Archives de avril 2010
L’inspecteur Chan Ka Kui est de retour mais en uniforme, forcĂ© de donner des contraventions Ă une dizaine de camions Ă la fois (!) et de rĂ©gler la circulation. Mais son ennemi du premier Ă©pisode, Ă qui il avait donnĂ© une sĂ©vère correction, sort de prison et veut se venger. Il intimide ainsi sa famille ce qui met Chan hors de lui au point d’infliger une sĂ©vère correction Ă ceux qui se moquent de lui. C’est mal de se venger de la sorte mais je dois reconnaĂ®tre ce sentiment de plaisir dĂ©licieux de voir des mĂ©chants arrogants et bĂŞtes s’en prendre plein la gueule. Ça arrive un peu moins souvent dans la vie donc profitons-en.

L’action semble encore une fois « simple » mais tellement dangereuse. Quand Jackie Chan traverse une quatre voie avec des voitures roulant Ă vitesse rapide, on se demande vraiment s’il le fait vraiment avec des cameramen le filmant Ă l’arrache. Et d’un autre cĂ´tĂ©, nous assistons Ă des bagarres très prĂ©parĂ©es et chorĂ©graphiĂ©s avec des effets d’accĂ©lĂ©rĂ©s. Dans les deux cas, la fluiditĂ© des mouvements et la violence apparente des coups et des chocs sont vraiment impressionnants et immersifs. Une nouvelle fois, le gĂ©nĂ©rique du fin indique qu’on ne plaisante pas avec la moindre cascade.


Cette double histoire de chantage et vengeance est classique avec a priori un plus gros budget que Police Story et donc plus d’explosions. Le hĂ©ros est toujours partagĂ© entre son devoir et sa petite amie (toujours la craquante, et quelque peu horripilante, Maggie Cheung) et fera cavalier seul Ă la fin. Chan est plus sĂ©rieux que dans le premier opus, il accentue son cĂ´tĂ© excellent enquĂŞteur et se met en retrait dans la comĂ©die. Il faut quand mĂŞme se taper la chiasse de son chef Ă plusieurs reprises. La version anglaise n’arrange rien Ă l’affaire et donc, entre deux bonnes sĂ©quences de baston et quelques prouesses physiques, on peut trouver le temps très long. A vrai dire, je prĂ©fère regarder Shanghai Kid. On peut trouver ça grave. C’est peut-ĂŞtre culturel. Et j’adore Owen Wilson.

Un hommage Ă John Woo ?

Par Pascal
25 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Polar
Jackie Chan est connu pour sa pratique des arts martiaux. Au fait de sa gloire en Asie, il rĂ©alise ce Police Story soit une plongĂ©e dans l’action pure avec sa troupe de cascadeurs. Le dĂ©but est pĂ©taradant avec un gunfight dans un bidon ville puis surtout sa traversĂ©e en voiture. Il n’aura Ă©chappĂ© Ă personne que Michael Bay a repris cette scène telle quelle pour son Bad Boys 2 près de 20 ans après. Ce plagiat est presque une bonne chose. Il montre que le fric ne fait pas tout : la sĂ©quence dans Police Story est plus sensitive que celle du film de Michael Bay. Nul doute que dans les deux cas, la prĂ©paration fut importante mais celle de Police Story donne l’impression d’une prise de risque et d’une spontanĂ©itĂ© plus grande. Elle prend aux tripes. Il y a d’excellents films d’action amĂ©ricain mais une « simple » cabriole (de plusieurs minutes !) avec un parapluie de Jackie Chan pour s’accrocher Ă un bus est beaucoup plus spectaculaire que des fx numĂ©riques.

