La Vie d’Emile Zola (1937) de William Dieterle

Titre original : Life Of Emile Zola

La vie d’Emile Zola donc. Ou pas exactement. La trajectoire de la misère crasse au succès et la vie bourgeoise est expédiée et donne lieu à une jolie scène : celle de la séparation de Zola, devenu un parvenu, et de son compagnon dans la pauvreté, Paul Cezanne, acceptant son sort toujours pauvre comme une sorte de terreau obligatoire pour pouvoir créer. Et c’est alors que la fameuse affaire Dreyfus prend place pour laquelle Zola prend fait et cause, malgré de nombreuses réticences au début. Cette affaire est plus le sujet du film que la vie de Zola elle-même.

Et ce n’est qu’une vision assez partielle que nous avons de l’affaire puisque tout l’antisémitisme (et sa dénonciation par Zola) n’est pas évoquée ce qui réduit quelque peu la portée de l’émotion suscitée par le débat et l’ardeur des dreyfusards et anti-dreyfusards. Tout juste apercevons nous dans un papier d’identité que la religion de Lucien Dreyfus est la religion juive. Dommage, d’autant plus que le réalisateur William Dieterle prouvera par la suite qu’il sait filmer une foule dans ses délires dans Quasimodo et que l’époque, on est en pleine montée du nazisme, s’y prêtait. Dieterle (contraint et forcé par la production ?) s’attache plutôt à une dénonciation des mécanismes de l’armée dans une démonstration plutôt instructive et vivante.

Toute la partie sur le complot de l’armée se révèle passionnante là où on pouvait s’inquiéter d’avoir affaire à un terne film de procès. Le tribunal illustre d’ailleurs tout le caractère odieux et arbitraire d’officiers de l’armée. Dieterle tire aussi partie de l’ironie de la situation, l’armée s’enfonce dans ses mensonges et défend bec et ongles le vrai coupable qui l’espionnait (!), pour donner un peu d’humour à son film à travers quelques gags moqueurs (la transmission hiérarchique de la lettre d’où part toute l’affaire, l’interdiction des officiers-clé de témoigner). De même, il décrit à la fois avec pathos et ironie la triste condition de Lucien Dreyfus prisonnier sur l’île du Diable qui lit des lettres de sa femme dont tous les passages jugés douteux sont expurgés et qui voit sa cellule individuelle entourée peu à peu d’une palissade (pour ne plus voir la mer) et d’une quantité astronomique de gardiens !

Avec quelques bonnes images et un Max Steiner qui s’amuse quelque peu avec la Marseillaise comme il le fera quelques années plus tard dans Casablanca, La Vie d’Emile Zola se suit donc agréablement. Je ne suis cependant pas un fan de l’interprétation de Paul Muni dans le rôle titre. S’il est bon dans ses longs monologues qui parsèment le film et qui lui valurent sans doute la nomination à l’oscar, son style demeure un peu trop cérémonieux, daté sans doute.

Par Pascal
1 commentaire24 octobre 2010
Catégories : Articles, Biopic, Cinéma

1 Commentaire Add your own

  • 1. grau  |  janvier 20th, 2011 at 8:44

    un film a te retourner le sang de rage un homme est rentre dans la bou , sauber un aoutre ; genial non ? au fait ces qui me plait dans cet film ce la verite de l histoire. isabel grau.

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