Archives de mai 2010

Le Secret de la pyramide (1985) de Barry Levinson

Comme le titre original, Young Sherlock Holmes, l’indique, le film de Barry Levinson raconte la jeunesse de Sherlock Holmes Ă  l’universitĂ©. PrĂ©cisĂ©ment, il scelle les destins d’Holmes et Watson et donc le dĂ©but des histoires du premier racontĂ©es par le second. Loin de trancher avec l’imagerie traditionnelle comme le Sherlock Holmes de Guy Ritchie, Le Secret de la pyramide profite de la jeunesse du hĂ©ros, du cĂ´tĂ© prequel de la sĂ©rie, pour dresser la naissance de cet imaginaire autour du cĂ©lèbre dĂ©tective, de ses vĂŞtements Ă  son cĂ©lèbre « Elementaire » qui se termine ici par un « Mon cher Holmes » puisque prononcĂ© par son maĂ®tre Ă  penser et inventeur farfelu.

Cette approche n’est pas innovante, peut-ĂŞtre l’Ă©tait-elle un peu plus Ă  l’Ă©poque, mais elle est plaisante, jamais ennuyeuse. On ne pourra guère reprocher Ă  Levinson le rythme du film. En une quinzaine de minutes, il pose l’ambiance et les personnages secondaires (les deux mentors, un riche con, une belle Ă  croquer…) et les capacitĂ©s exceptionnelles de Holmes Ă  travers, entre autres exemples, un jeu de piste amusant.

La suite est une trĂ©pidante aventure avec une touche de surnaturelle que Holmes dĂ©fie avec toute sa logique. Avec Steven Spielberg Ă  la production, on ressent la bĂ©nĂ©fique influence d’Indiana Jones et le Temple Maudit (la scène du sacrifice) sans ĂŞtre trop morbide ni toutefois aseptiser. MĂŞme s’il est assez prĂ©visible, le dĂ©nouement, sur base de la rĂ©plique « Never replace discipline with emotions », n’incite pas Ă  la rigolade et s’avère une excellente base pour une sĂ©rie…

… qui n’a jamais eu lieu, le film n’ayant pas eu Ă  l’Ă©poque un gros succès. Pourtant, je n’avais vu qu’une seule fois ce film enfant et il m’avait vraiment marquĂ©. Je me souvenais prĂ©cisĂ©ment de plusieurs scènes de relation mentor/Ă©lève (j’adore ça, comme par exemple ici le dernier duel amical Ă  l’escrime) et surtout de la plupart des sĂ©quences Ă  effets spĂ©ciaux. Certaines sont anthologiques (l’attaque des gâteaux !) d’autres historiques ainsi l’image vraiment spectaculaire du soldat sortant de son vitrail, sĂ©quence numĂ©rique dirigĂ©e par John Lasseter.

En plus d’un bon film d’aventure, Le Secret de la pyramide est ainsi en un tour de force technique avec de superbes dĂ©cors et une bonne musique. Tout semble soignĂ© malgrĂ© un casting britannique pas forcĂ©ment inoubliable. Le mĂ©chant mystique est excellent mais on retiendra particulièrement un Watson (Alan Cox) ressemblant comme deux gouttes d’eau Ă  Harry Potter. Le rapprochement ne s’arrĂŞte pas lĂ  puisque l’ambiance scolaire (uniforme/Ă©charpe inclus) rappelle bien les aventures du sorcier Ă  la cicatrice. Et Ă  bien y rĂ©flĂ©chir, il suffirait de remplacer les capacitĂ©s de Holmes par une baguette magique et nous ne serions pas si Ă©loignĂ© de l’univers J.K Rowling… il n’est pas alors très Ă©tonnant de retrouver au scĂ©nario Chris Colombus, rĂ©alisateur des deux premières adaptations.

 Par Pascal     Commenter27 mai 2010    Catégories: Articles CinĂ©ma Fantastique Thriller

Explorers (1985) de Joe Dante

A partir de rĂŞves d’Ă©vasion et de la dĂ©couverte d’une force Ă©nergĂ©tique immense, trois gamins un peu Ă  l’Ă©cart dĂ©cident de construire un vaisseau pour partir dans l’espace.

