Archives de juin 2009

Terminator Renaissance

Vu le 9/6/2009 à l’UGC Normandie salle 1 en VO

Cette critique comporte un spoiler si vous n’avez pas regardé la bande-annonce du film.

En 2018, l’humanité lutte pour sa survie contre les machines. John Connor fait parti de la résistance. Avec le reste de l’humanité et sa hiérarchie, il prépare une attaque d’envergure contre un des sites principaux des machines. Au même moment, Marcus Wright, condamné à mort avant le jugement dernier mais ayant donné son corps à la science se réveille sans trop savoir ce qu’il fait ici.

Avant toute chose, il faut dire que j’ai vraiment adoré les deux premiers films de McG : Charlie et ses drôles de dames et sa suite. J’en parle d’ailleurs un peu ici. Après avoir notamment préparé une nouvelle adaptation de Superman, McG est sans doute désireux d’atteindre une certaine maturité après ces deux divertissements fantastiquement régressifs. Voyant dans la saga Terminator un moyen d’y parvenir, il affirme, pour ce premier épisode sans Arnold Schwarzenegger, avoir renoncé à tenir compte de Terminator 3, régressif vis à vis des deux autres opus, avec pas mal de passages de comédie (mais au fond c’était déjà le cas pour T2). A partir d’un premier scénario (écrit par les scénaristes du troisième épisode !), il s’entoure de Jonathan Nolan, frère de Christopher Nolan et co-scénariste de ses films, et de Christian Bale pour l’aider à réaliser une vision beaucoup plus sérieuse, plus « sombre ». Nous sommes vraiment victimes de cette sombritisation presque obligatoire.

Je n’aime pas cette démarche, cette façon d’écarter d’un revers de la main ce troisième opus sans être James Cameron. Certes Terminator 3 : Le soulèvement des machines est bien moins bon que ses deux prédécesseurs mais Jonathan Mostow ne s’était pas donné d’ambitions démesurées et avait livré un film de bonne facture avec des résonances parfois appuyées mais pas mal de bonnes choses (l’histoire de la mort de Sarah Connor, très belle, et son « héritage » dans le cercueil façon « on ne sait jamais », l’idée avec les réseaux mondiaux que Skynet est partout et de fait indestructible) et une conclusion audacieuse et terrible qui renverse le principe du film précédent : nous ne sommes pas maître de notre destinée. Quoiqu’on pense de ce film, ce final désenchanté laisse le champ libre de très belle manière à une suite apocalyptique. Et somme toute, j’avais bien vu un Terminator.

Malgré tout, Terminator 4 suit chronologiquement les trois premiers épisodes : 1984, 1995, 2006 et donc 2018 pour cet épisode. Le ton n’est plus le même, bien plus sérieux. Pour réussir son film, McG s’inspire des meilleurs films d’action récents. Le plan séquence étonnant dans l’hélicoptère rappelle les expérimentations d’Alfonso Cuaron dans le chef d’œuvre Les Fils de l’homme, le robot qui ramasse les humains est une redite du traumatisant La Guerre des Mondes de Steven Spielberg, la dévastation à tout niveau, les quelques voitures et motos, rappellent évidemment la saga Mad Max… et le site de Skynet avec ses hautes tours et ses flammes semble même être une réminiscence moderne du Mordor de Peter Jackson ! L’oeil cinéphile trouvera sans doute encore plus de ponts avec les films récents à commencer par cette photo terne et réaliste un peu à la manière du Black Hawk Down de Ridley Scott,en moins saturé.

Le résultat est sans appel : Terminator Renaissance est un film d’action terriblement efficace avec des séquences très bien réglées et filmées. Au cinéma, le spectacle est prenant, jamais ennuyeux. De ce point de vue, McG signe un bon film, son moins bon film selon moi, mais je reconnais que sa réalisation a beaucoup progressé. La force de McG est d’avoir réussi à digérer toutes ces références. Terminator Renaissance est une véritable réussite plastique, cohérente et à l’excellent design, accentué à l’écran par une mise en scène mettant tout ces éléments bien en valeur et par la musique de Danny Elfman, vraiment épique et guerrière. Dans ces conditions difficile de bouder son plaisir.

Terminator Renaissance souffre cependant de deux vrais problèmes. Le premier est le manque d’âme et le second, tout aussi ennuyeux, est que parmi toutes les sources d’inspiration, McG en a mis une de côté : Terminator.

