Coluche, l’histoire d’un mec

Vu le 22/10/2008 Ă  l’UGC Danton Salle 2

En 1980, Coluche est au fait de sa gloire enchaĂ®nant les salles combles et les fĂŞtes dĂ©bridĂ©es dans sa maison près du parc montsouris. Voulant dĂ©coincer la pensĂ©e ambiante, il dĂ©cide de devenir candidat Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle.

Du propre aveu d’Antoine de Caunes, l’histoire de Coluche ne comporte que peu de zones d’ombres aussi prĂ©fère t’il dĂ©crire le changement d’une Ă©poque Ă  travers le cĂ©lèbre trublion qui finit par prendre au sĂ©rieux son engagement national au fur et Ă  mesure qu’il portait non plus le rire mais un vĂ©ritable espoir. Le nĂ©ophyte du personnage que je suis dĂ©couvrira donc un comique, cordonnier ratĂ© Ă  ses heures, amateur d’herbe et plutĂ´t mauvais exemple pour ses enfants. Son parcours Ă  travers des mĂ©dias, enthousiaste d’abord puis beaucoup moins ensuite, quand il ne le censurent pas, soulignent ses paradoxes et sa prise de conscience sur le monde politique.

Et donc Coluche et sa bandes de joyeux anars, de Romain Goupil au Professeur Choron, colorent un peu ce monde terne en s’opposant Ă … Ă  quoi exactement ? Des hommes en costume hypocrites, des censeurs invisibles, des gens qui se tĂ©lĂ©phonent dans des bureau très haut de plafonds, et visiblement des flics aux ordres… on est loin des films politiques amĂ©ricains des annĂ©es 70. L’ennemi est tapi dans l’ombre et nous ne saurons vraiment jamais qui il est pas plus que le rĂ©alisateur tentera de nous faire comprendre contre quoi exactement Coluche se bat. Il nous demande simplement de croire qu’avant 81, la France c’est nul et que les ouvriers au chĂ´mage croient en Coluche dans des sĂ©quences fort lourdes en province.
Enfin, il filme complaisamment le basculement Ă  gauche, avec Jacques Attali l’incorruptible, le juste, tout en n’osant Ă  peine admettre dans l’Ă©pilogue que les restos du coeur sont une illustration cinglante de l’Ă©chec de toutes les politiques dont celle du pouvoir en place Ă  l’Ă©poque…

Outre ce manque d’enjeu, voire de suspense, la rĂ©alisation est le plus souvent très plate, alignant les fautes de goĂ»ts (la musique inappropriĂ©e lors du dĂ©jeuner chez la mère, les Ă©clairages « floues » qui centrent sur la vedette, le travelling lors de l’annonce de la candidature). Antoine De Caunes voulait filmer comme un reportage et nous sommes plus près du reportage de proximitĂ© sans saveur que du documentaire choc et de Strip Tease. Et le tempo des rĂ©pliques n’est pas bon, trop dĂ©clamatoire. C’est le cas aussi dans Monsieur N, que j’ai beaucoup aimĂ©, mais cela convenait mieux Ă  ce film en costumes.

Au terme d’une sĂ©ance un peu ennuyeuse, le film laisse une impression neutre. On n’attendait pas que Coluche, l’histoire d’un mec, soit une comĂ©die façon Inspecteur La Bavure mais le film est très rarement drĂ´le. Et on est peinĂ© de ne pas rire mĂŞme aux retranscriptions des sketches. MĂŞme si je me suis Ă  plusieurs reprises interrogĂ© non sur sa ressemblance avec Coluche mais plutĂ´t avec MichaĂ«l Youn, l’investissement de François-Xavier Demaison dans le rĂ´le titre n’est pas en cause mais la performance demeure sans saveur. Reste Olivier Gourmet, impressionnant en impresario autoritaire mais toujours fidèle, toujours au second plan. C’est peu.

coluche2

 Par Pascal     Commenter30 octobre 2008    Catégories: CinĂ©ma

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