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Grindhouse se divise en France

Pour ceux qui ne connaissent pas, Grindhouse est un double projet porté par Quentin Tarantino et Roberto Rodriguez. Chacun des deux trublions du cinéma américain s’est engagé à réaliser un film plutôt de série B et de à les distribuer dans une seule et même séance ciné avec un entracte agrémenté de bande-annonces originales sur des films imaginaires. Des trailers de prestige puisque réalisées par des metteurs en scène en vogue soit Elie Roth, réalisateur d’Hostel, Rod Zombie et Edgar Wright estimable réalisateur du détonnant Shaun Of The Dead et de ce qui ne pourra être qu’une bombe : Hot Fuzz.

Le premier segment est le film de Quentin Tarantino : Death Proof ou en français Le Boulevard de la mort avec Kurt Russel. Le second segment est donc réalisé par Rodriguez et s’intitule Planet Terror. Les affiches des films donnent le ton :

planet terror death proof

Grindhouse est sorti sous cette forme aux USA il y a quelques semaines et peine à atteindre les 25 millions de dollars de recette pour un budget de 53 millions. Un résultat décevant mais il fait peu de doute que le film trouvera un second souffle en vidéo d’autant que le double programme a beaucoup de fans (8.2/10 sur IMDB). La durée de 3h11 est peut-être une explication de cet insuccès.

Cet insuccès et cette durée sont-elles les raisons invoquées pour décider de diffuser les deux parties de Grindhouse séparément en France et en Europe ? Cela ne fait pas de doute. Le Boulevard de la mort sortira donc chez nous le 6 juin 2007 tandis que la sortie de Planet Terror n’est pas fixée ce qui devrait nous amener à la rentrée 2007. La question des bande-annonces est peu claires. Elles seraient présentes en théorie dans chacune des parties ce qui n’a pas tellement de sens. Sinon, le spectateur pourra se contenter de youtube…

Le calcul est fort simple : la plupart des personnes alléchées par ce double programme risquent de se déplacer pour les deux films et on empoche donc deux fois plus d’argent. Les films devraient bénéficier de sorties de ce type également aux USA puisqu’il s’agit de versions rallongées pour l’occasion. Business is business bien sur mais il y a aussi une bonne dose de foutage de gueule dans ce changement aussi bien pour le spectateur que pour les concepteurs du projet.

Culturalelite met directement en cause Harvey Weinstein, faux amoureux de cinéma mais vrai homme d’affaire sans état d’âme. Je ne peux que lui donner raison. Le mépris clairement affiché du producteur pour les spectateurs (les clients?) conduit à la remarque de culturalelite sur le piratage dans son article.

Plus grave selon moi est la caution du monde du cinéma avec la présence au prochain festival de Cannes en compétition du segment de Quentin Tarantino et celui-là seulement. Mais faut-il vraiment que je m’en étonne ? Quand il s’agit de défendre mesquinement des intérêts politiques en plébiscitant des documentaires certes très efficaces mais de propagande (Fahrenheit 9/11 pour ne pas le nommer, palme d’or donnée sous la présidence de Quentin Tarantino…), on trouve du beau monde, du people. Curieusement, pour dénoncer un producteur puissant dénaturant une oeuvre et choisir de défendre le cinéma et ses expériences, on ne trouve plus personne. Un mépris qui est donc clairement affiché et en plus soutenu et cautionné. Le cinéma n’en sort certainement pas grandi.

Fiche IMDB de Grindhouse
Article Allociné sur le sujet



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