La Cité Interdite
Vu le 14/3/2007 à l’UGC George V salle 1 en VO
Après Hero et Le Secret des poignards volants, Zhang Yimou poursuit (ou conclus peut-être comme une trilogie, cette mode mondiale) son chemin dans les productions asiatiques de films d’époque d’envergure.
Durant la dynastie des Tang au Xème siècle, les complots et les histoires sordides se multiplient au coeur même de la Cité Interdite. L’époque est bien choisie puisqu’il s’agirait d’une période fort trouble de l’histoire de la Chine. Au centre de cette tragédie, la reine (Gong Li, évidemment impériale) complote conte son époux l’empereur (Chow Yun-fat, troublant et toujours lumineux), arriviste notoire partagé sur le choix de son successeur parmi ses fils.
Cette période est aussi très faste et Zhang Yimou la transcrit par un esthétisme radical et flamboyant. Les couleurs de la Cité Interdite sont vives, presque criardes tout comme les costumes d’or ou d’argent, toujours arrogants.
La Chine est donc bien cette très grande puissance à la population immense. Si bien que pour cette poignée de personnages importants, l’empereur, sa femme et ses trois fils, ce sont des milliers d’hommes et femmes qui les servent et rythment leurs journées au son de ce groupe clamant les heures du jour et de la nuit, véritable horloge humaine. Dans tout ce luxe, cet apparat grandiloquent, Zhang Yimou souligne les fissures, l’écrasant protocole (dans un autre genre, le récent Marie-antoinette abordait bien cet aspect) et l’intimité souvent bafouée. Les puissants deviennent prisonniers dans leur tour d’ivoire. Leur immense tour d’ivoire car La Cité Interdite est un huis clos dans une maison familiale si grande que les déplacements sont incessants. Les grincheux diront que c’est un film de couloirs. Mais quels couloirs !
A travers de cette reconstitution étonnante et une superbe sortie en extérieure avec des sortes de ninjas combattant, l’histoire très théâtrale semble parfois trop appuyé et plan-plan. Mais le réalisateur se déchaîne et multiplie les rebondissements dans un troisième acte souvent outrancier et étourdissant avec des batailles gigantesques et vaines. Le spectacle offert par La Cité Interdite prend alors toute sa mesure. Une réussite.



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