La fin de l’été
La rentrée, l’automne reviennent. Généralement, les films qui sortent à cette période sont meilleurs que ceux sortis en été. Revenons de suite sur quelques-uns des films que j’ai pu voir.
Hot Fuzz
Vu le 24/7/2007 à l’UGC Odéon salle 2 en VO
Le superflic Nicholas Angel (quel nom!) est muté dans un petit village de province, loin de la frénésie londonnienne où son zèle exemplaire finissait par taper sur les nerfs de ses collègues et supérieurs moins bons. Heureusement pour le spectateur, la charmante bourgade n’est peut-être pas si tranquille.
Après l’hilarant et fantastique Shaun of the dead, Edgar Wright et Simon Pegg, qui co-signe le scénario, s’attaquent pour notre plus grand bonheur au film d’action. La réussite est totale. Hot Fuzz est hilarant que ce soit dans l’humour anglais que dans le plus pur potache ou l’histoire abracadabrante. C’est également un film assez attachant par sa description plutôt bien vue de l’amitié naissante entre les flics Nicholas et Danny. Et enfin, côté action, Hot Fuzz nous offre tout simplement une des plus grandes fusillades jamais vue à la fois bourrine, gore, drôle et tendue au bon moment et introduite par une arrivée iconique du héros à cheval, cure-dent dans la bouche et fusils sur le dos !
Cette fusion réussie entre l’hommage, la parodie et l’action pure ne doit rien au hasard mais à une mise en scène rigoureuse et sincère car Edgar Wright aime visiblement tous les films du genre mettant même en avant Bad Boys 2 et Point Break auquel il rend explicitement hommage. Hot Fuzz est d’ailleurs truffée de dizaines de références et respecte tous les codes. Finalement, le film pourrait même faire figure de modèle. Chapeau.

Mi$e à prix
Vu le 2/8/2007 Ã l’UGC Odeon Salle 1 en VO
Buddy ‘Aces’ Israel va lâcher tout ce qu’il sait sur le milieu à la police. Sa tête est mise à prix et les meilleurs tueurs, i.e. les plus atypiques, se mettent sur le coup.
Sur le papier, et au vu de certains rebondissements, on pourrait croire à un film à la Snatch ce qui serait déjà pas mal du tout mais Joe Carnahan semble ne pas avoir voulu seulement s’amuser. Avec des images très colorées et constrastées et une mise en situation très rythmée et « cool », Mi$e à Prix nous invite pourtant dans un univers ludico-violent peuplé de personnages bien barrés. Au coeur du film, les séquences d’action dans l’hôtel frôlent l’anthologie particulièrement lors d’un duel dans un ascenseur puis d’une fusillade démente depuis l’immeuble en face.
C’est par la caractérisation de certains personnages et leurs relations que Joe Carnahan apporte de l’humanité à son film. Une amitié entre deux flics, l’amour d’une tueuse pour une autre, la culpabilité de Aces lorsqu’il négocie avec la police ou même la curieuse solidarité au sein d’une fratrie néo-nazi… le réalisateur de Narc n’a pas fait un film « fun » mais presque un film choral où les protagonistes font transparaître leur mal-être et leurs espérances aussi bien par les armes que par leur attitude.
Ce mélange serieux/ludique/mélancolique n’est d’ailleurs pas sans rappeler le sympathique, et un peu moins débridé, Dernières heures à Denver (soit en anglais le joli titre Things to do in Denver when you are dead) avec déjà Andy Garcia.
Evidemment, on peut avoir l’impression de voir deux films ce qui peut-être déroutant. Le scénario alambiqué nous laisse difficilement faire la part des choses. L’important est qu’on passe un bon moment et que le film conserve son curieux équilibre jusqu’au bout. Ainsi, après une résolution des plus tarabiscotées à la fois amusante et pathétique, Mi$e à prix se conclue par un plan très digne et original, variation autour d’une figure imposée dans les films avec des policiers, ultime preuve qu’au delà des apparences, Joe Carnahan a beaucoup de sensibilité.
La Fille coupée en deux
Vu le 8/8/2007 Ã l’UGC George V Salle 1
Gabrielle Aurore Deneige est donc coupée en deux. Jeune et belle femme, folle amoureuse d’un homme beaucoup plus âgée qu’elle, Charles Saint-Denis, lubrique écrivain à succès, et obsession de Paul André Claude Gaudens (excellent Benoît Magimel), riche dandy dérangé et oisif.
Comme on le dit souvent, Chabrol invite Hitchckock à sa table. Sans s’encombrer d’un fameux mcguffin, son film dégage une tension sexuelle et obsessionnelle terriblement dérangeante.
Dans un jeu d’acteurs décalé ou plutôt chabrolien, très ironique, la sincérité et l’amour de Ludivine Sagnier tranchent complètement avec les autres interprètes. La cruauté bonhomme de Charles/François Berléand rendent même improbable, ou incompréhensible, l’amour de Gabrielle pour l’écrivain si bien que leur couple inquiète surtout lorsque Gabrielle est emportée dans des « jeux » de plus en plus malsains toujours au coeur de cette bourgeoisie de province aussi irréelle que très française.
Bien que Ludivine Sagnier soit familière de ces films (elle joue une superbe débauchée dans Swimming Pool), l’actrice semble subir comme une introduction à un univers qui lui est étrangé de la même manière que l’initiation de Gabrielle dans le film. Le rebondissement avant le dernier acte et ses conséquences achèvent de nous mettre mal à l’aise. Loin de se répéter, mais toujours dans un style très reconnaissable, Claude Chabrol n’a pas fini de nous intriguer.

