Vu le 15/01/2007 à l’UGC George V salle 9 en VO
Alejandro González Inárritu reprend à son compte la fameuse théorie du battement d’aile du papillon pour raconter plusieurs histoires autour des conséquences d’une balle tirée au fusil. Cette balle n’est pas le seul point commun de cette histoire car le réalisateur mexicain nous amène à nous poser la question du manque de communication entre les hommes et l’isolement qui en découle au-delà des barrières culturelles.
Plastiquement, le film est irréprochable. Très découpé et limpide, chaque scène a eu une préparation minutieuse et c’est évident à l’écran. S’il devait encore le confirmer, il ne fait aucun doute que Alejandro González Inárritu est un fabuleux technicien et un excellent raconteur d’histoire. C’est aussi un bon directeur d’acteurs. Ces derniers, bousculés et mis littéralement à nu, sont tous sincères et mémorables de l’amateur à la star internationale, du Japon au Mexique.
Babel peut aussi mettre mal à l’aise puisque Inarritu fait parti finalement de ces cinéastes capable de tout (son court métrage sur les attentats du 11 septembre est inoubliable) ainsi l’issue des différents destins demeure à tout moment incertaine avec une propension légèrement cruelle à toujours en rajouter dans la fatalité et la situation qui tourne mal. Pour le spectateur naïf que je suis et souvent réceptif au récit, cet étrange suspense n’est pas toujours soutenable et plutôt énervant. C’est lié au fait que je n’aime pas les ficelles de scénario fondées sur le manque de communication aussi bien dans ce film que dans des séries comme 24 ou les dernières saisons de X-Files. Comme ici, c’est le thème du film…
Il ne fait cependant aucun doute que Babel deviendra un film majeur de l’année 2006, ses nominations aux oscars le confirment (et confirme ma théorie selon laquelle si une belle actrice joue à poil ou s’enlaidit, elle obtient une nomination). Meilleur que 21 grammes mais peut-être moins surprenant que Amours Chiennes, on découvrait alors la patte du réalisateur épaulé par son talentueux scénariste Guillermo Arriaga, la beauté de Babel et l’universalité de son propos pourrait en faire devenir un film essentiel.