A moins d’être Spielberg et de tourner la Guerre des Mondes, trop de sérieux tue le sérieux. Les scènes deviennent solennels et l’émotion disparaît. Terminator 4 est un film plutôt sec et froid si bien que les destins des personnages nous laisse plutôt indifférent, d’autant plus que nous connaissons celui des principaux (John Connor et Kyle Reese). Et alors que l’humanité est à l’agonie, jamais McG ne nous fait ressentir son désespoir pas plus que l’espoir de jours meilleurs. John Connor est surtout dépeint comme un guerrier valeureux plus que le prophète sauveur de l’humanité en proie au doute sans trop d’explications. McG a privilégié le film de guerre plutôt que le film apocalyptique. Et il gâche ainsi la conclusion de T3 aussi bien la terrible fin du monde que l’histoire d’amour naissante lorsque Connor et sa compagne se prennent la main en comprenant la situation. Le rôle de Bryce Dallas Howard en Kate Connor est ainsi purement utilitaire. Dans le rôle de Connor, Christian Bale est convaincant mais donc trop sérieux. Et il avait déjà joué un John Connor dans l’excellent Règne du feu où il était autrement plus sincère, désespéré puis résolu, inoubliable.

Au lieu de développer le personnage de Connor, McG introduit un nouveau personnage : Marcus Wright (Sam Worthington, très bien mais pas la sensation qu’on est entrain de nous vendre), humain ne se rendant pas compte qu’il est en fait une machine. Si on n’a jamais vu une seule image de ce film auparavant, c’est une surprise (ma femme a été surprise). C’est évidemment une approche originale, du point de vue de la saga Terminator, mais le traitement de cette idée est léger pour peu qu’on ait vu plus de quatre épisodes de la série Battlestar Galactica, bien plus complexe et riche sur ce thème du lien homme/robot-cylon. Pas mauvais du tout si on n’a pas vu la série (ou Blade Runner) mais pas passionnant dans le cas contraire.

J’adore comment certaines critiques (notamment Mad Movies) ont loué la performance de Sam Worthington et l’audace de faire de lui le héros du film. A croire qu’on a oublié le titre du film qu’on regarde et le fait qu’Arnold Schwarzenegger était un cyborg dans les trois premiers épisodes ! Dans ces trois premiers films, John Connor est presque le McGuffin de toute l’histoire : il n’est justement pas un héros mais quelqu’un qui devra l’être dans le futur et qui ne sait pas comment faire (tout comme sa mère Sarah). Et au moment de se confronter frontalement à son destin, de transformer John Connor, McG botte en touche et fait surgir Marcus Wright. John Connor est déjà un guerrier respecté qui a beaucoup d’adeptes, même si son aspect prophète est hélas à peine effleuré. Comme si j’avais manqué un épisode, celui qui nous explique comment on devient un héros. Face à cet enjeu qui peut-être complexe, l’approche de McG est plutôt prudente et assez générale. Et c’est là que je suis le plus déçu : j’ai vu un très bon film d’action, avec des idées intéressantes, mais je ne crois pas avoir vu un Terminator en dehors de très gros coups de coude au niveau des dialogues (la plupart des punchlines chocs des deux premiers films sont là) et de quelques images (les guns n’ roses quand Connor enfourne sa moto comme dans T2) qui plombent plus le film qu’elles n’assurent la continuité de la saga. Le faux caméo de Schwarzenegger n’apporte rien non plus. C’est vrai que c’était une figure imposée.

Exit donc le voyage dans le temps (et l’envoi de Kyle Reese), la peur terrible des Terminators à l’allure humaine, la reprogrammation de ceux-ci pour l’usage de l’homme, la cicatrice et la mort de John Connor, la victoire totale de l’humanité. Tout comme il manque une véritable bataille rangée robots / humains car toute géniale que soit l’action dans le film, les robots sont rarement plus de trois dans le même plan… Tout ça c’est peut-être pour la suite. La réaction public est hélas mitigée : le film marche moins bien au box office US que T3 alors qu’il bénéficie d’une classification PG-13 lui offrant un plus large public. Et l’absence de Schwarzenegger n’est certainement pas l’unique raison. J’espère sincèrement qu’on en restera pas là, à un simple bon film un peu anonyme, et qu’enfin on abordera de manière plus décomplexée ce fabuleux univers que Terminator Renaissance.

terminator4-bale-worthington

Par Pascal
Commenter24 juin 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Mon cousin Vinny (extrait)

Une des scènes les plus drôles qu’il m’ait été donné de voir.

