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Je suis une Légende

Vu le 4/1/2008 à l’UGC Normandie Salle 1 en VO
Film américain (2007 - I am Legend) de Francis Lawrence avec Will Smith, Emma Thompson…

Je suis une Légende n’a pas toujours bonne presse mais sans être descendu. On a même eu droit à l’éculé « Will Smith joue moins bien que son chien » dans Paris Match. Quoiqu’il en soit, le film m’a plutôt plu (et de fait rejoint le consensus au regard des différentes critiques sur Allociné)

Ce qui m’a plu, ce n’est pas ce troisième acte vaguement religieux expédié et donc mal développé. Ce ne sont pas toutes ces scènes où le méchant surgit d’où on ne l’attendait pas provoquant l’imparable, efficace pour celui qui aime, mais mécanique sursaut du spectateur. Un peu facile pour une production de 150 millions de dollars. Ce n’est même pas la fameuse scène d’évacuation de Manhattan soit une vague foule, des bateaux, deux ponts qui tombent et un hélicoptère très numérique qui s’emballe. Ce ne sont pas enfin ces singes gesticulants et animés faisant office de vampires se révélant bien moins terrifiants que les zombies rapides de 28 jours plus tard. On regrettera donc sans problème l’étonnant script original (décrit dans un excellent article de Rafik Djoumi) de Mark Protosevich ici retouché par Akiva Goldsman dont je découvre avec ce film l’assez piètre réputation dans la « communauté » des gens qui vont au cinéma (je n’ose pas dire geek – je n’en suis pas un). Il faut dire que ses scénarios, si certains films sont assez plaisants, ont globalement aseptisé le potentiel des sujets. Je pense ici aux scripts de Batman Forever et Batman Robin mais aussi de Perdus dans l’espace ou I, Robot. J’ai cependant vraiment aimé Un homme d’exception et Les Chroniques de Riddick (crédité sur Allociné mais pas sur IMDB ceci dit).

Je suis une légende

Ce qui m’a plu, ou terrifié, dans Je suis une Légende, c’est finalement Emma Thompson annonçant la fin du cancer qui est en fait la fin de l’humanité. Une scène d’introduction qui gagnera à être revue. Et il y a la conséquence directe de cette fin : un New York vide avec ses voitures abandonnées et une nature reprenant ses droits (quand on pense que tout a été tourné à New York…).
Toutes ces images de fin de civilisation me fichent vraiment la trouille. Ces cités autrefois surpeuplées maintenant pantelantes et vides m’obsèdent même quand il s’agit d’un simple rêve comme Tom Cruise dans la bluffante introduction de Vanilla Sky.
J’ai encore en mémoire l’évocation étouffante de la fin du règne des hommes dans Le règne du feu avec de bêtes articles de journaux. Et bien sur il y a le début de 28 jours plus tard.

Et par deux fois, ces mêmes singes en 3D seront vraiment fantomatiques et menaçants, d’abord entassés dans un coffre de banque puis à quelques centimètres de Smith/Neville séparés par une vitre en plexiglas.
Au milieu de ça, un Will Smith grisonnant et à demi-fou reprenant à son compte, et de son propre aveu, une approche à la Tom Hanks dans Seul au Monde. Par son obstination forcenée, sa respiration et ses mises en scènes un peu futiles, il est plus que convaincant. Vraiment, la dernière partie arrive comme un cheveu sur la soupe.

Mais la puissance évocatrice l’emporte. Ces chutes brutales me touchent profondément. L’action de Je suis une Légende s’étale sur quatre jours. Il y en a deux, deux et demi, vraiment bons. Et c’est éprouvant.

Fiche IMDB



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