La dernière fois que Terry Zwigoff et Daniel Clowes avaient travaillé ensemble, c’était pour l’adaptation de Ghost World, un des plus grand teenage movie que j’ai jamais vu.
La bande dessinée était fantastique, le film fut merveilleux. Et bien Art School confidential parvient à faire dix fois mieux.
D’abord, le scénario ne manque pas de finesse, avec cette histoire de gamin qui cherche l’amour sur un campus artistique hanté par un tueur en série. Mais ce n’est que la trame, parce que le meilleur vient d’un humour de situation qui flingue à bout touchant la plupart des clichés artistiques modernes (enfilant les clichés les uns après les autres - à la Ellis) tout en gardant une certaine tendresse pour les personnages. Dans un film de Kevin Smith, ils auraient tous été grotesque, et ça aurait été l’artillerie ironique lourde qui aurait tonné (voir Chasing Amy). Là, on est plus dans le créneau d’Anderson, avec beaucoup de personnages à la masse mais qui ne sont pas crucifiés par la mise en scène.

J’aime cette attitude, en partie parce qu’elle est devenu assez rare dans le cinéma actuel.
Les acteurs sont excellent, avec en particulier un Buscemi très en forme en tenancier de bistrot, un Malkovitch sublime en artiste raté et le jeune Minghella, fils de, pasolinien en diable, qui tente de faire percer son âme artistique et son amour pour la jolie Audrey au milieu de tous ces losers et d’une intrigue policière qui s’accroit énormément dans le dernier quart d’heure du film. Pour l’instant, je dis bien pour l’instant, parce qu’il y a encore quelques concurrents pour le titre, je dis Film de l’année 2006. Rien de moins.


Ghostworld, très bonne caution, me donne envie de voir ce film.