Fantastic Mr. Fox (2009) de Wes Anderson

Comme je l’ai déjà dit, j’ai beaucoup de mal à écrire sur Wes Anderson pourtant un des metteurs en scène qui m’a le plus émerveillé ces dernières années. J’ai vu le jour de sa sortie son Fantastic Mr. Fox, l’adaptation d’un roman de Roald Dahl dont l’affiche promo ne cesse de rappeler qu’il est l’auteur de Charlie et la Chocolaterie ce qui renvoie non au pas au livre mais au film de Tim Burton bien sur qui a fait des millions d’entrées. Les as du marketing ont encore frappé.

Wes Anderson a choisi l’animation en image par image un peu comme James et La Pêche Géante tiré lui aussi d’un livre de Roald Dahl. Ce n’est pas pour autant véritablement un film pour enfants. Ces derniers peuvent le voir mais je ne suis pas certain que son esprit les passionne. L’approche sur la forme est bien nouvelle pour Wes Anderson mais il ne renonce pas à son cinéma avec des travelling géniaux et des gros plans frontaux sans profondeur plutôt rares dans l’animation (me semble t’il). Il fait également appel à sa troupe. Si en tête d’affiche (aux voix), George Clooney et Meryl Streep sont des nouveaux venus, Anderson retrouve Owen Wilson, Bill Murray, Michael Gambon, William Dafoe, Jason Schwartzman…
Le metteur en scène, et scénariste, ne renonce pas non plus à ses thèmes de prédilection avec un personnage central qui est un père atypique comme le furent Royal Tanembaum ou Steve Zissou. La filiation tient à nouveau une place prépondérante avec le style de l’auteur tout en « déviances élégantes ». Ainsi Mr Fox préfère ouvertement son neveu à son fils jusqu’au bout. Fantastic Mr Fox introduit cependant une réflexion sur la différence et l’amour. Le fils délaissé est dit « différent » et se sent rejeté ce qui le rapproche de son père, lui-même différent, et fait de lui un être à part entière. C’est à la femme/mère Mrs Fox que revient ce rôle de ciment entre les différents protagonistes. L’angle de vue de Wes Anderson est aussi original que poignant loin du gnangnan ou de l’émotion facile.

J’ose quand même dire que tout génial qu’il soit, Fantastic Mr. Fox est peut-être le moins bon film de son auteur. Il manque peut-être un peu de rythme dans la première partie, il faut sans doute du temps pour s’imprégner de cette animation saccadée, mais superbe, après plusieurs films au style bien reconnaissable, s’imprégner de cet univers où les animaux sont élégants mais mangent comme des animaux et rêvent d’un certain retour à la vie sauvage. Et il y a déjà beaucoup d’amour, de personnages étranges (l’opossum maître de maison qui renvoie au fidèle serviteur de Royal Tenenbaum).
Les éléments mis en place, la seconde partie devient parfaite. Elle enchaîne les morceaux de bravoure enlevés dont un combat rat/renard, monté littéralement comme une bande dessinée, vraiment étonnant, l’humour dans les dialogues et les situations, et les (nombreuses) séquences typiquement andersonniennes dont la rencontre « autre » avec le loup est l’élément le plus magnifiquement représentatif. Une nouvelle fois, Wes Anderson m’offre un moment de bonheur. Fantastique Fantastic Mr Fox.

Par Pascal
Commenter23 février 2010
Catégories : Articles, Cinéma, Comédie

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