King Rising, Au Nom Du Roi (2006) de Uwe Boll

Uwe Boll troisième ! MalgrĂ© un acharnement critique, et publique, Uwe Boll revient en fanfare au cinĂ©ma dĂ©but 2008 pour sortir dans plus de 1500 Ă©crans aux US (un blockbuster c’est 3000) ce gros projet d’heroic fantasy Ă  60 millions de dollars. Je veux bien que les films de Boll ne soient pas des fours financiers complets mais son financement, Ă  base d’astuces fiscales en Allemagne paraĂ®t-il, demeure quelque peu nĂ©buleux. Sans surprise, King Rising fut un Ă©chec complet, ne dĂ©passant pas les 10 millions de dollars de recette sur le sol amĂ©ricain.

Et toujours sans surprise, le film est très mauvais. Mais Ă  la diffĂ©rence de BloodRayne, le film ne dispose d’aucun niveau de lecture « nanar » et d’aucun plan fesse ou gore, la faute Ă  ce gros budget justement qui impose que le film soit visible par le plus grand nombre. Le film est long et ennuyeux. Les scènes de bataille sont mornes, une sorte de spectacle de marionnettes. Les nombreux plans larges avec beaucoup de figurants tout comme les « chorĂ©graphies » n’apportent aucune ampleur, aucune Ă©motion. L’histoire n’est que bavardage, acteurs rĂ©citants leurs rĂ©pliques (la manière classique pour Boll de diriger son casting ?) et cabotinages pesants. Le vacuitĂ© en somme. Le vide. L’Ă©tat français n’aurait pas fait mieux avec tout cet argent.

Il ne reste au spectateur courageux (ou bĂŞte) que deux moyens de se divertir : l’histoire et le casting. King Rising dispose comme BloodRayne d’un casting dĂ©lirant : Jason Statham, Ron Perlman, Ray Liotta, Burt Reynolds, Claire Forlani, Leelee Sobieski, Kristinna « Rayne » Loken, Matthew Lillard, John Rhys Davis… Les impĂ´ts sont-ils passĂ©s par lĂ  ? En tout cas, ils sont uniformĂ©ment nuls. Matthew Lillard est le seul Ă  ne pas sortir de la torpeur gĂ©nĂ©rale et semble se toujours croire sur le tournage de Scoubidou.
Quant Ă  l’histoire, King Rising est littĂ©ralement la version du Seigneur des Anneaux d’Uwe Boll. On peut donc s’amuser Ă  trouver dans le film les nombreux points communs. Les orcs sont remplacĂ©s par des hommes chien (notons que nous ne voyons jamais plus d’une demi-seconde un gros plan de ces crĂ©atures – problèmes de maquillages foireux ? En fait, il s’agirait plutĂ´t de masques), Saroumane et Sauron sont remplacĂ©s par Gallian (Ray Liotta) qui effectue ses combats Ă  distance, le hĂ©ros va devenir roi, les elfes sont reprĂ©sentĂ©s par des peuples de la forĂŞt acrobates (et pathĂ©tiques), Gandalf est remplacĂ© par Merick (John Rhys Davies qui passe donc du très haut au très bas dans le mĂŞme genre puisqu’il a un des rĂ´les principaux du Seigneur des Anneaux)… etc. C’est un peu amusant. Mais tout ceci ne fait pas un film. Je dĂ©conseille vivement ce film pĂ©nible Ă  tout amateur de bon film, bien sur, mais aussi aux amateurs de nanars qui se rabattront avantageusement sur BloodRayne s’ils veulent dĂ©couvrir l’ « Ĺ“uvre » d’Uwe Boll.

 Par Pascal     Commenter12 juin 2010    Catégories: Articles CinĂ©ma Fantastique

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