Le dĂ©but de ce Police Story est donc excellent et ce ne sont pas les arts martiaux qui sont mis en avant mais bien toutes les capacitĂ©s d’Action Man de Jackie Chan et son Ă©quipe. Et hĂ©las de comĂ©die. Police Story raconte une histoire de protection de tĂ©moin. Ce dernier est une dernière (Brigitte Lin). Le protecteur est Jackie Chan et il a une petite amie May (Maggie Cheung qui est très mignonne, ingĂ©nue). Nous avons donc droit Ă de la comĂ©die. J’ai vu le film en anglais et il y avait dĂ©jĂ des contresens entre l’anglais doublĂ© et l’anglais sous-titrĂ© ce qui limite la portĂ©e des gags. Mais bon en plus ce n’est pas excessivement drĂ´le : certes on peut sourire lors du faux interrogatoire et de la fausse tentative d’assassinat mais les quiproquos dans l’appartement sont plutĂ´t pĂ©nibles. Le procès, avec perruques, est si nul qu’on peut en rire au troisième degrĂ© (au-moins). Le problème est que tout ça dure plus de 45 minutes et qu’on peut trouver le temps long. Tout juste peut-on apprĂ©cier Chan se garant de manière incroyable, s’amuser avec des fils de tĂ©lĂ©phones et provoquer quelques chutes et accidents.

La dernière demi-heure est beaucoup plus sĂ©rieuse, Ă©galement au niveau de l’intrigue, avec des combats spectaculaires et des chorĂ©graphies brutales. Certaines scènes sont accĂ©lĂ©rĂ©es mais ce qui pouvait nuire est ici plutĂ´t bien menĂ© (c’est pas les Anges Gardiens, quoi). Jackie Chan fait des choses inimaginables jusqu’au final anthologique dans le centre commercial. Ça fait un bon tiers d’hallucinant. C’est largement suffisant pour nous impressionner d’autant que, comme souvent dans les films de Chan, le gĂ©nĂ©rique de fin nous rappelle que toutes ces acrobaties ont un prix.
Par Pascal
22 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Polar
Enfin vu ce film de John Cameron Mitchell, comme Carrie hein, en mĂŞme temps, il serait temps que je vois ces environ 1500 films que je dois enfin voir. Il se trouve qu’Hedwig and the Angry Inch est le film prĂ©fĂ©rĂ© de ma femme. Les personnes les plus incroyables sur terre se souviennent certainement de mon petit commentaire sur Shortbus et qui fit les beaux jours des visites sur le site (top 10 des articles, le sexe sans doute). Sans elle, je pense que je ne me serais pas dĂ©placĂ© (quoique peut-ĂŞtre, le sexe sans doute). MalgrĂ© un avis quelque peu mitigĂ©, je garde plutĂ´t un bon souvenir de ce film. Je suis quelqu’un de plutĂ´t pessimiste et triste mais j’ai la chance de surtout garder en tĂŞte les bons moments des films.
Je risque de garder un excellent souvenir d’Hedwig and the Angry Inch. DĂ©jĂ , j’ai adorĂ© le tout premier instant du film prĂ©sentant Hedwig en diva jetant son parapluie. Trois secondes, peut-ĂŞtre cinq, gĂ©niales, le genre de moments abrupts et absurdes que j’adore. Hedwig and the Angry Inch, c’est l’histoire glorieusement triste d’Hedwig, est-allemand muni d’un terrible pouce au mauvais endroit et chantant dans tous les USA Ă la traĂ®ne d’un chanteur Ă succès interprĂ©tant ses chansons qu’il a volĂ© Ă Hedwig. Le film est d’abord une splendide comĂ©die musicale joyeuse et terriblement entraĂ®nante. Les chansons sont toutes excellentes. The origin of love a un texte sublime tandis que Wig in a box bouleverse complètement dans le film. Ceux qui ne verront jamais « enfin » le film peuvent se laisser tenter :
« Good things come to those who wait ». Quand on voit dans quel contexte est prononcĂ© cette sentence et la tĂŞte de Hedwig, nous plonge dans un mĂ©lange de tristesse profonde teintĂ©e d’un certain humour. Et ça fait dĂ©jĂ plusieurs fois que je tente de mĂ©langer des adjectifs positifs et nĂ©gatifs dans ce court commentaire (saurez-vous les retrouver ?) et il faut dire que la mise en scène de John Cameron Mitchell, truffĂ©e de flash back gĂ©niaux, repose sur cette narration joyeuse d’un homme-femme triste se battant pour devenir lui-mĂŞme.
John Cameron Mitchell joue Hedwig. Acteur dans les années 90, il a arrêté depuis ce film sauf pour une apparition dans Shortbus. Est-ce vraiment un hasard tant il semble avoir absolument tout donné dans ce personnage comme une sorte de don au cinéma ? Original et libre, Hedwig and the Angry Inch est un vrai bonheur, à voir pour son interprétation kamikaze (type The Wrestler avec Mickey Rourke en plus euphorisant) et par tout fan de comédie musicale.


