La Route (2009) de John Hillcoat
La Route est l’adaptation d’un best seller que je n’ai pas lu. Ma principale motivation est mon intérêt pour les films tournant autour d’une apocalypse, d’un monde en perdition. Et on peut dire que nous sommes plutôt bien servis en ce moment. Ca doit être le côté réchauffement climatique / fin du monde qui rend les gens fort pessimistes. La Route se déroule dix ans après cette apocalypse, dont on ne saura rien, dans un monde où plus rien ne peut pousser, où toute vie a disparu si ce n’est quelques humains hagard. Nous suivons le parcours d’un homme et son fils en route vers le sud.
Si on peut encore rire quelques mois après la fin du monde et se servir à bouffer au moindre drug-store comme dans l’excellent Zombieland, au bout de dix ans il ne reste rien et le metteur en scène John Hillcoat ne nous épargne pas grand chose sur la survie des humains. La dévastation me fait rarement rire (2012 est à ce titre profondément cynique, limite nauséabond sous couvert d’effets spéciaux « réussis » ce que je ne trouve d’ailleurs pas) et La Route est sans doute une des évocations les plus noires que j’ai vues sur ce thème. Les visions sombres se succèdent et la découverte abominable dans la cave d’une maison par l’enfant et son père devrait me hanter un bon moment. La Route raconte la perte de l’humanité (pas de nom, un passé de plus en plus diffus) et de tout véritable instinct de survie de celle-ci (symbolisée, lourdement ai-je entendu, notamment par cette meute d’hommes poursuivant une femme et son enfant pour, sans doute, les manger) au profit d’une mêlée générale pour ramasser les miettes. Dans cette lutte constante (vaine ?) pour s’élever, les acteurs Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee sont formidables, le père toujours prêt au pire, le fils s’accrochant à tout prix à son âme enfantine et généreuse.
Il n’est pas adapté selon moi de terminer ce genre de film par un final totalement positif (par exemple, celle de Postman, excellent film au demeurant, me paraît assez faible) ou totalement désespérant. John Hillcoat trouve un juste milieu très touchant et un beau visage d’enfant. Ma femme a détesté ce film. Sure que ce n’est jamais drôle. La Route mérite pourtant un visionnage, le cœur certes bien accroché.


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