Planète Terreur
Vu le 20/8/2007 Ã l’UGC George V en VO
On passera sur la polémique du double programme bêtement tronqué car au fond, pris seul, Planète Terreur demeure un film plutôt jouissif. Alors que Tarantino avec Death Proof semble (je ne l’ai pas vu) avoir utilisé Grindhouse pour réaliser un film bavard de luxe et personnel, Robert Rodriguez a choisi de se tenir au concept de serie B avec quand même plusieurs millions de dollars supplémentaires au budget pour nous offrir du vrai spectacle à commencer par la bande-annonce du début, Machete, qui nous montre un Danny Trejo dans toute sa splendeur à l’aise avec les armes blanches et lourdes ainsi que les femmes, les mères et filles ensemble bien sur !
Planète Terreur en lui-même est un film de zombies. Généreux et sincère, Rodriguez nous offre un des dizaines d’images marquantes de la femme aux seringues à celle à la mitraillette en guise de jambe, image assez survendue vu qu’on doit attendre une bonne heure avant d’en profiter mais terriblement efficace. Nous avons aussi droit à un collectionneur de testicules, un cuisinier dégueu mais qui fait la meilleure sauce barbecue du Texas, des jumelles baby-sitters sud américaines… la liste est longue, un vrai festival de gore, de trognes et de filles sexy. On peut oublier les quelques trucs un peu artificiels pour faire vieux (parfois l’image est un peu passée, et même une bobine est manquante !) mais plutôt s’attacher au déroulement frénétique et à l’humour constant du métrage. Au final, ce Planète Terreur peut vraiment se voir comme un excellent concentré d’action sexy et gore.
Paranoïak
Vu le 27/8/2007 Ã l’UGC George V Salle 4 en VO
Forcé d’être cloîtré chez lui tout l’été, un adolescent observe ses voisins jusqu’à découvrir que l’un d’entre eux est peut-être un criminel.
La parenté avec Fenêtre sur Cour est évidente aussi on rigole bien quand le scénariste Christopher Landon nous parle de « son » idée : « Presque tout le monde s’extasie sur ces banlieues résidentielles aux maisons coquettes et aux pelouses manucurées. Pour ma part, je leur ai toujours trouvé un côté légèrement sinistre. En circulant de nuit dans ces rues, j’ai soudain eu l’idée d’un film où un ado, contraint de rester chez lui, commencerait à observer des choses bizarres chez l’un de ses voisins et en viendrait à le soupçonner d’être un tueur en série. ». Quelle imagination ! D’autant que personne n’a jamais pensé tourner un film montrant un autre visage des banlieues résidentielles américaines… haha.
Conscient de ne pas tenir entre les mains le nouveau Usual Suspects, D.J. Caruso a au-moins le mérite de développer un film pour ado divertissant jamais ambitieux ni embarrassant. Le point de départ, comment le héros est forcé de rester chez lui, est plutôt bien vu et bien exploité (pas de quiproquos stupide) et l’ambiance générale est plutôt bonne entre scènes de suspense bien troussées et enthousiasme adolescent.
Paranoiak vaut en fait surtout pour son trio de jeunes acteurs avec Aaron Yoo en sidekick vraiment drôle et Sarah Roemer en petite copine vraiment sexy. Et bien sur, il y a Shia LaBeouf dans son premier premier rôle (je crois) et à l’aise dans toutes les situations. Drôle, attachant, légèrement inquiétant, il est bouleversant dans la séquence d’introduction lors d’un plan où on le voit à travers de la tôle froissée. Paranoïak n’étant pas un film surprenant ni original, c’est peu de dire que le succès du film tient largement à sa prestation.
Fiche IMDB La Fille coupée en deux
Fiche IMDB Planète Terreur



Poster un commentaire
Trackback this post | Subscribe to the comments via RSS Feed