Par Jb
Commenter22 juin 2009
Catégories : Brèves

Blood : The Last Vampire

Vu le le 18/6/2009 à l’UGC Ciné Cité des Halles Salle 6 en VO (j’adore cette salle très inclinée, ça faisait longtemps que je n’y avais pas été)

En préliminaire, il faut savoir que j’ai un boulot assez pénible en ce moment (toute proportion gardée avec les boulots vraiment pénibles) et que ma femme n’est pas là le jeudi soir. Je me suis donc dit que je pouvais voir des films qui l’intéresse, disons, un peu moins. Curieusement mes choix les semaines précédentes furent assez peu heureux : le relativement décevant Watchmen, le chiant Les Trois Royaumes (oui, chiant), le mauvais X-Men Origins et, ouf, le marrant Jusqu’en Enfer de Sam Raimi.

Et donc, après une journée de boulot ailleurs et deux heures de transport dans un train très rapide, ma seule vraie option était bien Blood : The Last Vampire. Tout au long de ses 90 minutes, j’ai vraiment eu envie d’y croire. Il se range pourtant dans la catégorie « si mauvais qu’on rêve de devenir réalisateur parce qu’on a du mal à croire qu’on puisse faire pire ». Sorte d’étirement du moyen métrage d’animation du même nom (sorti en 2000), Blood raconte une histoire de vengeance, féminine, sur fond de guerre contre les démons.

Tout est à peu près raté : la photo, le sang, l’histoire – où la philosophie se résume à citer le Frankenstein de Shelley -, le design (horribles démons ailés) et le décor. Dans les extraits de notes de production que j’ai pu lire, le réalisateur Chris Nahon loue le talent des chinois pour leur professionnalisme et leur minutie quant à l’édification des décors. Réalisateur du pourtant sympathique Baiser Mortel du Dragon, il se tire une balle dans le pied, sa caméra devenant le responsable majeur, avec le montage, de ce naufrage. Pour nous raconter cette histoire, Nahon semble avoir pris le parti de tout filmer en gros plan. Il y a très peu de plans larges dans Blood et aucun dans les séquences d’action. Peu servis par un montage épileptique, les combats sont pour la plupart du temps illisibles, saccadés et sans véritable repère dans l’espace. Le pire est celui dans le gymnase qui est évanescente sans doute parce que les deux ennemies n’avaient jamais tenues un sabre de leur vie auparavant.

Parfois dans cette succession frénétique, on trouvera quelques belles, et fugitives, images (comme le semi-ralenti de massacre de démons dans des couleurs jaunes où les combattants sont des ombres) mais on en vient à croire que c’est un hasard. Et c’est dire si j’étais à l’affût de la bonne scène. Hélas, à la place d’une bonne scène, on ose nous resservir ce démon moche (et borgne) et un climax inexistant. Le duel final est à ce titre très révélateur : il est expédié en environ cinq minutes dont trois de dialogues, d’inspiration empire contre-attaquienne, et d’un combat à l’épée : 10 coups d’épée environ (je ne plaisante pas), un coup dans le dos par la pseudo side-kick (insipide Allison Miller), une explosion, une tour de guet qui tombe et un coup dans le coeur. Emballé.

Les acteurs ne pouvaient qu’être mauvais : ils le sont. Au mieux, ils cabotinent dans des rôles archi-classiques (démone arrogante, bad guy de la CIA, père militaire occupé mais aimant, vieux sage de la forêt et expert en arts martiaux, adolescente …). Les deux tiers du film en schoolgirl (de 400 ans…), l’héroïne, Gianna Jun, est sublime. Mauvaise en langue anglaise, meilleure en japonais, certainement sous-exploité dans les scènes d’action, elle ne peut pas sauver grand chose mais sa présence agréable est toujours ça de pris.

Film mauvais donc mais curieusement une bonne séance (carte illimité obligatoire, faut pas déconner). Je me sentais mieux après. La magie de la salle obscure.

Remarque : j’ai finalement vu le manga animé dont est issu la série. Plus mystérieux et court, il présente un design autrement plus réussi et on y parle plus de vampires que dans le film de Chris Nahon. L’animation et le dessin sont superbes. Je m’étonne que ce manga, qui prend des allures de pilote, n’est pas donné lieu à plus d’histoires sur ce dernier « originel » Saya.

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Par Pascal
Commenter20 juin 2009
Catégories : Articles, Cinéma


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