Par Pascal
15 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Musical

Enfin vu ce classique du film d’horreur, qui fait en outre partie des 100 films fantastiques (sur en gros 1975-1993) de MadMovies paru pour leur centième numĂ©ro, rĂ©alisĂ© par Brian de Palma. Le metteur n’en est pas Ă son coup d’essai et a dĂ©jĂ mis en boite un film fantastique, le bon Soeurs de sang. Carrie est une jeune adolescente, tĂŞte de turc des pĂ©tasses de son lycĂ©e (soit Ă peu près tout le monde), Ă©levĂ©e et martyrisĂ©e par une mère illuminĂ©e. Peu Ă peu, dès lors qu’elle a ses premières règles, elle se dĂ©couvre des pouvoirs tĂ©lĂ©kinĂ©siques.
Le film n’a pas vraiment subi l’Ă©preuve du temps si ce n’est qu’on peut dire qu’il serait difficile de rĂ©aliser un film pareil aujourd’hui. Je reconnais avoir eu un peu peur de me retrouver avec un film surtout connu pour sa dernière partie et un peu pĂ©nible dans les deux premiers tiers. Le film choque dès ses premiers instants dans cette scène très voyeuriste dans le vestiaire des filles s’achevant comme un meurtre alors que Carrie a ses règles pour la première fois. Le retour Ă©plorĂ©e de Carrie chez sa mère (terrifiante Piper Laurie) est assez traumatisante. Toute la suite sonne parfois comme un film de casse oĂą les pĂ©tasses, notamment Chris (Nancy Allen, que j’avais vu dans l’hilarant 1941), prĂ©parent un mauvais coup Ă Carrie pour le bal de fin d’annĂ©e oĂą elle est invitĂ©e par le beau Tommy. Les hommes dans Carrie semblent d’ailleurs hors du coup, manipulĂ©s, ou plutĂ´t soumis, aux femmes.
Et donc, le final est bien le morceau anthologique prĂ©vue avec des images marquantes oĂą la violence de Carrie explose littĂ©ralement Ă l’Ă©cran. Sissy Spacek, du bal de promo Ă la crucifixion avec des ciseaux, rentre dans l’Histoire du cinĂ©ma. Bien des amateurs ont dĂ©crit longuement tous les degrĂ©s de lecture du film et sa mise en scène. Un classique en somme mais aussi une expĂ©rience intense et violente de bout en bout.



Par Pascal
10 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Epouvante
Quelques encarts furtifs nous placent dans l’uchronie : Europe Ă©colo sans armes nuclĂ©aires, OTAN dissoute, rĂ©volutions dans les pays d’AmĂ©rique centrale… et une union soviĂ©tique au bord de la famine qui tente une fuite en avant. Cela rappelle d’ailleurs le point de dĂ©part du roman TempĂŞte Rouge de Tom Clancy oĂą, privĂ©e de gros approvisionnements en pĂ©trole, l’URSS se rĂ©sout Ă dĂ©clencher une offensive en Europe.
Après un court gĂ©nĂ©rique, on voit deux frères qui vont Ă l’Ă©cole dans une ville du Colorado. En pleine classe, les parachutistes russes tombent du ciel et sèment la dĂ©solation. Les deux frères et quelques collègues vont alors se cacher dans la montage. C’est l’art d’aller droit au but en quelques minutes. Le rĂ©alisateur John Millius ne s’embarrasse pas de longues expositions des personnages et nous prĂ©cipite rapidement dans l’invasion puis la rĂ©sistance.
John Milius ne s’intĂ©resse pas vraiment Ă la grande Histoire mais prĂ©fère se concentrer sur ce groupe d’adolescents qui dĂ©cident de rĂ©sister Ă l’envahisseur. Et dans le genre, je crois qu’on peut difficilement faire plus patriotique. L’Aube Rouge est vraiment porteur des grandes valeurs de l’AmĂ©rique que ce soit dans l’Ă©vocation de la chasse (on boit le sang de la bĂŞte qu’on a tuĂ©) que dans l’hĂ©roĂŻsme exacerbĂ©. Le groupe de teenagers n’est pas en effet L’ArmĂ©e des Ombres mais une bande armĂ©e revancharde qui signe ses actes (Wolverine, la mascotte de leur Ă©cole) au fil de ses nombreuses victoires.


