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La Tête de maman

Vu le 28/3/2007 à l’UGC Maillot salle 1

Qu’y a t’il dans la tête de maman ? C’est la question que se pose sa fille garçon manquée Lulu et qu’elle pose au spectateur. Car La Tête de maman se déroule dans la tête de Lulu, forcée de supporter une mère dépressive et ses problèmes intestinaux. Et surtout, cette maman, Juliette (Karin Viard, encore juste, une sorte de Jodie Foster), semble avoir perdu tout instinct maternel livrant à elle-même sa fille qui le rend bien, et parfois physiquement, à son entourage.

Pour son premier film, Carine Tardieu a mis beaucoup de sa vie dans cette histoire mère/fille tout en la racontant avec du recul et la voix franche de Lulu. Un peu comme dans la jolie série Les Années coup de coeur (pour tout dire, je me souviens encore avec émotion du dernier épisode), cette voix-off donne un contrepoint intéressant à cette adolescente immature, bagarreuse et romantique.

Carine Tardieu nous invite aussi tendrement, et avec pas mal d’humour, dans le monde intérieur de Lulu peuplée de morts abominables et d’une mère de substitution qui se trouve être son idole : Jane Birkin (très… Jane Birkin, ça tombe bien). Ces fantasmes sont les meilleurs du film et la réalisatrice trouve un équilibre merveilleux entre réalité et rêve à travers ses deux personnages masculins avec en premier Antoine (inattendu et touchant Pascal Elbé), mari aimant mais brisé, précipité malgré lui dans le mensonge de sa vie qu’il peine à reconnaître dans la difficile scène avec sa fille autour d’une bière. Puis il y a le mystérieux Jacques (Kad Merad, idéal), amour de jeunesse de Juliette. Leur passion jamais éteinte donne lieu à des retrouvailles lunaires et décalées. Et au coeur de celles-ci, une fille découvre sa mère en tant que femme tandis que le spectateur découvre une actrice, Chloé Coulloud, aux multiples facettes dans un seul film.

Il y a quelques artifices plus lourds dans la mise en scène, particulièrement la dernière séquence, et alors que le film est transfiguré par les retrouvailles de Juliette avec son passé heureux, l’histoire de Lulu apparaît comme un simple fil conducteur. Mais malgré ces réserves, Carine Tardieu signe un jolie premier film dont le propos, vraiment casse-gueule dans sa dernière partie, n’est jamais vraiment larmoyant et toujours sincère.

kad&karin

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