Blood : The Last Vampire

Vu le le 18/6/2009 à l’UGC Ciné Cité des Halles Salle 6 en VO (j’adore cette salle très inclinée, ça faisait longtemps que je n’y avais pas été)

En préliminaire, il faut savoir que j’ai un boulot assez pénible en ce moment (toute proportion gardée avec les boulots vraiment pénibles) et que ma femme n’est pas là le jeudi soir. Je me suis donc dit que je pouvais voir des films qui l’intéresse, disons, un peu moins. Curieusement mes choix les semaines précédentes furent assez peu heureux : le relativement décevant Watchmen, le chiant Les Trois Royaumes (oui, chiant), le mauvais X-Men Origins et, ouf, le marrant Jusqu’en Enfer de Sam Raimi.

Et donc, après une journée de boulot ailleurs et deux heures de transport dans un train très rapide, ma seule vraie option était bien Blood : The Last Vampire. Tout au long de ses 90 minutes, j’ai vraiment eu envie d’y croire. Il se range pourtant dans la catégorie « si mauvais qu’on rêve de devenir réalisateur parce qu’on a du mal à croire qu’on puisse faire pire ». Sorte d’étirement du moyen métrage d’animation du même nom (sorti en 2000), Blood raconte une histoire de vengeance, féminine, sur fond de guerre contre les démons.

Tout est à peu près raté : la photo, le sang, l’histoire – où la philosophie se résume à citer le Frankenstein de Shelley -, le design (horribles démons ailés) et le décor. Dans les extraits de notes de production que j’ai pu lire, le réalisateur Chris Nahon loue le talent des chinois pour leur professionnalisme et leur minutie quant à l’édification des décors. Réalisateur du pourtant sympathique Baiser Mortel du Dragon, il se tire une balle dans le pied, sa caméra devenant le responsable majeur, avec le montage, de ce naufrage. Pour nous raconter cette histoire, Nahon semble avoir pris le parti de tout filmer en gros plan. Il y a très peu de plans larges dans Blood et aucun dans les séquences d’action. Peu servis par un montage épileptique, les combats sont pour la plupart du temps illisibles, saccadés et sans véritable repère dans l’espace. Le pire est celui dans le gymnase qui est évanescente sans doute parce que les deux ennemies n’avaient jamais tenues un sabre de leur vie auparavant.

Parfois dans cette succession frénétique, on trouvera quelques belles, et fugitives, images (comme le semi-ralenti de massacre de démons dans des couleurs jaunes où les combattants sont des ombres) mais on en vient à croire que c’est un hasard. Et c’est dire si j’étais à l’affût de la bonne scène. Hélas, à la place d’une bonne scène, on ose nous resservir ce démon moche (et borgne) et un climax inexistant. Le duel final est à ce titre très révélateur : il est expédié en environ cinq minutes dont trois de dialogues, d’inspiration empire contre-attaquienne, et d’un combat à l’épée : 10 coups d’épée environ (je ne plaisante pas), un coup dans le dos par la pseudo side-kick (insipide Allison Miller), une explosion, une tour de guet qui tombe et un coup dans le coeur. Emballé.

Les acteurs ne pouvaient qu’être mauvais : ils le sont. Au mieux, ils cabotinent dans des rôles archi-classiques (démone arrogante, bad guy de la CIA, père militaire occupé mais aimant, vieux sage de la forêt et expert en arts martiaux, adolescente …). Les deux tiers du film en schoolgirl (de 400 ans…), l’héroïne, Gianna Jun, est sublime. Mauvaise en langue anglaise, meilleure en japonais, certainement sous-exploité dans les scènes d’action, elle ne peut pas sauver grand chose mais sa présence agréable est toujours ça de pris.

Film mauvais donc mais curieusement une bonne séance (carte illimité obligatoire, faut pas déconner). Je me sentais mieux après. La magie de la salle obscure.

Remarque : j’ai finalement vu le manga animé dont est issu la série. Plus mystérieux et court, il présente un design autrement plus réussi et on y parle plus de vampires que dans le film de Chris Nahon. L’animation et le dessin sont superbes. Je m’étonne que ce manga, qui prend des allures de pilote, n’est pas donné lieu à plus d’histoires sur ce dernier « originel » Saya.

blood-giannajun

Par Pascal
Commenter20 juin 2009
Catégories : Articles, Cinéma

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