Nombreuses en effet, L’Aube Rouge est sorti en 1984 ce qui n’est pas si lointain. Il fut considĂ©rĂ© comme un film très violent au point d’ĂŞtre au Guinness Book of Records d’après Wikipedia ! Rien de bien mĂ©chant en fait mais il est vrai que les escarmouches et actes de guĂ©rilla s’accumulent. Les pyrotechniciens ont du beaucoup s’amuser et du coup l’amateur devrait largement trouver son compte dans ce rĂ©cit quelque peu binaire. Car dans L’Aube Rouge, les russes sont très mĂ©chants, le vĂ©ritable ennemi de l’amĂ©rique. Les amĂ©ricains sont gentils et valeureux façon all american hero avec sens des responsabilitĂ©s et du sacrifice autour d’un gamin (Patrick Swayze) qui est aussi (Ă©videmment ?) le quaterback de son bahut.
Il y a aussi un grand sens de la stratĂ©gie puisque les gamins tuent un grand nombre de soldats et provoquent des dĂ©gats importants sans vraiment subir de grandes pertes. Quand ils retrouvent un pilote de l’US air force Ă©chappĂ© de son avion qui s’Ă©crase, celui-ci leur dit qu’il a abattu quatre avions ennemis avant d’ĂŞtre touchĂ© Ă son tour. On se demande presque comment les US peuvent perdre alors qu’une dizaine tout au plus de gamins, dont le seul avantage est de connaitre le terrain (c’est bien sur non nĂ©gligeable), dĂ©joue fort longtemps l’armĂ©e d’occupation !
Bien que peu exploitĂ©e, la rĂ©ponse est sans doute Ă chercher dans cette dĂ©fiance envers l’autoritĂ©, thĂ©matique assez rĂ©currente dans les annĂ©es 80. Outre, l’abandon des Ă©tats (l’Europe est neutre dans le conflit – et on pourrait presque voir dans ces rĂ©volutions dans les pays du sud qui se retournent contre les US une certaine justification de l’interventionnisme), le seul personnage amĂ©ricain qui a une autoritĂ© lĂ©gale (le maire) est impuissant face Ă l’ennemi. C’est l’amĂ©ricain seul et armĂ© que Milius loue, celui qui agit, a parfois des scrupules mais fait son devoir, des choses importantes et qu’on comprend de moins en moins de nos jours. Milius pointe peut-ĂŞtre du doigt notre sociĂ©tĂ© de consommation avec des gĂ©nĂ©rations de jeunes plus prĂ©occupĂ©s par leur nombril que ce questionnement. Dans ce cas, son film est presque porteur d’espoir.
L’Aube Rouge illustre souvent ce propos par un style un peu trop glorificateur et mĂŞme pompier pour ĂŞtre totalement convaincant, sans ĂŞtre dĂ©plaisant loin s’en faut. Dans cet esprit de sublimer la force de l’AmĂ©rique et sa jeunesse, il n’est pas Ă©tonnant que John Milius n’Ă©voque que très peu l’aspect macro du conflit ni mĂŞme son issue, dĂ©voilĂ©e implicitement grâce Ă un monument aux morts, puisque celle-ci ne fait aucun doute. Le metteur en scène Ă©vite cependant de donner une vision idyllique de cette rĂ©sistance. La mort, la trahison, les exĂ©cutions, le meurtre de sang froid sont aussi le lot de ces gamins devenus trop rapidement soldats. MalgrĂ© la condition Ă©trange des femmes dans le groupe, Ă©gales des hommes mais assez hystĂ©riques dans un environnement relativement asexuĂ©s (on est plus dans l’admiration et l’amitiĂ©), les sĂ©quences au sein du groupe sont bonnes, souvent douloureuses quand elles ne bouleversent pas notamment lors d’un suicide dĂ©chirant Ă la grenade.


