Bons baisers de Bruges

Vu le 2/7/2008 Ă  l’UGC George V salle 3 en VO

Comme le souligne l’actrice française ClĂ©mence Poesy dans le film, les films dans Bruges, Ă©trangers qui plus est, ne sont pas lĂ©gions. C’est pourtant dans cette ville que deux tueurs Ă  gages doivent se faire oublier après l’exĂ©cution d’un contrat. Une relation s’instaure entre le vieux expĂ©rimentĂ© et le dĂ©butant survoltĂ© et… suicidaire. Que doit faire le premier lorsque son patron rigide l’exhortent Ă  abattre le second ?

Bons baisers de Bruges brasse nombre de figures connues : la chute dans un lieu de perdition, la relation vieux sage/jeune chien fou, la loi du milieu (on ne tue pas les enfants)… le rĂ©alisateur/scĂ©nariste les traite avec un mĂ©lange de respect et de folie, et une bonne dose d’humour. Il prend ainsi son temps pour faire dĂ©couvrir Ă  la fois aux deux tueurs et au spectateur la ville de Bruges, vieille citĂ© chargĂ©e d’histoire, tragiquement belle et grise, ainsi que ses habitants et ses touristes. Et le dĂ©veloppement qui suit est fait d’errances nocturnes et de grisaille mĂ©lancolique. Et si l’arrivĂ©e est assez prĂ©visible, les trajectoires sont faites de digressions et de contournements ludiques.

Dans cette fantaisie noire et atypique, on rencontre un couple d’arnaqueurs du dimanche et un nain tout droit sorti de Ca tourne Ă  Manhattan. PlongĂ©s dans des situations incongrues, les personnages sortent volontiers des sentiers balisĂ©s : un dĂ©fi que les acteurs parviennent Ă  surmonter. Et pour ne parler que des principaux, dans le rĂ´le du tueur dĂ©butant rongĂ© par la culpabilitĂ©, et du coup très proche de son personnage dans le rĂŞve de Cassandra de Woody Allen, Colin Farrell est touchant et assez drĂ´le. Brendan Gleeson est quant Ă  lui une figure bienveillante et inquiète.

Sans doute Ă  cause du cocktail inattendu d’humour et de violence, Quentin Tarantino a Ă©tĂ© citĂ©. Martin McDonagh fait cependant moins dans le recyclage et a un peu moins de maĂ®trise : la poursuite finale avec de la musique lourde n’est pas toujours Ă  la hauteur. Mais il s’avère plus poĂ©tique et touchant. Il Ă©merge de Bons baisers de Bruges un ton, un style inĂ©dit, celui, sensible, de Martin McDonagh. Son approche bien Ă  lui a un revers : elle est difficile Ă  marketer surtout quand on est privĂ© de repère vu que c’est un premier film. C’est dire si Martin McDonagh a de l’audace Ă  revendre. Je lui souhaite une fructueuse continuation.

innbruges2

 Par Pascal     1 commentaire17 septembre 2008    Catégories: CinĂ©ma

1 Commentaire Add your own

  • 1. Polydamas  |  septembre 20th, 2008 at 12:15

    C’est un film anglais original, j’ai bien aimĂ©, surtout la scène du parc…

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