Demolition Man (Stallone in the dark)
Demolition Man est probablement le meilleur rôle de Sylvester Stallone, et en tout cas son plus politique, même si Rambo était déjà très chargé, à sa façon.
John Spartan est un super-flic dans la Californie en proie Ă la guerre civile et au chaos des guerres de gang et il parvient Ă arrĂŞter le super-villain Simon Phoenix, interprĂ©tĂ© par Wesley Snipes. Pour une raison idiote (la mort de 36 otages lui est imputĂ©e) il se retrouve condamnĂ© Ă une quarante d’annĂ©es en cryogĂ©nisation rééducative. Il est rĂ©veillĂ© en avance parce que Phoenix, lui aussi cryogĂ©nisĂ©, s’est Ă©vadĂ© et se retrouve comme un renard dans un poulailler au milieu de couilles molles futuristes, dans un monde affreux oĂą les rues sont propres mais oĂą il est interdit de manger du gras, de fumer ou de jurer.
Ce film est proprement gĂ©nial, il a de nombreux niveaux de lectures : violence brute pour les fans de blockbusters, autodĂ©rision (Schwarznegger avait aussi tentĂ© le coup de la mise en abĂ®me avec son très bon et très sous-estimĂ© Last action hero, qui Ă©tait sorti Ă peu près en mĂŞme temps, si mes souvenirs sont exacts), mais Ă©galement, et c’est le niveau qui m’intĂ©resse le plus, critique du politiquement correct et de la morale hygiĂ©niste.

Curieusement, Los Angeles 2013, sorti trois ans plus tard, repompe pas mal de cet appareil critique (au point d’avoir des situations des des dialogues pratiquement identiques Ă quelques reprises).
Je n’avais pas revu Demolition man depuis au moins quinze ans et je dois bien admettre qu’il n’a absolument pas vieilli. C’est un parfait cocktail d’insolence, de brutalitĂ© assumĂ©e, de rĂ©flexion que l’on aurait tort de sous-estimer.
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