Au final, je suis content d’avoir pu dĂ©couvrir ce film que je voulais voir depuis quelques temps et sans m’attendre Ă un chef d’oeuvre et certainement plus profond qu’un film bourrin. On retrouve en outre quelques jeunes acteurs comme le couple Patrick Swayze/ Jennifer Grey avant Dirty Dancing ainsi que Charlie Sheen, dĂ©jĂ au cĹ“ur de la guerre une poignĂ©e d’annĂ©es avant Platoon. J’ignorais par contre que l’histoire originale Ă©tait de Kevin Reynolds, qui rĂ©alisera plus tard Robin des Bois et Waterworld.




Par Pascal
4 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Guerre
Jean-Pierre Melville filme la RĂ©sistance après l’arrivĂ©e inexorable des allemands en France (la première scène qui envahit littĂ©ralement l’Ă©cran illustre l’invasion ; Melville hĂ©sita Ă mettre Ă la fin du mĂ©trage jusqu’Ă la sortie du film) et la lutte d’une poignĂ©e de français d’horizons divers mais guidĂ©s par une abnĂ©gation et une volontĂ© de vivre. Dans L’ArmĂ©e des Ombres, il est bien question de vie, ou plutĂ´t de survie. Le rĂ©alisateur ne dĂ©crit pas un hĂ©roĂŻsme Ă©clatant et des actions spectaculaires, comme des sabotages, que nous verrons pour ainsi dire pas. Tout juste parle t’on de rĂ©seaux et de ravitaillement. Le reste n’est qu’mprisonnement, torture, Ă©vasion, double-vie et secret absolu, mĂŞme auprès de ses proches.


Surtout auprès de ses proches : la cause transcende ces ĂŞtres. Ils passent Ă l’acte pour celle-ci : le parcours de Philippe (Lino Ventura) Ă©voque constamment la prise de conscience de ce dĂ©passement Ă travers les meurtres ou le saut en parachute. Ils prennent tous les risques pour se sauver les uns les autres mais n’hĂ©sitent pas non plus Ă se sacrifier, ou sacrifier, pour protĂ©ger le groupe. Cet engagement total, et son implacable fin (la mort) est la plus belle illustrations de l’hĂ©roĂŻsme et de la rĂ©sistance Ă l’adversitĂ©.

Pour Ă©voquer cet engagement et cette volontĂ© de (sur)vivre face Ă l’occupant, Melville rĂ©alise des scènes Ă©purĂ©es tout en nuances de gris, bleu et vert en y insufflant une tension permanente, qui arrive par surprise (le contrĂ´le dans le mĂ©tro ou l’enlèvement par la gestapo d’un rĂ©sistant en pleine rue) ou qui est Ă©tirĂ© jusqu’Ă l’insoutenable (la venue dans la prison de Lyon et le bruit stressant des portes qui s’ouvrent et se ferment). L’escapade en Angleterre, protocolaire (De Gaulle) et touristique (cinĂ©ma et visite), fait figure de court bol d’air.

Et au fil des visions, c’est l’impression que chaque scène compte des premières scènes dans un camp de prisonnier jusqu’aux dernier instants, considĂ©rĂ©s parfois comme onirique, et ce visage insondable et bouleversant de Mathilde (Simone Signoret). PortĂ© par un casting exceptionnel, L’ArmĂ©e des Ombres est un des plus beaux films que j’ai vus, sans doute le plus important sur la RĂ©sistance durant l’occupation.







Par Pascal
1 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Guerre