Délire Express

Vu le 1/12/2008 à l’UGC Orient Express salle 1 en VO

En se fumant un joint tranquillement, Dale Denton assiste à un meurtre. Pas de bol, l’assassin est le boss de son (gentil) dealer.

Délire Express est une comédie d’action. Le scénario efficace, plus étoffé qu’un scénario prétexte, a le soucis de la continuité et du gag réussi. Ainsi, le film est toujours bon esprit, jamais ennuyeux. On ne rigole pas toujours mais quand on rigole, c’est très fort. Dans une salle de cinéma, c’est plutôt euphorisant surtout que Délire Express ose beaucoup de choses de l’assez facile mais toujours drôle (le beau papa à la gachette facile) au plus gonflé (la vente de drogue aux mineurs sans véritable conséquence).

A travers les personnages immatures de Seth Rogen et ses compères, on va plus loin que l’histoire du gars ordinaire à qui il arrive une histoire extraordinaire car leurs repères, notamment cinématographiques, sont vraiment les notres, ceux des 20-40 ans : On cite Jude Law et Jeff Goldblum et les personnages, souvent défoncés, tirent comme dans les John Woo (même à la mitraillette !) et se battent n’importent comment. Ainsi combien de fois me suis-je dit lors d’une poursuite en voitures : »Mais pourquoi ne freine t’il pas ? » et dans Délire Express, on tente tout simplement le coup avec une conséquence hilarante et finalement prévisible. C’est peut-être la réussite majeure de Délire Express : l’art subtil s’intéresser au détail réaliste dans des circonstances invraisemblables

Face au jeune premier James Franco, ici sale et décalé, Seth Rogen joue le gars ordinaire si bien qu’on se demande s’il n’est pas la même personne dans la vie. Sa crédible normalité, pourtant souvent mise à mal (il est plus drôle et immature que nous et flingue facilement) et sa sincerité nous font vraiment entrer dans le film.
Délire Express a également le soucis de ses seconds et troisièmes rôles. On retrouve par exemple Bill Hader le temps d’une scène aussi drôlissime qu’absurde (mettant en scène des scaphandres). Le super méchant et les chinois semblent plus conventionnels mais ils sont caricaturaux à l’extrême. Plus inattendu, le réalisateur David Gordon Green développe les hommes de main en les inscrivant également dans la vraie vie, limite vie de bureau, l’un d’eux étant par exemple toujours pressé de rentrer dîner en famille.

Cette réunion de talents et d’histoires débridées se retrouve dans des excellentes comédies aussi diverses que 40 ans toujours puceau, Superbad, Frangins malgré eux, Sans Sarah rien ne va ou Rien que vos cheveux. Le point commun est Judd Apatow. Producteur, réalisateur, scénariste, et grand fédérateur, il chapeaute les meilleures comédies américaines du moment. Ses productions constituent un peu le Pixar du comique. Et Délire express maintient le niveau très haut.

delireexpress

 Par Pascal     Commenter4 décembre 2008    Catégories: Cinéma

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