Capitaine Blood (1935) de Michael Curtiz

Coupable de félonie envers la couronne d’Angleterre, le docteur Blood (Errol Flynn, nom amusant pour un docteur par ailleurs), ancien soldat, est expédié vers les Caraïbes avec quelques compagnons pour y être vendu comme esclave (!). Il est acheté par Arabella (Olivia de Havilland), la fille d’un notable local. Rapidement, il prépare son évasion… Capitaine Blood est un modèle parfait du swashbuckler plein de panache. Premier film d’une série de (grands) film d’aventure, le trio Errol Flynn / Olivia de Havilland / Michael Curtiz excelle à dresser ce beau film sur l’injustice et l’esclavage auquel un médecin valeureux doit faire face jusqu’à se trouver sans patrie et devenir un pirate « The World against us » tout en restant fidèle à ses principes de justice et d’équité.

Comme dans nombreux de ses films, Michael Curtiz privilégie le mouvement et le rythme, traitant les ombres comme des personnages (par exemple lors de la séquence sur la table d’opération) et élaborant des combat navals délirants, à base de maquettes, avec des grands duels à l’épée dont un superbe sur la plage entre Blood et un corsaire français (Basil Rathbone, vraiment délicieux). Mine de rien, ce n’est ni plus ni moins que notre imaginaire sur la piraterie qu’il illustre voire qu’il construit n’oubliant même pas d’insister sur la cruauté de l’époque (fouet, fer, combats assez violents comme c’est homme arraché par un grappin) et du propos qui est presque cynique lors de la vente des esclaves.

Sérieux et brillant, et parfois rigolard, Errol Flynn en impose et crève l’écran en toute circonstance devant un spectateur, moi, extatique. Avec Olivia de Havilland, il forme un grand couple du cinéma sur le point d’être starifié et de rentrer à la postérité. Ne nous y trompons pas, Capitaine Blood est un chef d’oeuvre d’Hollywood, pas un de ses chefs d’oeuvre « qu’il faut absolument voir même si on s’emmerde un peu quand même » mais un chef d’oeuvre très grand public, intemporel et entraînant.

Par Pascal
Commenter10 septembre 2010
Catégories : Articles, Cape et d'épée, Cinéma

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