Indigènes
Vu le 16/10/2006 Ã l’UGC George V Salle 3
Indigènes raconte les destins de quelques soldats issus des pays colonisés durant la fin de la seconde guerre mondiale. L’entrée en matière est d’ailleurs géniale. Un vieil homme marche d’un pas décidé dans les rues de son village et exhorte les gens à le suivre pour aller à la guerre ce que va faire Saïd interprété par Jamel Debbouze.
La page d’histoire est méconnue mais pas occultée. C’est juste que la plupart d’entre nous (j’en fais parti) sont incultes. Cependant, en ces temps troublés par les débats sur l’immigration, le sujet trouvait là toute sa place sans heureusement en faire trop. Ainsi, en dehors de quelques éléments moralisateurs (notamment la fin), Indigènes fonctionne très bien en tant que fiction pure et raconte avec efficacité les inégalités de traitement, les injustices et les liens entre les soldats. Et au fond, comme dans de nombreux films de guerre, Rachid Bouchareb ne peut faire autrement que de montrer ces soldats, qu’ils soient indigènes ou non, se poser cette prosaïque question : « Qu’est ce que je viens faire dans ce merdier, loin de chez moi? ».

Sans être flamboyantes, les séquences de bataille sont bonnes et le final dans une ville d’Alsace, à la manière par exemple du récent Soldat Ryan, est superbement intense. C’est vraiment le grand moment du film. Et enfin, il est quand même plaisant, sans faire du patriotisme exacerbé, de regarder un drapeau français flotter fièrement dans un film de guerre.
Côté casting, Rachid Bouchareb a écrit des rôles à taille humaine. Et sa plus grande qualité est de voir qu’il n’y a aucune bataille d’ego avec des acteurs qui se mettent presque en retrait particulièrement Roschdy Zem.
Avec le premier Taxi et surtout Nid de Guêpes, Sami Nacéri a prouvé qu’il pouvait être un bon acteur. Il est encore ici très convaincant, très vrai (et pourtant, il ne parlait pas arabe avant de jouer dans le film). Mais c’est Sami Bouajila qui a le rôle le plus dense, et le plus cruel, celui d’un caporal qui tente de concilier son propre intérêt avec celui de la patrie. Appuyés par les bonnes prestations de Jamel Debbouze et Bernard Blancan, Indigène est aussi un bon film d’hommes.
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