A Bittersweet life
Vu le 25/6/2007 en DVD
Film corĂ©en (2005 – Dalkomhan insaeng) de Kim Ji-woon avec Byung-hun Lee, Jeong-min Hwang, Ku jin, Roe-ha Kim, Mu-sung…
Sun-Won travaille depuis 7 ans pour Monsieur Kang, un chef de gang, « comme un chien fidèle ». Pourtant, ce dévouement ne sera jamais récompensé. « La moindre erreur après des années de bon travail peut briser la carrière ».
A Bittersweet life a tout d’une histoire de vengeance et raconte l’histoire d’un homme dont le coeur vibre pour la première fois au dĂ©tour de quelques images touchantes d’une jeune femme se mettant une mèche de cheveux derrière son oreille ou jouant du violoncelle. Cet espoir inattendu pour un homme froid et distant sera coupĂ© net lors d’une longue et douloureuse torture. Viendra alors le temps de la vengeance proprement dite pour un hĂ©ros dĂ©cidĂ© Ă aller jusqu’au bout.
Les enjeux sont Ă première vue abscons, les personnages Ă©tant soient opaques, soit grandiloquents Ă l’image de Baek, petite frappe cruelle et violente mais ne supportant pas le sang sur ses vĂŞtements ! Mais l’absence d’explication directe finit par ĂŞtre comme le leitmotiv du film. En montrant des hommes rejetant explicitement les explications simplistes, il incite le spectateur Ă s’interroger sur ce qui mène Ă une telle dĂ©bauche de violence. ProstrĂ©s dans les principes et l’« honneur » de la pègre, incapables d’admettre leurs torts ou tout simplement exprimer leurs sentiments, les personnages ne connaissent en effet qu’un seul langage, celui de la violence. Elle jaillit subitement comme lorsque Sun-Won Ă©nervĂ©, s’acharne sur des inconnus dans leur voiture ou lorsqu’il dit Ă un de ses ex-collègues « j’ai quelque chose Ă te dire » pour finalement… l’abattre. Le rĂ©alisateur explore cette voie jusqu’au final furieux et beau.
Sur la forme, le film est très stylĂ© sans ĂŞtre esthĂ©tisant. Les images sont lĂ©chĂ©es et les dĂ©cors excellents privilĂ©giant Ă plusieurs reprises les couloirs. L’absence presque systĂ©matique de figurants dans la grande ville et la très belle musique renforcent la tragĂ©die. Comme plusieurs films corĂ©ens parvenus en Europe, on retrouve au milieu d’une grande violence, très bien rĂ©alisĂ©e, plusieurs moments incongrus d’humour noir tels cette femme de mĂ©nage balayant un hangar oĂą Sun-Won est suspendu Ă une corde ou cette longue sĂ©quence russo-corĂ©enne d’un accident stupide Ă l’apprentissage du dĂ©montage/remontage d’arme Ă feu. Par tous ces aspects, A Bittersweet life est vraiment une rĂ©ussite.
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