Deux 3, un 4 et un 5
C’est un peu l’été des franchises. Après Spiderman 3, pas moins de quatre suites à gros budget sont sorties dans nos salles obscures.
Pirates des Caraïbes 3 : Jusqu’au Bout du monde
Vu le 1/7/2007 à l’UGC Danton salle 2 en VO (Post générique)
Pirates des Caraïbes 2 m’avait littéralement avalé au point de ne plus savoir qu’en dire tant mon émerveillement béat me dépassait. Le cliffhanger final était vraiment magnifique et m’a profondément touché car le personnage Barbossa/Geoffrey Rush m’avait particulièrement plu et ému dans sa quête dite de la pomme. Devant mon impuissance à transmettre mon enthousiasme, une seule question s’imposait : Pirates des Caraïbes 2 est-il un divertissement boursouflé et creux ? La réponse est non, bien sur. Mais pour le troisième épisode, le recul s’est imposé.
Jusqu’au bout du monde demeure un superbe divertissement tenant haut la barre tout au long de ses 2h40 où il semble que le réalisateur Gore Verbinski s’est laissé emporté dans une tempête visuelle (oh oh, c’est joliment dit). Aux péripéties haletantes succèdent les images délirantes (les crabes blancs entre autres) jusqu’à un long final tourbillonnant (littéralement). Le film s’offre même le luxe de moments de pure poésie comme la fin fracassante mais presque mélancolique du méchant du film.
Bien sur, la surenchère pèse sur le récit où plusieurs pistes au demeurant très intéressantes ne sont que survolées (Chow Yun-fat n’a que trois scènes) tandis que certains effets tombent à l’eau comme cette transformation de Tia en géante et qui d’ailleurs tombe vraiment à l’eau… Qu’importe, c’est l’enthousiasme et la flambloyance qui priment. Jusqu’au bout du monde est un authentique film d’aventure drôle et trépidant portée par une troupe d’acteurs tous excellents.

Shrek 3 : Shrek le Troisième
Vu le 10/7/2007 au Ciné à Quiberon salle 2
Il y a deux très bonnes scènes dans Shrek le Troisième : le prince charmant retrouve le bar des méchants de contes de fée (!) et prononce un superbe discours en vue de la reconquête du pouvoir : drôle et narrativement excitant. L’autre scène est un enterrement où le chant funèbre est une version de « Live and let die » par des grenouilles. Original et touchant.
Pour le reste, le film fonctionne plus ou moins en mode automatique. Somme toute, on rigole bien et régulièrement. C’est finalement le principal même si on peut regretter que la plupart des idées sont peu inspirées ainsi l’inversion de personnalité entre le chat et l’âne et la sous-exploitation du personnage de Merlin réduit ici à un vieillard vaguement sénile.
Shrek le Troisième a aussi le mérite de ne plus chercher à se faire passer pour la comédie irrévérencieuse qu’aucun des films précédents n’a été. Au contraire, le film insiste même assez lourdement sur le côté moral avec une histoire paternité et d’amitié. Un peu comme un Disney en fait. Quand on chasse le naturel…
Die Hard 4 : Retour en enfer
Vu le 12/7/2007 au ciné à Quiberon salle 1
Pour ce quatrième opus des aventures de McClane, les as du marketing français ont eu l’audace d’utiliser le titre original du film là où Piège de Cristal, 58 minutes pour vivre et une Journée en enfer ne nous donnait que peu d’indices sur les liens entre les films. C’est évidemment un peu tard et toujours aussi nul (alors que le titre original est plutôt bon) mais bon ça fera joli sur les coffrets DVD.