Explorers dĂ©marre sur des visions qui rappellent Tron mais le film de Joe Dante dĂ©vie vers une sorte de version personnelle de Rencontre du Troisième type (Explorers y fait mĂŞme rĂ©fĂ©rence Ă  travers un singe en peluche). La vision est d’ailleurs très personnelle et s’attache Ă  une Ă©vocation d’enfants, un rĂŞveur (Ethaw Hawke), un scientifique (River Phoenix) et un « dur » lucide et indĂ©pendant (Jason Presson), dans une banlieue amĂ©ricaine typique ou plutĂ´t spielbergdienne.

Joe Dante en profite pour truffer son films de rĂ©fĂ©rences (que j’ai lues pour la plupart sur imdb…) entre l’Ă©cole Charles M. Jones (pour le faiseur de cartoons Chuck Jones) et des films de science-fiction vrais ou faux (l’excellent film Starkiller en rĂ©fĂ©rence au premier nom choisi par George Lucas pour celui qui deviendra Luke Skywalker). J’ai notĂ© aussi une vague obsession pour les chewing gum (entre le pilote de l’hĂ©lico, jouĂ© par son acteur fĂ©tiche Dick Miller et le chien).

En plus de cĂ©lĂ©brer une culture qui deviendra plus ou moins une norme Ă  partir des annĂ©es 2000 (le « geekisme »), Joe Dante livre une histoire d’enfants très touchante avec un propos pour le moins invraisemblable mais qui devait enthousiasmer les gamins d’alors avec communication par talkie-walkie, tĂ©lĂ© dans la chambre, cave-laboratoire, Apple 2…
En mĂ©langeant rĂŞve, espoir et rĂ©alitĂ© et en Ă©vacuant rapidement tout manichĂ©isme, le metteur en scène parvient Ă  ĂŞtre juste. MalgrĂ© une post production chaotique et une dĂ©possession de son film, il reste une quĂŞte puis une rencontre Ă©chappant Ă  tout manichĂ©isme binaire. Le rĂ©alisateur Ă©vacue toute lutte entre « bons » et « mĂ©chants » pour ne s’attacher qu’au trio et ses fantasmes/aventures.

A tel point d’ailleurs qu’il est difficile de savoir oĂą le film veut en venir si bien que je me suis un peu dit que ça ne racontait pas grand chose si ce n’est une exploration. Vu le titre du film, je ne peux pas dire que je me suis fait avoir. En tout cas, le dernier acte est visuellement dĂ©lirant et gĂ©nial mais aussi plutĂ´t nihiliste. Les enfants sont mĂŞmes confrontĂ©s Ă  ce qu’ils pourraient devenir, presque comme une mise en garde oĂą Dante dĂ©nonce la culture non digĂ©rĂ©e, la tĂ©lĂ©vision et son pouvoir avilissant en citant Le Faucon Maltais dans un rythme entraĂ®nant (All Around The World de Little Richard).

Explorers reste un bon film, qu’il convient peut-ĂŞtre d’avoir vu enfant puisque c’est lĂ  qu’il aura le plus gros impact, portĂ©e par une musique exceptionnelle (carrĂ©ment) de Jerry Goldsmith.

 Par Pascal     Commenter14 mai 2010    Catégories: Articles CinĂ©ma Science-Fiction

Tron (1982) de Steven Lisberger

Bien que reconnaissant son imagerie, je n’avais jamais encore vu Tron. Pour ĂŞtre honnĂŞte, je ne m’attendais pas Ă  grand chose voire Ă  ĂŞtre embarrassĂ© par le cĂ´tĂ© kitsch de l’entreprise. Ce fut plutĂ´t le contraire. DĂ©jĂ , je ne me souviens pas avoir vu ce design plutĂ´t original (et co-designĂ© par Moebius), relativement vieillot certes, comme souvent quand on traite de l’informatique, mais pas tant que ça. L’histoire elle-mĂŞme oscille entre le bancal et le passionnant. Avec quelques artifices, le vol de jeux vidĂ©os, le scanner miniaturiseur façon ChĂ©ri j’ai rĂ©trĂ©ci les gosses, Tron raconte le « kidnapping » de Kevin Flynn (Jeff Bridges) dans le système informatique de son ex-compagnie. Il dĂ©couvre alors des programmes douĂ©s d’une vie propre, ayant l’apparence de leur crĂ©ateur et soumis au Master Control Program, l’Intelligence Artificielle rĂ©gnant sur le système, sauf sur le programme Tron, et rejetant l’existence des humains.

