Hors de contrôle (2010) de Martin Campbell
Pour le retour du grand Mel Gibson en tête d’affiche après plusieurs d’années d’absence, Martin Campbell adapte sa mini-série anglaise Edge Of Darkness des années 80, presque un sous-genre en soi après d’autres adaptations comme Jeux de Pouvoir ou plus anciennement Traffic. J’ai toujours vu Martin Campbell comme une sorte de jeune réalisateur. En fait il est né en 1940 ce qui ne rajeunit personne. J’ai auparavant vu six de ses films avec du très bon (Le Masque de Zorro), du bon (Casino Royale, Absolom 2022), du moins bon (Vertical Limit, Goldeneye) et du mauvais (Tristement, la Légende de Zorro).
Le vigilante flick Hors de contrôle arrive tout juste dans le bon. Le policier Thomas Craven (un super nom) reçoit sa fille chez lui mais elle se fait assassiner devant sa maison. Alors que ses collègues pensent que Thomas était la cible des tueurs, le père plein de rage enquête de son côté et découvre que sa fille lui cachait des choses sur son travail. S’en suit une enquête plutôt prenante avec un rôle sur mesure pour Mel Gibson : il est parfait en mec droit et dur tout en assumant son âge et la souffrance qui va avec à l’image de cette bagarre contre un jeune où il prend le dessus de justesse et qui se prolonge par une assez longue scène où il reprend son souffle ! Dommage que le film soit souvent bavard avec beaucoup d’allers et venues qui frisent la redite. Les confrontations demeurent cependant bonnes notamment quand Craven se trouve face au mystérieux Jedburg (Ray Winstone), synthèse vivante de toutes les magouilles politico-truc imaginables qu’on nous cache.
Logiquement, l’action est rare. Elle arrive souvent par surprise notamment une paralysante scène de meurtre sur la route, piqûre de rappel pour nous dire que Campbell ne se contente pas de filmer la star. Le final sonne comme un exutoire crépusculaire tel un western avec méchants très méchants (la scène entre le sénateur et ses collègues est terriblement cynique) et un Craven complètement à bout. Si on est réceptif, on peut trouver ça vraiment jouissif avec une délicieuse sensation d’être sur le fil du « too much ». D’ailleurs, ces instants font penser à l’épisode des Simpson où Homer retouche le remake de Mr Smith au Sénat avec Gibson dans le rôle titre et empalement avec le drapeau américain (Mel Gibson au sénat)
J’aurai pas contre bien du mal à défendre la fin « route du paradis » (et pas du tout edge of darkness) qui rappelle celle bouleversante de The Constant Garderner mais en franchissant gaillardement ma ligne imaginaire du grotesque. Mais, au fond, je crois que je peux tout pardonner dans un film avec Mel Gibson.



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