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La Faille

Vu le 9/5/2007 à l’UGC Montparnasse salle 2

Un ingénieur aéronautique minutieux tente de tuer sa femme qui l’a trompé puis est arrêté. Il parvient cependant à retourner le procès en sa faveur grâce à un plan machiavélique mettant en cause l’amant de sa femme. L’avocat de la partie civil décide de ne pas lâcher l’affaire.

On peut dire que l’introduction, qui détaille le meurtre, nous porte à croire que La Faille sera menée comme un épisode de Columbo. Ce n’est d’ailleurs pas totalement faux avec à la place du célèbre inspecteur, un avocat aux-dents-longues-mais-finalement-humain.

Le plan de l’ingénieur est donc parfait. Mais en fait non. Comme le titre l’indique, il n’est pas infaillible. Reste au réalisateur Gregory Hoblit de nous mener avec précision ce thriller avec twists et rebondissements. Mais que ce soit dans son bon Peur Primale, son sympathique Fréquence Interdite ou son mauvais Mission Evasion, on ne peut que constater que le metteur en scène laisse trop souvent au spectateur une longueur d’avance sur le déroulement de ses films. Parfois, il est ludique de regarder un film en connaissant les rebondissements à l’avance même si c’est plutôt embarrassant quand on le voit pour la première fois. Parfois non. Toutes les clés du film sont livrées au spectateurs dans les premières quinze minutes. Et quand le plus primordial est utilisé comme twist final, agrémenté d’un argument juridique déjà utilisé dans le très molasson Double Jeu, il est légitime de rester sur sa faim. Il est également légitime de se sentir parfois agacé quand sont annoncés lourdement les différents détails importants : Mais que faisait-il donc dans l’hôtel ? Pourquoi est-ce important qu’il ait été inculpé de tentative de meurtre ? Et au spectateur enfin de se demander : si le tueur est aussi génial, comment se fait-il qu’il se fasse avoir sur un détail aussi évident ?

Et si on ajoute des scènes trop étirées et inutiles (comme la toute dernière) et une sous-intrigue amoureuse sans intérêt, on peut dire que La Faille n’a pas grand chose pour lui. Mais à tout prendre, il vaut mieux voir un mauvais film américain qu’un mauvais film français. Le film de Gregory Hoblit a le mérite d’être élégant, bien éclairé parfois drôle et plutôt distrayant. Le duel entre Anthony Hopkins et Ryan Gosling fleure certes bon le sous Silence des agneaux mais les acteurs demeurent excellents. Anthony Hopkins semble s’amuser plus qu’il ne joue mais son amusement est communicatif. Quant à Ryan Gosling, encore peu connu de ce côté de l’Atlantique, il est une véritable révélation, comme pouvait l’être Edward Norton dans Peur Primale, à la fois nonchalant et déterminé avec un regard toujours particulier. Il est la bonne surprise de ce film raté.

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Fiche IMDB



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