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Le Candidat

Vu le 28/4/2006 à l’UGC Opéra salle 2

Candidat sur le tard, Michel Dedieu parvient au second tour des présidentielles et prépare le débat télévisé contre l’autre finaliste dans une grande maison. Le Candidat s’ouvre sur une grosse berline noire sur un chemin escarpé tandis que nous entendons une considération clé sur le jeu d’échecs par une voix-off, que nous n’entendrons plus par la suite. Cette séquence étrange et étirée est en fait issue d’une « rêverie » de l’acteur Niels Arestrup et réalisateur pour la première fois et qui lui donnera l’inspiration pour le film.

Pour ce premier essai, Niels Arestrup centre son histoire sur ce candidat critiqué, jugé inapte au poste de président. Il est entouré et soutenu plus ou moins de proches et de gardes du corps qui vont accentuer ses doutes sur ce qui semble presque être une mascarade.
La mise en scène sobre d’Arestrup coupe le film en deux parties. La première semble imposer la neutralité : le pays concerné par ces élections est imaginaire tout comme les événements à l’étranger et le propos est intemporel : des qualités pour cette partie sous forme de huis-clos, un huis-clos souvent oppressant et écrasant. Lorsqu’on sort du jeu de dupe et de la manipulation, les dialogues entre les personnages tendent vers la confrontation voire la domination/soumission avec l’apparition de Georges (Niels Arestrup, superbe), véritable chef officieux de toute la campagne. Il ressort également beaucoup d’ironie dans cette partie, une vision sans détour de l’élection, du choix du bon costume aux fiches à apprendre, et cette élection dévoile les nombreuses rivalités et tractations comme cette amusante séquence où Georges demande sans le demander un changement dans le débat présidentiel en menaçant sans menacer de ne pas vendre les droits de retransmission d’une finale de foot !

Le candidat et son chef

La deuxième partie est celle de l’affranchissement de la pesanteur de la situation appuyée par cette immense demeure, décors jusque là unique du film. Le film prend alors un peu plus d’air jusqu’au débat plus serré mais libérateur. Niels Arestrup mêle habilement le besoin de parler avec son coeur et la « real politic » sans vraiment les mettre en opposition, l’un pouvant servir l’autre. Le Candidat devient vraiment la partie d’échec annoncée autour de la morale politique et ravira les amateurs du genre.

Yvan Attal n’avait pas forcément la stature pour incarner un (futur ou ex-futur) président. Son choix est d’autant plus judicieux. Caché derrière ses lunettes, renfermé jusqu’à l’asphyxie, il incarne avec son style à lui le besoin universel de se libérer des contingences, de parvenir à la confiance et l’apaisement (ce qu’il fait simplement en enlevant ses chaussures trop serrés…). Il est un très bon candidat.

Fiche Comme au cinéma



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