Black book
Vu le 12/12/2006 Ă l’UGC CinĂ© CitĂ© les Halles salle 9 en VO
Black book est fondĂ© sur des faits rĂ©els, l’histoire de l’avocat, cherchant Ă trouver un accord entre nazis et RĂ©sistance, et celle du livre noir sont par exemple authentiques. Et le sujet est plutĂ´t rare (pour ce que j’en connais) puisque Paul Verhoeven raconte l’occupation allemande en Hollande, occupation semble t’il Ă l’Ă©cart de la guerre elle-mĂŞme puisque l’action se dĂ©roule majoritairement Ă quelques semaines de la capitulation et que le pouvoir nazi demeure ici encore incontestĂ© (on y fĂŞte mĂŞme l’anniversaire du furher en grandes pompes).
Comme souvent, l’auteur fait fi du politiquement correct pour son histoire. Il dĂ©crit des officiers nazis, Ă l’abri de la guerre, qui cherchent Ă s’enrichir avant l’inĂ©vitable dĂ©faite grâce Ă un stratagème glauque ou qui collaborent ou manipulent les officiers alliĂ©s après la capitulation. Son regard sur la rĂ©sistance est sans complaisance et sans hĂ©roĂŻsme exacerbĂ©. Il n’hĂ©site mĂŞme pas Ă faire jaillir l’antisĂ©mitisme de certains resitants et s’amuse aussi du communisme façon « c’est un socialiste mais il est sympa » ou lorsque tout le monde boit Ă la santĂ© de la couronne sauf le marxiste de service. Le rĂ©alisateur raconte aussi la rĂ©alitĂ© crue de l’après guerre, notamment le traitement des prisonniers et des traitres. Par ce biais, Black book devient un film essentiel et haletant et non une redite de faits rebattus.

L’autre intĂ©rĂŞt du film est son hĂ©roĂŻne. Après la ravissante idiote souvent conspuĂ©e par les ligues bien pensantes, on opta pour la femme guerrière façon Lara Croft. Pourtant entre les deux, il y a de la marge. Avec l’aide prĂ©cieuse de la très talentueuse Carice Van Houten, Paul Verhoeven nous offre une belle alternative avec un portrait de femme formidable. Rachel Steinn/Ellis de Vries est un personnage fort, une battante et une très belle femme, très sensuelle quand elle montre ses jambes en vĂ©lo Ă une poignĂ©e de soldats ou quand, image très Ă©rotique, elle se teint les poils vaginaux en blond.
Le coeur de ce film très efficace est cette femme juive perpĂ©tuellement salie au sens figurĂ©e comme au sens propre jusqu’Ă une rĂ©solution surprenante et sordide et une dernière scène apparemment belle mais dĂ©courageante comme si son destin Ă©tait de toujours se battre.
Par Pascal 1 commentaire16 dĂ©cembre 2006 Catégories: CinĂ©ma
1 Commentaire Add your own
1. Harald | janvier 8th, 2007 at 11:02
J’ai complètement adorĂ© ce film.
Non seulement il nous permet de retrouver un Verhoeven au mieux de sa forme, mais en plus il prĂ©sente une peinture de la pĂ©riode particulièrement ben lĂ©chĂ©e. Il y a un rĂ©el soin apportĂ© quant au rĂ©alisme. VĂŞtements, coiffures, attitudes, uniformes, armes, vĂ©hicules, etc. tout est parfait, dans son Ă©poque. Il y a eu un Ă©norme travail documentaire, c’est suffisament rare pour ĂŞtre notĂ©.
Le choix des acteurs est tout particulièrement judicieux également.
Un grand moment de cinĂ©ma. j’attends le dvd avec une grande impatience.
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