Andy (Anne Hathaway) obtient un boulot d’assistante auprès de Miranda Priestly (Meryl Streep) , la rédactrice d’un grand magazine de mode. Cette dernière se révélera aussi épouvantable qu’exigeante.
C’est donc l’histoire classique de la bonne fille qui se retrouve dans un environnement, généralement superficiel et/ou à mauvaise réputation, qui ne lui sied pas mais qui y prend peu à peu goût au point d’en devenir une des plus fières représentantes. Heureusement à la fin, elle se rendra compte que cette vie n’est pas faite pour elle et retournera dans son ancienne vie. La morale est sauve et tout le monde est content. Le Diable S’Habille En Prada ne révolutionne pas vraiment cette trame.
Il y a pourtant cette excellente scène parisienne vers la fin. Dans une voiture, Miranda affirme à Andy qu’elle lui ressemble et lui explique pourquoi dans un monologue aussi convaincant que troublant. Pour un peu, on croirait, on espérerait, que le film bascule. Il en aurait fallu peu : un regard à la sortie de la voiture et sans doute une voix off comme dans des films tels Lord Of War ou le bon Thank You For Smoking. C’est important la voix off dans ces films parce qu’on sent toujours le besoin de voir les héros qui n’ont pas une moralité consensuelle s’expliquer.
Ce n’est bien entendu pas ce qui arrive, le film se prolonge de quelques minutes (pas si nulles en fait) afin que notre héroïne retrouve donc son ancienne vie et ses anciennes envies. Ce n’est pas tellement plus moral cela dit puisqu’entre temps elle aura trompé son mec avec un bellâtre (elle était bien entendu bourrée) mais comme dit Ross dans Friends : « We were on a break ».
Mais au-moins cette scène ambiguë aura sensiblement réhaussé un film simplement divertissant reposant sur le grand talent de Meryl Streep qui joue avec sobriété une femme imposant sa présence sans jamais hausser le ton. L’humour est à l’avenant : le film amuse mais ne fait pas rire à pleine dent. David Frankel, réalisateur de plusieurs épisodes de Sex And The City, suit ce mouvement de sobriété et n’agace jamais. Joker de taille, la présence de Stanley Tucci (qui était excellent dans le moyen Fusion - The Core) en rédacteur pince sans rire et mentor malgré lui d’Andy à qui il dévoilera les méandres du métier à l’aide de piquantes répliques.


