Cartouche

Revu le 28/9/2009 en DVD

Un film d’enfance que je n’avais pas vu depuis peut-ĂŞtre 20 ans… Bien qu’assez rare dans dans les annĂ©es 90 et 2000, le film de capes et d’Ă©pĂ©es comporte quelques rĂ©ussites Ă  commencer par l’excellent Fille de d’Artagnan de Bertrand Tavernier, le meilleur film avec Sophie Marceau, le plus drĂ´le aussi. Il y a aussi deux remakes, tout deux avec Vincent Perez, le Bossu (très bon) et Fanfan la tulipe (que j’avais bien aimĂ© Ă  sa sortie, voilĂ ). Si on Ă©tend plus gĂ©nĂ©ralement au film d’Ă©poque, je pense aussi Ă  Ridicule (formidable) et le Libertin (encore avec Perez, très Ă  l’aise dans le genre, mais le film a très mauvaise rĂ©putation malgrĂ© (ou Ă  cause) la nuditĂ© de plusieurs protagonistes). Je pense aussi au film de GĂ©rard Jugnot, le Rose et le Noir, sur lequel je ne ferai pas de commentaire et laisse le soin au lecteur de constater par lui-mĂŞme Ă  quoi nous avons affaire (ici, c’est du très lourd).

Cartouche, c’est l’histoire de Dominique, voleur moral et libre, brĂ»lant sa jeunesse dans le larcin et la sĂ©duction. Avec un panache exceptionnel, Jean-Paul Belmondo l’interprète comme une fuite en avant constante parsemĂ©e de coups d’Ă©clats comme autant de provocations face Ă  une sociĂ©tĂ© stĂ©rile, formĂ©e d’une populace aveugle ou manipulable et d’une noblesse dĂ©connectĂ©e et stupide (le MarĂ©chal d’armĂ©e presque gâteux est Ă  ce titre hilarant). Cartouche semble alors passer comme un prophète promettant des jours meilleurs et le partage des richesses. Philippe De Broca n’en fait cependant pas le reprĂ©sentant d’une cause juste mais un Ă©lectron complètement libre, irresponsable et Ă©goiste emportant tout entier son entourage au grĂ© de ses envies personnifiĂ©es ici par la belle VĂ©nus. Cartouche ne joue donc pas avec les limites, il les franchit jusqu’Ă  ce qu’on finisse par l’arrĂŞter, conscient de son destin qu’il Ă©voque dès le dĂ©but Ă  son frère alors qu’un voleur se fait torturer sur la place publique.

Il n’est dès lors pas Ă©tonnant que la comĂ©die très enlevĂ©e du dĂ©but devienne amère. Les multiples refus de Isabelle de Ferrussac Ă  ses avances et un sacrifice douloureux ramènent Cartouche Ă  sa condition. Lucide, il l’a toujours Ă©tĂ© mais c’est bien la tristesse qui transparaĂ®t dans les derniers beaux instants du film. Ce virage cohĂ©rent et virtuose font de Cartouche un spectacle populaire exemplaire. Le film est un vĂ©ritable plaisir. Visuel d’abord avec des paysages magnifiques, d’excellents costumes* colorĂ©s et des dĂ©cors parfois superbe (le cloĂ®tre notamment et l’intĂ©rieur de la cathĂ©drale) mais aussi sonore, la musique de George DĂ©lĂ©rue Ă©tant prodigieuse. Cartouche est Ă©galement très drĂ´le avec des bonne rĂ©pliques et de la rĂ©partie puis de nombreux moments gentiment absurdes dont toute la première partie Ă  l’armĂ©e puis les diffĂ©rents vols du « gang » de Cartouche comme le dĂ©mĂ©nagement complet d’un salon luxeux en une vingtaine de secondes (!).

Autour de Belmondo, deux acolytes et une femme (plus Jacques Balutin en drĂ´le de moine) qui surjouent avec bonheur. La Douceur est en fait une brute jouĂ©e par Jess Hahn vu Ă©galement en AmĂ©ricain dans Laisse aller c’est une valse (et plein d’autres comĂ©dies de l’Ă©poque). La Taupe est le casanova cultivĂ© parfaitement incarnĂ© par un Jean Rochefort dĂ©jĂ  flegmatique et philosophe. Et il y a Claudia Cardinale, sublime dans ses vĂŞtements de gitane, Ă  la fois fière et minaude, amoureuse et pieds nus. De Broca la filme Ă©galement avec amour, Ă©clatantes dans les derniers instants en rouge ou en argent. Elle rend les tout derniers moments du film Ă©clatants, d’une beautĂ© stupĂ©fiante jusqu’aux ultimes instants. Et c’est ainsi que sans faire de (nouvelles) vagues, le couple Belmondo/de Broca tirèrent Ă  cette Ă©poque le cinĂ©ma français vers le haut…

Cartouche-belmondo-hahn-rochefort

Cartouche-Roquevert-Balutin-Cardinale

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Cartouche-Belmondo-Cardinale

Cartouche-ClaudiaCardinale

Cartouche-RochefortPiano

Cartouche-ClaudiaCardinaleRouge

Cartouche-ClaudiaCardinaleDiamants

Cartouche-JeanPaulBelmondo

*C’Ă©tait une Ă©poque oĂą le port de la puffy shirt rĂ©gnait en maĂ®tre, alors que maintenant c’est fortement dĂ©considĂ©rĂ©.

Cartouche-Seinfeld-puffy-shirt

 Par Pascal     1 commentaire10 octobre 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

1 Commentaire Add your own

  • 1. Jean-Baptiste  |  octobre 28th, 2009 at 10:23

    « I don’t want to be a pirate ! »

    En tout cas tu m’as bien donnĂ© l’envie de le voir… Merci.

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