ces adultes qui ne croient plus aux contes de fée et à cette Ofelia qui se donnent de grandes responsabilités pour sauver sa mère et se sauver elle-même du monde des adultes Quelques pistes nous conduisent aussi vers une conclusion commune.
Le temps de cette conclusion véritablement magnifique dans le labyrinthe, le film de del Toro trouvera toute sa force poétique et visuelle jusqu’à cet étrange sourire déchirant, le sourire de bonheur de la petite Ofelia. Dans ces derniers moments, elle affronte son monstre dans une ultime épreuve, symbiose réussie des deux récits que nous a contés Guillermo del Toro.

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Fiche IMDB

Par Pascal
Commenter23 novembre 2006
Catégories : Cinéma

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