Pour cette suite tant attendue (enfin, peut-être), on aurait aimé John McTierman aux commandes ou alors Florent Emilio Siri tout juste sorti de son magnifique Otage avec déjà Willis en tête d’affiche. C’est Len Underworld 1&2 Wiseman qui hérite du film. Il s’en tire honorablement. 12 ans après sa journée en enfer, le monde et Hollywood ont beaucoup changé et du coup Wiseman s’applique à introduire un cyber-scénario avec cyber-attaque et cyber-hackers. Et les méchants font du kung-fu en les personnes de Maggie Q et le frenchy Ciryl Raffaelli dont on a pu apprécier pleinement les qualités d’acrobates karateka dans Banlieue 13.
Surprise, Len Wiseman l’appliqué s’amuse à tout casser à travers le personnage de McClane, technophobe qui se contrefout de tout ce terrorisme informatique comme de la cathédrale d’Albi (pourquoi Albi ?) et remet à sa place son inattendu co-équipier féru d’ordinateur et de conspiration. Jouissif, il n’hésite aucunement à tabasser Maggie Q à coup de poing tout en lui arrachant les cheveux après avoir balancé un énorme « Alright, that’s enough of this Kung-Fu shit. »! On regrette du coup que la confrontation pourtant très excitante au début avec un Rafaelli bondissant soit si vite expédiée.
Qu’on ne s’y trompe pas. Die Hard 4 est sans doute le moins bon des quatre films mais derrière la débauche numérique dans les spectaculaires séquences d’action, incluant la démolition à la mitrailleuse lourde d’un camion poursuivi par un pont qui s’écroule, se cache un assez bon film d’action presque old school avec son héros ironique et brutal, sympathiquement (ou odieusement selon MadMovies) réac.
Harry Potter 5 : Harry Potter et l’Ordre du Phénix
Vu le 20/7/2007 à l’UGC Danton salle 1 en VO
Il y a quelque chose de troublant dans l’une des premières scènes du film opposant Harry à Dudley. Ce dernier est interprété par Harry Melling et là où la scène aurait du être une simple raillerie entre potes, il pose un regard inquiet et inquiétant sur Potter et vole la scène au héros. Reste que Daniel Radcliffe est un acteur tout à fait convenable et même bon sur la fin du film.
Adapter ce cinquième tome, pavé de près de 800 pages, était une gageure puisque presque toute l’histoire est une successions de multiples sous-intrigues totalement enchevêtrées avec un nombre incroyable de personnages. Il fut un temps envisagé de faire l’adaptation en deux films, option sans doute écartée étant donné le peu d’action dans la première moitié du livre. Le choix a donc été de linéariser le récit et de simplifier sans pour autant trop trancher. Résultat : la plupart des acteurs n’ont qu’une poignée de répliques quand il ne font pas de la figuration (comme Maggie Smith en McGonagall) et Harry Potter semble être le seul personnage vraiment développé, ce qui n’est finalement pas idiot au vu du titre du film, soit un adolescent rebelle un peu con mais idéaliste avec sa part d’ombre et de lumière.
Le résultat est fort agréable, bordélique mais agréable surtout grâce à Imelda Staunton parfaite Dolorès Ombrage, femme arriviste autoritaire avec des mimiques et des rires glaçants, et Evanna Lynch, délicieuse et rêveuse en Luna Lovegood.
Le réalisateur David Yates met les péripéties en boîtes avec application mais sans véritable vision de l’oeuvre. On retrouve ainsi le style des deux premiers films. Les dernières séquences mouvementées sont par contre curieusement ratées, et seulement sauvées par l’ultime lutte mentale entre Voldemort, au look définitivement moche, et Potter. David Yates serait-il mal à l’aise avec l’action ? Cela ne présage pas forcément du meilleur pour la suite puisque le metteur en scène sera au commandes du prochain opus, mon préféré.
Ah, et une dernière chose : non, ce n’est pas parce qu’il y a des rêves montés au hachoir et des personnages tout noirs qu’un film est « sombre ». Ca suffit.
Fiche IMDB Pirates des Caraïbes 3 : jusqu’au bout du monde
Fiche IMDB Shrek le Troisième




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