Vu le 20/12/2006 à l’UGC George V salle 3 en VO
Déjà Vu porte bien son titre vu que nous avons cette impression pendant tout le métrage. Cette histoire un peu sf, que le producteur Jerry Bruckheimer présente comme originale, lorgne du côté de Minority Report, le but de l’agent Doug Carlin étant en quelque sorte de résoudre un meurtre qui n’a pas encore eu lieu, mais aussi de Fréquence Interdite où deux personnes communiquent à plusieurs années d’intervalle (tiens c’est aussi le sujet de Un pont entre deux rives) et avec déjà James Caviezel) et enfin Ennemi d’état (déjà de l’équipe Scott/Bruckheimer !) avec ses multiples plans en vue satellite.
Tout ça pour dire que ces recyclages ne sont pas bien graves puisque le film est plutôt bon. La touche Bruckheimer est présente : Tony Scott signe un film rythmé, moins barré et formellement jusqu’auboutiste que Domino, avec quelques séquences étonnantes comme la scène de poursuite à trois jours d’intervalle (il faut voir le film pour comprendre) et une très impressionnante explosion. Le tout est porté par quelques répliques qui croustillent et un casting solide porté par un Denzel Washington parfaitement à l’aise en flic sympa et malin, gentiment têtu. Le cahier des charges est donc rempli. Beau joueur, le célèbre producteur laisse pas mal de libertés à Tony Scott.
Ce dernier a choisi de situer son film à la Nouvelle-Orléans peu après le passage terrible de l’ouragan Katrina. Il filme une communauté qui a repris vie mais dont de graves séquelles de la catastrophe persistent ainsi la séquence dans une zone résidentielle habitée mais dévastée. Sans aucun effet spécial. Plus que la technologie, c’est l’humain qui intéresse Scott. L’élément science-fictionnel du film tient plus d’un ressort scénaristique pour mettre en place le coeur du film : la relation entre Doug et la femme qu’il veut sauver à tout prix. Et sous nos yeux, Déjà vu devient une étrange et belle romance. Presque une surprise dans ce divertissement un peu déjà vu certes (il faut bien la faire) mais efficace.
On ne retiendra pas par contre la fin, ou alors pour de mauvaises raisons. Paresseuse d’abord, puis facile, elle finit par devenir curieuse puisqu’on laisse en suspens ce qui pourrait presque faire l’objet d’un long métrage en entier* ! Peut-être étais-ce un cliffhanger…

*spoiler : Claire est morte mais Doug trouve le moyen de remonter le temps, à partir d’une technologie ultra-secrète, pour tout lui expliquer et la sauver. Claire et Doug n’hésitent pas non plus à laisser de nombreuses pistes et des messages à Doug (le Doug du futur en quelque sorte - ce qui fait l’objet du film). Mais au lieu de mourir, Claire survit et le Doug du futur meurt. A la fin, Claire est prise en charge par… le Doug du présent et qui donc ne connaît rien de l’histoire pas plus que la fille elle-même ! Mais tous les messages que Claire et l’autre Doug ont laissé demeurent… de quoi faire un autre thriller…

