Braquage à l’anglaise

Vu le 6/8/2008 à l’UGC Danton salle 2 en VO

Vendeur de belles voitures et malfrat du dimanche, Terry Leather a du mal à joindre les deux bouts avec ses créanciers du Milieu notamment. Un ancien amour, Martine Love ça ne s’invente pas, vient lui proposer un cambriolage lucratif. Terry réunit alors quelques proches surs. Mais ils ne savent pas que Martine est un pion du MI5 et qu’elle a ses propres objectifs.

Le cambriolage narré ici est assez classique aussi bien dans la vie (Spaggiari, ce cambriolage) qu’au cinéma notamment en comédie (Escroc mais pas trop, Ladykiller). C’est l’enchevêtrement des conséquences de celui qui est captivant et souvent ironique. Ironique ne veut pas dire décalé. Certes les personnages sont troubles et/ou haut en couleur mais le ton est cependant plus sérieux que ne pourrait l’être une fiction comme Arnaque, crime et botanique.

A partir de faits réels et d’enquêtes qui n’ont pas tout mis en lumière, le réalisateur Roger Donaldson brode et jongle avec les histoires de l’époque dans une Angleterre sur le déclin : une princesse people, un leader noir meutrier et partout de la corruption (de la police surtout) et de la décadence (émergence du cinéma porno, hauts dignitaires « so british » au bordel à tendance sado-maso. Le Londres gris et désenchanté des années 70 prend définitivement place après de joyeuses sixties.

Ce climat politique/social n’est cependant pas le coeur de l’histoire. Roger Donadlson prend surtout plaisir à raconter une histoire dans ce contexte morose où dominent de sombres intrigues et manipulations menées par un MI5 dépassé. A moins que cela fut le MI6… « Je n’ai jamais compris la différence » dira un inspecteur anglais !

Dans ce jeu de pouvoir et d’argent, on joue avec des boucs émissaires et autre pion devenus les dindons de la farce : le sort des membres de l’équipée bancaire ou de l’agent infiltré sont les fruits de ce monde corrompu. Dans cette noirceur terrible, et assez réaliste, l’optimisme du dernier instant joue sur le mystère autour des voleurs et du devenir de l’argent et elle sonne comme un ultime pied de nez, une ultime espérance d’un metteur en scène qui a pris à coeur cette histoire épaulée par une distribution remarquable, face à ce qui constitue une authentique sale affaire dont nous ne connaîtrons sans doute jamais les tenants et les aboutissants.

braquage-2

 Par Pascal     Commenter9 septembre 2008    Catégories: Cinéma

Poster un commentaire

Requis

Requis, caché

Trackback this post  |  Subscribe to the comments via RSS Feed


Meta

Auteurs

Catégories

Les derniers articles

Archives mensuelles

Liens