Bien que peu approfondi, l’enjeu devient mystique opposant la croyance en un crĂ©ateur (l’humain en somme) ou la tentative d’Ă©mancipation de celui-ci. Il est illustrĂ© assez finement, et de l’intĂ©rieur, et nous voyons comment un programme progresse lui-mĂŞme jusqu’Ă  aboutir Ă  la conclusion que l’homme n’est pas bon, ou infĂ©rieur, et entreprend de rejeter son existence auprès des autres programmes. Invraisemblable ou dĂ©licieusement dĂ©lirant selon l’humeur. Et voir Kevin Flynn, le premier geek ?, tenter de pĂ©nĂ©trer depuis sa salle de jeu un système informatique distant prĂ©figure peu ou prou les autoroutes de l’information. Le film rapporta Ă  sa sortie quelques 33 millions de dollars ce qui n’est pas transcendant, preuve que Tron, dont la suite sort en 2010, a su marquer durablement les esprits (grâce notamment au jeu qui lui fut associĂ©).

 Par Pascal     Commenter11 mai 2010    Catégories: Articles CinĂ©ma Science-Fiction

Police Story 3 – Supercop (1992) de Stanley Tong

Troisième Ă©pisode des enquĂŞtes/aventures de Chan Ka Kui (Jackie Chan). L’intrigue, autour du trafic de drogue (avec des europĂ©ennes qui meurent d’overdose), demeure assez simple mais dĂ©veloppe une toile de fond intĂ©ressante sur la future unification de Hong Kong ou la Chine, oĂą Chan enquĂŞte et infiltre la pègre. Je dois louper des rĂ©fĂ©rences culturelles mais certaines sont intrigantes comme le fait que le film au dĂ©but alterne Cantonnais et Mandarin.

Dans ce troisième opus, Jackie Chan laisse la camĂ©ra Ă  Stanley Tong. DĂ©jĂ  responsable des cascades sur les deux prĂ©cĂ©dents films. Il fera des merveilles dans Jackie Chan dans le Bronx. Ce choix de rĂ©alisateur fut une contrainte imposĂ©e par la production (la Golden Harvest) trouvant Chan trop lent Ă  la rĂ©alisation. Ce n’est pourtant pas un hasard si ce Police Story 3 est bien meilleur que les deux premiers, plus distrayant notamment quand il n’y a pas d’action. MĂŞme au niveau comĂ©die, le film m’a arrachĂ© quelques sourires ce qui n’Ă©tait pas le cas avant. Jackie Chan fait gentiment le clown et les passages limite vaudeville (la visite de la fausse famille de Chan) sont plutĂ´t rigolos.

CĂ´tĂ© action, les arts martiaux sont une composante mais pas la fin en soi du film. Le premier duel Ă  mains nues est très impressionnant. Après une Ă©vasion vertigineuse et quelques passages comiques, le film prend son envol et livre 40 dernières minutes hallucinantes allant de la fusillade explosive dans la jungle Ă  la course poursuite en auto, moto, train et hĂ©licoptère en plein Kuala Lumpur ! Pour tout dire, je pense que c’est un des meilleurs films d’action que j’ai vu, très imaginatif et nerveux. AccrochĂ© Ă  une Ă©chelle d’hĂ©lico, Jackie Chan m’a une nouvelle fois fait très peur.

Le fait de voir le film en version original amĂ©liore Ă©galement la vision. Je dĂ©couvre ainsi une Maggie Cheung, (un peu) moins nunuche, (un peu) plus intĂ©ressante mais aussi (encore) plus belle, perdant parfois son cĂ´tĂ© enfantin pour gagner en fĂ©minitĂ©. Mais le joyau de ce Police Story 3 est Michelle Yeoh. Miss Malaisie 1983, sublime avec des nattes ou en uniforme strict, Ă  l’aise dans la comĂ©die et dans l’action (oĂą elle donne de sa personne comme le rappelle le gĂ©nĂ©rique de fin), elle s’impose comme double fĂ©minin de Chan dans le film au point de jouer dans un spin-off de la sĂ©rie : Police Story 3 – Supercop 2 !

 Par Pascal     Commenter6 mai 2010    Catégories: Articles CinĂ©ma Polar


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